Jouer à Battlefield 6 par la pensée n’a plus rien d’un fantasme. C’est ce que nous prouve Rob Greiner, un Américain de l’Idaho paralysé des épaules jusqu’aux pieds suite à un accident de voiture en décembre 2022. Désormais, l’homme est capable de viser par la simple force de la pensée et de déplacer son personnage via un joystick buccal.

C’est dans une vidéo publiée sur X que cet ancien dresseur de chiens se filme en train d’enchaîner les parties de Battlefield 6, qui n’arrive toujours pas à battre Call of Duty. La vidéo nous montre de beaux réflexes et une coordination parfaite entre la visée et le déplacement. Ce qui serait impossible pour un tétraplégique avec les technologies d’assistance est une réalité via l’implant cérébral Neuralink, une entreprise de neurotechnologie fondée par Elon Musk qui mise aussi sur la robotique avec Optimus.
Grâce à Neuralink, un paralysé joue à Battlefield 6 comme un pro
Rob Greiner est le sixième patient du monde qui a reçu la puce N1 de Neuralink. C’est le 14 juin 2025 que l’homme a été opéré après plusieurs années d’attente. Moins d’une semaine après l’intervention, il partageait déjà ses premiers exploits sur les réseaux sociaux avec sa stupéfaction face à ce qu’il est possible d’accomplir.
Son installation gaming repose sur une configuration très ingénieuse. On trouve l’implant Neuralink qui traduit ses pensées en mouvements de curseur comme s’il gérait une souris invisible par la seule imagination de l’homme. On trouve un QuadStick, soit une manette conçue pour les personnes tétraplégiques, pour gérer les déplacements de son personnage, et le tir via un joystick actionné par la bouche. Des capteurs détectent aussi les aspirations et soufflements.
Avant de recevoir l’implant Neuralink, Rob Greiner explique dans l’une de ses vidéos qu’il ne pouvait utiliser que le QuadStick pour jouer. Sauf que ce dispositif a une limitation importante : il est impossible de viser et de se déplacer en même temps avec un seul périphérique buccal. Et c’est précisément là que Neuralink change la donne.
My very first time playing a first person shooter while using neuralink Brain computer interfacing with the quad stick controller I can now aim with my thoughts and it's gonna take a ton of practice, like a ton because I'm only as accurate as I am with my cursor control on my… pic.twitter.com/3bkogfZvgW
— Rob Greiner (@greiner_ro52817) November 26, 2025
Lorsqu’il imagine déplacer le curseur, les signaux électriques générés par son cortex moteur sont captés par des électrodes de l’implant, traités par la puce embarquée, puis transmis sans fil au PC. Ils traduisent ses intentions en mouvements in-game. Le résultat est spectaculaire puisqu’il peut parcourir les champs de bataille de Battlefield 6 tout en traquant ses cibles avec une précision inouïe.
Rob Greiner précise toutefois que son setup demande beaucoup de pratique. Sa précision en jeu équivaut à un PC portable avec son trackpad. Mais le potentiel d’amélioration reste immense à mesure que le joueur s’habituera à coordonner ses pensées avec les commandes buccales. C’est plus précisément au mode Battle Royale REDSEC de Battlefield 6 que l’homme s’amuse.
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D’autres personnes ont été implantés par Neuralink
Rob Greiner n’est pas le premier patient Neuralink à découvrir les joies du gaming via l’interface cerveau-machine de l’entreprise. L’année dernière, un autre participant à l’essai clinique appelé Alex a montré sa capacité à jouer à Counter-Strike 2 avec l’implant et le quad stick. Dans un article de blog publié par Neuralink, l’homme partage son expérience en des termes enthousiastes. Il lui suffit juste de penser à l’endroit où il veut regarder pour que le système exécute de suite sa volonté.
Le premier patient de l’histoire à avoir reçu l’implant N1 de Neuralink est Noland Arbaugh. Pour lui, l’expérience revient à avoir un aimbot intégré dans sa tête. L’homme, 31 ans, est devenu paralysé des épaules jusqu’aux pieds après un accident de plongée et la luxation de deux vertèbres en 2016. Depuis son opération il y a près de deux ans, il utilise son implant environ dix heures par jour pour gérer son PC, étudier, naviguer en ligne et jouer. Lors de sa première nuit avec l’implant, Noland Arbaugh a enchaîné les parties de Civilization VI jusqu’à six heures du matin.
