« C’est un miracle » : Neuralink fait un grand pas en direction du contrôle par la pensée

Sebastian Gomez-Pena terminait son premier semestre en école de médecine quand un accident l’a paralysé du cou jusqu’aux pieds. Aujourd’hui, ce jeune britannique de 23 ans fait partie des sept personnes qui ont un implant Neuralink au Royaume-Uni dans le cadre de l’étude GB-PRIME. Selon lui, cette technologie est tout simplement un « miracle ».

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© Neuralink

C’est lors d’une intervention de cinq heures au University College London Hospital que le jeune homme a reçu l’implant N1 de Neuralink. Une puce reliée à 1 024 électrodes insérées dans son cerveau. Si des chirurgiens britanniques et des ingénieurs de Neuralink ont participé à l’opération, c’est le robot R1 de l’entreprise qui a réalisé l’implantation alors que cette technique se généralisera dès 2026. L’appareil a été conçu pour insérer les électrodes microscopiques dans le tissu cérébral fragile avec une grande précision.

Les électrodes ont été introduites à environ 4 mm de profondeur dans la zone du cerveau qui contrôle les mouvements de la main. On parle de fils dix fois plus fins qu’un cheveu humain qui transportent ensuite les signaux nerveux jusqu’à la puce. La puce se trouve dans un trou circulaire fait dans le crâne du patient. Les données sont transmises sans fil vers un ordinateur, où un logiciel d’IA apprend à interpréter les signaux cérébraux et à les traduire en mouvements de curseur sur un écran.

Sebastian utilise désormais son implant jusqu’à 17 heures par jour pour réviser ses examens de médecine, annoter des articles et naviguer sur son PC. Lors d’une interview pour Sky News, il a montré le curseur de son PC qui se déplaçait aussi rapidement, voire plus rapidement que celui d’une personne qui utilise une souris à la main. La fluidité était tout simplement impressionnante grâce à cette puce Neuralink qui a aussi permis à un autre homme paralysé de jouer à Battlefield 6 comme un pro.

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© Sebastian Gomez-Pena

Harith Akram, neurochirurgien à l’hôpital où a eu lieu l’opération et investigateur principal de l’essai britannique, est stupéfait par les résultats. Malgré ses années d’expérience en chirurgie cérébrale, l’expert admet qu’il est impressionné par le niveau de contrôle atteint par Sebastian.

Pour lui, cette technologie est une grande avancée pour les personnes qui souffrent de handicaps neurologiques sévères. Dans un monde où la dépendance aux outils numériques est omniprésente, ces patients ont désormais un moyen de retrouver leur autonomie.

Neuralink vise le monde entier alors qu’OpenAI y prépare son rival. L’entreprise a annoncé le 28 janvier 2026 que 21 personnes étaient désormais inscrites pour des essais cliniques à travers le monde. En septembre 2025, c’était 12. Ces patients se trouvent aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis. Tous souffrent d’une paralysie sévère causée par des lésions de la moelle épinière, des accidents vasculaires cérébraux ou des maladies neurodégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique.

Rappelons que le premier patient humain n’est autre que Noland Arbaugh, qui fut implanté en janvier 2024 aux États-Unis. Il a pu reprendre ses études et poursuit désormais un diplôme en neurosciences. Audrey Crews, la première femme à avoir reçu l’implant, utilise désormais la technologie pour créer des œuvres d’art numérique et envisage d’ouvrir une galerie pour exposer ses créations.

Mais le parcours n’est pas exempt d’embûches. Quelques semaines après l’opération de Noland Arbaugh, environ 85 % des fils de son implant s’étaient rétractés du tissu cérébral, possiblement à cause d’une poche d’air dans son crâne après l’intervention. Cette défaillance a fait chuter les performances de l’appareil. Neuralink a toutefois compensé partiellement ce problème via une mise à jour logicielle qui a amélioré la sensibilité des électrodes restantes.

Pour les patients suivants, l’entreprise a modifié sa technique en implantant les fils à 8 mm de profondeur au lieu de 3 à 5 mm. Les risques de rétractation sont donc réduits. Elon Musk, fondateur controversé de Neuralink, a de grandes ambitions. Lors d’un événement l’an dernier, il a parlé de la possibilité de connecter les utilisateurs de l’implant à un robot Optimus fabriqué par Tesla. Selon lui, une personne pourrait alors contrôler l’intégralité du corps du robot humanoïde par la pensée.

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Il a aussi annoncé un implant de nouvelle génération, trois fois plus puissant que le modèle actuel, pour l’année 2026. La production à grande échelle de ces implants est fixée pour cette année, avec une procédure chirurgicale presque totalement automatisée. Mais il reste des questions sur la sécurité et la fiabilité à long terme des implants.

Les résultats des essais n’ont pas encore été publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture ou soumis aux autorités de régulation. Certains experts du secteur s’interrogent aussi sur les vrais objectifs de l’entreprise. Elon Musk souhaite-t-il aider des personnes handicapées à retrouver leur autonomie ou préparer la future symbiose entre l’humain et l’IA ?

Une ambiguïté dans le discours de Neuralink qui pourrait compliquer l’approbation de solutions similaires comme outils médicaux remboursables par les assurances santé.

  • Sebastian Gomez-Pena, 23 ans, paralysé après un accident, fait partie des 7 personnes implantées au Royaume-Uni dans l’étude GB-PRIME.
  • L’implant N1 capte l’activité cérébrale via 1 024 électrodes et un logiciel d’IA la traduit en contrôle de curseur, qu’il utilise jusqu’à 17 h par jour.
  • Neuralink affirme avoir 21 participants inscrits à ses essais cliniques fin janvier 2026, répartis entre plusieurs pays.

Source : Sky News

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