Le rejet est massif. Un sondage Odoxa, publié par Le Parisien le 24 août dernier, nous apprend que 84 % des Français s’opposent à la suppression du lundi de Pâques et du 8 mai. Seuls 16 % des sondés sont favorables. Quant à l’hypothèse de ne supprimer qu’un seul jour, 83 % restent toujours contre.

Mais l’étude va encore plus loin et nous apprend que pour 4 personnes sur 5, soit 81 % des sondés, il s’agit d’un impôt déguisé. D’autres disent ne pas voir le lien entre travailler plus et améliorer la dette et les déficits, 66 % plus exactement.
Les Français rejettent la suppression des jours fériés
Gaël Slimane résume dans Le Parisien : « Les Français n’en veulent pas, ils tiennent à leur équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle et cette mesure est vécue comme une violence et un préjudice. » Le président d’Odoxa est donc très clair : il y a un rejet massif.
Pour rappel, la piste de la suppression de ces deux jours fériés s’inscrit dans le plan de redressement budgétaire que François Bayrou a dévoilé à la mi-juillet. L’exécutif a comme ambition de faire 43,8 milliards d’économies en 2026 avec un déficit ramené à 4,6 % du PIB. Selon le gouvernement, supprimer ces deux jours fériés permettrait d’économiser 4,2 milliards d’euros par an.
Le précédent de la « journée de solidarité » depuis 2004 nous montre les effets. Le lundi de Pentecôte rapporte autour de 3,5 milliards d’euros par an à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie via la contribution de 0,3 % sur les salaires et la CASA sur les pensions. Alors l’économie de 4,2 milliards d’euros pour deux jours n’est pas incohérente. Mais on ne sait pas encore si le gouvernement souhaite recréer ce mécanisme ou juste compter des heures travaillées en plus. L’effet budgétaire et social ne sera pas le même.
Rappelons que le 8 mai a un statut mémoriel particulier puisqu’il s’agit du jour férié de la commémoration de la victoire de 1945. Il s’agit d’une fête légale par la loi du 2 octobre 1921 après des allers-retours lors des décennies précédentes. Le lundi de Pentecôte figure dans la liste des 11 jours fériés légaux du code du travail. Sa suppression demanderait de modifier l’article L3133-1 avec des discussions d’entreprise sur l’organisation du travail, le chômage des jours fériés et la rémunération.
Deux jours fériés très importants aux yeux des Français
Le contexte politique est très compliqué et le chef du gouvernement tiendra une conférence de presse lundi 25 août pour cadrer la rentrée budgétaire. La gauche compte déposer une motion de censure tout comme le Rassemblement national. Rappelons aussi que des internautes français ont lancé un appel à bloquer le pays avec une date fixée au 10 septembre. Cette initiative a reçu des soutiens de la gauche, même si les syndicats sont toujours divisés sur la question.
La suppression des deux jours fériés est présentée par le gouvernement comme un moyen de faire des économies. Mais l’impopularité auprès des Français est énorme, surtout quand on parle de jours fériés qui concernent la mémoire collective et la religion. Il y a aussi des obstacles juridiques et sociaux à prendre en compte. Bref, les débats sont très tendus et les Français rejettent massivement de nouveau une initiative du gouvernement.
- Selon un sondage Odoxa publié par Le Parisien le 24 août, 84 % des Français rejettent la suppression du lundi de Pâques et du 8 mai, et 81 % considèrent cette mesure comme un impôt déguisé.
- L’exécutif estime que la suppression de ces deux jours permettrait d’économiser 4,2 milliards d’euros par an dans le cadre de son plan de redressement budgétaire, mais le lien entre travail supplémentaire et réduction de la dette est jugé peu crédible par 66 % des sondés.
- Le contexte est explosif : ces jours fériés ont une forte dimension mémorielle et religieuse, et l’opposition politique (motions de censure, appel à bloquer le pays le 10 septembre) prépare déjà la riposte face à une mesure perçue comme une atteinte à l’équilibre vie privée/vie professionnelle.
Source : Le Parisien
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