Le plus lointain blazar jamais détecté a été découvert, situé à plus de 13 milliards d’années-lumière. Le trou noir est supermassif et émet des particules vers la Terre, permettant de bénéficier d’un aperçu de l’Univers primitif. Il s’agit d’une avancée majeure sur nos connaissances à propos de la formation des premières structures cosmiques.

- Le blazar VLASS J041009.05−013919.88, situé à plus de 13 milliards d’années-lumière, est le plus lointain jamais découvert et témoigne de l’Univers primitif
- Avec une masse de 700 millions de soleils, ce blazar remet en question les modèles sur la formation des trous noirs et des galaxies dans l’Univers jeune
- La découverte suggère que ce blazar a joué un rôle clé dans la réionisation cosmique, façonnant les structures de l’Univers
Le blazar a été identifié sous le nom de VLASS J041009.05−013919.88 (ou J0410−0139) et nous permet d’observer l’Univers comme il était, 800 millions d’années de ça, durant la période cruciale de réionisation. La découverte remet en question les modèles établis à propos de la formation des trous noirs et des galaxies dans l’Univers primordial.
À lire > Les trous noirs ne détruisent pas tout sur leur passage selon ces deux étoiles
Ce trou noir énorme nous en apprend plus sur notre Univers
Les blazars sont une catégorie de quasars, des noyaux actifs de galaxies alimentés par des trous noirs supermassifs. Leur caractéristique réside dans l’orientation des jets de particules pointés sur notre planète, ce qui les rend lumineux.
VLASS J041009.05−013919.88, avec sa masse colossale de 700 millions de masses solaires, surpasse Sagittarius A*, un trou noir central de notre Voie lactée qui ne compte que 4 millions de masses solaires.
La découverte est le fruit d’une collaboration entre plusieurs instruments de pointe : le Karl G. Jansky Very Large Array (VLA), le Very Long Baseline Array (VLBA), l’observatoire à rayons X Chandra et l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA). Ces équipements ont permis de repérer des sources radio lointaines invisibles aux télescopes optiques à cause des nuages de poussière cosmique.
L’étude a été publiée dans Nature et pose des questions sur nos connaissances de l’Univers. Par exemple, sur la formation et la croissance rapide de ces trous noirs supermassifs dans un Univers encore jeune. Il s’agit d’une nouvelle approche de nos théories sur la matière noire, voire les lois de la gravité.
“Ce blazar est une opportunité unique d’étudier l’interaction entre les jets, les trous noirs et leur environnement sur une période importante de l’évolution de l’univers” explique Emmanuel Momjian du National Radio Astronomy Observatory (NRAO) et co-auteur de l’étude.
VLASS J041009.05−013919.88 a sans doute joué un rôle déterminant dans la réionisation de l’Univers, processus qui a transformé les atomes d’hydrogène et d’hélium neutres en ions. Le rayonnement intense a contribué à façonner la structure de notre cosmos.
Réagissez à cet article !