BYD a perdu sa bataille juridique contre Stellantis en Italie, mais sur le terrain de la guerre médiatique, le constructeur chinois sort gagnant. On vous explique tout de ce conflit entre les deux constructeurs automobiles.

Tout commence le 8 janvier 2026, lors du lancement d’une campagne publicitaire de BYD qui a dévoilé des véhicules destinés aux VTC et aux taxis en Chine. Une publicité appelée « Operazione Purefication ». Ce nom ne doit rien au hasard puisqu’il se moque ouvertement du moteur PureTech de Stellantis.
La provocation de BYD envers Stellantis a déclenché une réaction
Un moteur tristement célèbre pour ses énormes problèmes de fiabilité qui font grincer des dents les automobilistes. L’autorité italienne de régulation de la publicité a ordonné le retrait immédiat de cette campagne. Sauf que voilà, le mal est fait. Tout le monde parle désormais de ce que Stellantis aurait préféré voir enterrer.
Mais ce n’est pas tout ce qu’a fait BYD, qui cherche désormais à conquérir le marché des hybrides rechargeables. La campagne promettait jusqu’à 10 000 euros de bonus aux conducteurs qui acceptaient d’échanger leur véhicule équipé d’une courroie de distribution à bain d’huile contre un modèle électrique ou hybride. Bien évidemment, le constructeur ne nommait jamais le moteur PureTech de Stellantis, mais les slogans ne laissaient pas de place au doute.
BYD mise aussi sur le talent de ses 122 000 ingénieurs en recherche et développement, ses 60 000 brevets déposés et sa garantie jusqu’à 250 000 km. Le tout volontairement mis en contraste avec les déboires du moteur PureTech. Sauf que Stellantis est loin d’avoir rigolé. Le groupe a tout de suite déposé une plainte auprès de l’Istituto dell’Autodisciplina Pubblicitaria, soit l’autorité de régulation de la publicité en Italie.
Finalement, le jury qui était présidé par Mario Libertini, professeur de droit industriel et commercial à l’université La Sapienza de Rome, a tranché en faveur de Stellantis. La décision est sans appel. La campagne publicitaire de BYD ne respecte pas trois articles du code publicitaire italien. Le constructeur chinois a donc reçu l’ordre de retirer tout de suite les publicités de ses plateformes et de ses concessions.
Pas de commentaire pour le moment de la part de BYD. Le problème pour Stellantis, c’est que cette victoire juridique ressemble à une défaite en termes d’image. Le groupe a amplifié la couverture médiatique d’une campagne qui aurait pu passer relativement inaperçue en portant l’affaire devant les tribunaux.
Stellantis refait parler malgré lui du PureTech
Les problèmes de fiabilité du moteur PureTech sont donc de retour sur le devant de la scène. Et ça ne s’arrête pas là. Olivier François, directeur marketing mondial de Stellantis et patron de Fiat, a réagi sur Instagram. Dans une publication, il sous-entend que les constructeurs chinois feraient mieux de revoir le design de leurs voitures avant de s’attaquer à l’industrie européenne.
Mais ça ne change rien au fond du problème. Le moteur 1.2 PureTech, qui a été lancé par PSA en 2012, accumule les casseroles. Ce bloc, cœur de gamme de Stellantis après la fusion avec Fiat-Chrysler, souffre d’une durabilité catastrophique.
La faute à la technologie de courroie de distribution plongée dans l’huile, qui est censée réduire les frottements et améliorer la consommation. L’huile est souvent diluée par l’essence à cause de problèmes d’étanchéité des segments de piston et attaque le caoutchouc de la courroie. Elle se désagrège alors prématurément et libère des particules qui contaminent le circuit de lubrification. Résultat : de possibles pannes moteur soudaines et une perte d’assistance au freinage en même temps.
L’affaire PureTech a fait très mal à l’image de Stellantis
Les chiffres donnent le vertige. Ce sont des centaines de milliers de véhicules qui ont été rappelés par Stellantis à travers l’Europe depuis 2020. En France, 68 000 modèles supplémentaires ont été rappelés en 2025 suite à un problème de buse de refroidissement. Un défaut distinct certes, mais tout aussi préoccupant. Une action collective a même été lancée en 2024 par l’association Victimes du PureTech qui compte aujourd’hui de nombreux membres sur les réseaux sociaux.
Stellantis a tenté de limiter les dégâts depuis mars 2024. Une extension de garantie couvre 100 % des frais de réparation jusqu’à 10 ans ou 180 000 km pour les moteurs PureTech concernés. Une plateforme de réclamation en ligne permet aux propriétaires qui ont engagé des frais entre janvier 2022 et décembre 2024 de demander un remboursement.
Le groupe a aussi abandonné la courroie humide sur les nouvelles générations de moteurs. Mais cette nouvelle version n’est pas exempte de défauts, avec des rappels pour des problèmes de calage de distribution sur les véhicules produits jusqu’en février 2024.
Vous l’aurez compris, pour BYD, cette affaire est une aubaine commerciale. Le constructeur chinois profite de cette occasion pour se présenter comme la véritable réponse aux marques européennes.
- BYD a lancé le 8 janvier 2026 la campagne « Operazione Purefication », un tacle à peine voilé au moteur PureTech de Stellantis.
- Stellantis a porté plainte, et l’autorité italienne de régulation de la publicité a ordonné le retrait immédiat de la campagne pour non-respect de trois articles du code publicitaire.
- Sur le plan médiatique, BYD transforme l’affaire en aubaine commerciale, avec jusqu’à 10 000 euros de bonus à la reprise et une garantie jusqu’à 250 000 km pour pousser ses électriques et hybrides rechargeables.
Source : Il Fatto Quotidiano
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