Dans un message publié sur X, l’homme explique que l’implant a changé sa vie bien au-delà de ce qu’il imaginait. Avant Neuralink, il explique qu’il dormait toute la journée et restait éveillé la nuit car rien ne lui donnait envie de se lever le matin. Aujourd’hui, Noland Arbaugh a repris ses études, lancé son propre business, recommence à voyager et intervient dans le monde entier pour partager son expérience.
Comment fonctionne l’implant Neuralink ?
La puce N1 de Neuralink est un petit disque de 23 mm de diamètre et 8 mm d’épaisseur, soit une pièce de monnaie. Il remplace une portion de la boîte crânienne après avoir été implanté par un robot conçu pour cette opération délicate. On trouve 64 fils ultra-fins, chacun mesurant moins de 20 micromètres de largeur, soit environ un dixième du diamètre d’un cheveu humain. Des fils flexibles qui transportent 1 024 électrodes capables de détecter les signaux électriques générés par les neurones du cortex moteur, la région du cerveau responsable de la planification des mouvements.
Un processeur amplifie, numérise et compresse ces données cérébrales avant de les transmettre sans fil via Bluetooth vers un appareil externe. Le tout fonctionne sur une batterie au lithium rechargeable par induction avec une autonomie d’environ 5 heures par charge. Pour l’implantation, il faut compter moins de 2 heures sous anesthésie générale.
Neuralink a implanté sa puce chez 12 patients à travers le monde en date d’octobre 2025. Les participants ont cumulé plus de 15 000 heures d’utilisation de l’interface cerveau-machine. L’engouement des patients pour le gaming n’était pas prévu dans les plans de Neuralink, dont les démonstrations montrent surtout la gestion du curseur et les tâches informatiques basiques. Mais les personnes implantées se sont tournées naturellement vers le divertissement, qui est un exutoire social, un défi compétitif et un terrain d’entraînement idéal pour tester les capacités de Neuralink en conditions réelles.
Le jeu vidéo demande des mouvements rapides, continus et précis qui poussent l’interface dans ses retranchements et montrent des possibilités que ses créateurs eux-mêmes n’avaient pas anticipées. Bien évidemment, les avancées médicales de Neuralink n’occultent pas les questions éthiques. La notion de confidentialité cérébrale préoccupe de nombreux experts qui s’interrogent sur les implications d’un accès direct aux signaux neuronaux.
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Neuralink expose à des risques de piratage des pensées
Que se passerait-il si ces données très sensibles étaient piratées, interceptées ou exploitées à des fins commerciales ? Qu’un cerveau humain se transforme en appareil connecté ouvre des possibilités aussi fascinantes qu’inquiétantes. Les scénarios les plus alarmistes parlent de la possibilité d’un contrôle à distance du cerveau par un pirate malveillant ou encore de la fuite de données cérébrales qui montreraient les pensées les plus intimes d’un individu.
Rob Greiner explique sur X avoir passé deux ans et demi dans le déni et la dépression suite à la perte de capacité de faire quoi que ce soit par lui-même. Participer au programme Neuralink lui a offert un moyen de redonner une raison de se lever le matin. Son fils et meilleur ami l’inspire aussi au quotidien. Chaque vidéo qu’il partage, chaque headshot qu’il aligne dans Battlefield 6 montre une technologie qui ne se contente pas de restaurer des fonctions perdues mais redonne aussi un sens à l’existence.
- Un patient tétraplégique, Rob Greiner, joue à Battlefield 6 en visant par la pensée grâce à la puce N1 de Neuralink.
- Son setup associe le contrôle du curseur par l’implant et un QuadStick buccal pour gérer les déplacements et le tir.
- Le gaming devient un terrain d’entraînement majeur pour l’interface cerveau-machine de Neuralink, bien au-delà des simples tâches de contrôle de curseur.
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