La voiture électrique coûte de moins en moins cher face à la thermique en France. En 2025, l’écart de prix entre les deux motorisations a atteint son plus bas niveau, au point de disparaître sur certains segments avec les aides. Le prix moyen d’un véhicule neuf a même reculé pour la première fois depuis cinq ans.

- En 2025, l’écart de prix entre voiture électrique et thermique tombe à son plus bas niveau en France.
- Le prix moyen de l’électrique baisse de 4 %, porté par la chute du coût des batteries et les normes CO2.
- Avec les aides, certains modèles électriques deviennent aussi accessibles, voire moins chers que leurs équivalents thermiques.
Le baromètre 2025 de l’Institut mobilités en transition et du cabinet C-Ways pose le constat. En 2025, le prix moyen d’un véhicule neuf vendu en France est tombé à 34 600 euros, en baisse de 2 % sur un an. Il s’agit du premier recul après cinq années de hausse continue.
L’électrique moins cher que le thermique ? Le baromètre 2025 le confirme
Sur six ans, la note a quand même gonflé de 29 %, bien au-dessus de l’inflation. La voiture électrique fait encore mieux que la moyenne, avec un prix moyen de 39 000 euros, en baisse de 4 % par rapport à 2024. Le plus notable, c’est la direction opposée des prix selon l’énergie.

Entre 2024 et 2025, l’essence a grimpé de 4 % et l’hybride non rechargeable a reculé de 1 %. Alors que l’électrique et l’hybride rechargeable ont chuté de 4 % et 10 %. Sur six ans, le contraste se creuse encore. Le prix moyen de l’essence a bondi de 29 % depuis 2019 et le diesel de 18 %, contre seulement 7 % pour l’électrique.
Mais ce n’est pas tout puisque l’écart se réduit pour différents segments. Sur le segment B des citadines, la différence de prix entre électrique et thermique est tombée à 5 200 euros en 2025, contre 10 000 euros un an auparavant. C’est sur ce créneau que la Renault 5 électrique a dépassé la Tesla Model Y en termes de ventes en France.
Sur le segment C des compactes, l’écart se limite à 2 900 euros. Et sur le segment D des familiales, l’électrique passe même sous le thermique d’environ 3 000 euros. Il n’y a que le segment A des petites citadines où l’électrique est plus cher, faute d’offre renouvelée avant 2026.
Pourquoi de tels écarts de prix entre électrique et thermique ?
Cette baisse repose d’abord sur le coût des batteries. Il faut dire que le prix de revient est passé de 180 euros le kilowattheure en 2019 à 90 euros en 2025, soit divisé par deux. Les normes européennes de CO2 furent plus strictes en 2025 et ont poussé les constructeurs à baisser les prix de leurs modèles électriques. De nouveaux véhicules abordables sont arrivés, comme la Twingo électrique vendue sous la barre des 20 000 euros.
Résultat, les aides à l’achat effacent le surcoût restant. Sur le segment B, le bonus écologique fait passer la Citroën ë-C3 à 12 990 euros pour les ménages éligibles, notamment. Le taux d’effort compare le prix au revenu de l’acheteur. Sur ce segment, il est tombé à 0,86 pour un électrique contre 0,90 pour un thermique en 2025.
Pendant ce temps, la facture grimpe pour le thermique. Les prix ont encore progressé de 4 % entre 2024 et 2025. Chaque année, le malus écologique grimpe, avec un plafond porté à 80 000 euros en 2026. La fiscalité pèse sur les modèles les plus lourds et les plus émetteurs, qui restent surtout thermiques et hybrides rechargeables.
L’électrique va-t-il enfin être plus accessible ?
En clair, l’inversion que peu attendaient se dessine. Jean-Philippe Hermine, chercheur à l’Institut mobilités en transition, note que « l’écart de prix entre électrique et thermique est passé sous le montant des aides ». Le rapport reste prudent sur la suite. La baisse profite surtout au marché de l’occasion, encore largement dominé par des modèles thermiques anciens.
Alors est-ce qu’un jour, l’électrique sera plus abordable que le thermique ? Les constructeurs européens n’ont plus le choix face aux mastodontes chinois comme BYD, XPeng ou, prochainement, Xiaomi. Des alternatives accessibles se préparent comme la future 2CV de Citroën en version électrique pour un tarif généreux. Même si ce modèle sera fabriqué en dehors de France.
Source : Institut Mobilités en Transition
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