Ce trou noir va détruire des planètes entières, sa puissance dépasse l’Étoile de la Mort de Star Wars

Imaginez un monstre cosmique capable d’anéantir des planètes sur plusieurs années-lumière à la ronde. Un scénario digne d’un film de science-fiction qui existe bel et bien. Tout se déroule en ce moment même à 665 millions d’années-lumière de notre planète.

Trou noir AT2018hyz
© Unsplash

Un trou noir supermassif surprend les astrophysiciens avec sa quantité d’énergie colossale alors qu’il aurait dû s’éteindre depuis des années. L’étude a été publiée le 5 février 2026 dans la revue The Astrophysical Journal. Et ça donne le vertige.

Ce trou noir s’est réveillé après des années de sommeil

Tout commence en 2018 quand une équipe de l’observatoire Harvard & Smithsonian détecte ce qui a l’air d’un événement cosmique banal. Une étoile s’est approchée près d’un trou noir supermassif et a été déchirée par ses forces gravitationnelles. Les astrophysiciens appellent ce phénomène un événement de disruption par effet de marée.

L’étoile a été étirée avant d’être pulvérisée. Ses débris ont formé un disque incandescent autour du trou noir. Rien d’extraordinaire jusque-là. Des centaines de ces événements ont déjà été observés dans l’univers. Le trou noir appelé AT2018hyz aurait normalement dû suivre une courbe de luminosité décroissante jusqu’à disparaître des écrans radar.

Pendant trois ans, c’est ce qu’il s’est passé. Le trou noir est resté silencieux et les chercheurs sont passés à autre chose. Mais en 2022 et contre toute attente, il s’est réveillé. Soudainement, les instruments ont capté un signal radio d’une forte intensité qui provenait de ce coin de l’univers que tout le monde avait zappé.

Yvette Cendes, radioastronome à l’université de l’Oregon qui dirige l’étude, fut stupéfaite par ce retour. Elle admet qu’elle aurait beaucoup de mal à citer un autre objet dont la luminosité augmente de cette façon sur une période aussi longue. Depuis ce réveil inexpliqué, AT2018hyz ne cesse de monter en puissance.

Le trou noir est désormais 50 fois plus brillant qu’au moment de sa détection et il n’aurait pas atteint son pic. Selon les calculs de l’équipe d’Yvette Cendes, il arrivera en 2027 et le phénomène sera alors deux fois plus lumineux qu’à l’heure actuelle.

Ce trou noir est 100 000 milliards de fois plus destructeur que l’Étoile de la Mort

Pour donner une image que tout le monde comprenne, remémorez-vous l’Étoile de la Mort dans Star Wars, une station spatiale capable de faire exploser des planètes entières d’un seul tir laser. Eh bien le jet de particules d’AT2018hyz libère entre 1 000 milliards et 100 000 milliards de fois plus d’énergie que cette arme fictive. Une puissance qui rivalise avec les sursauts gamma qui sont pourtant les explosions les plus violentes de tout l’univers.

Mais alors pourquoi un tel phénomène ? Deux mots : le jet relativiste. Quand un trou noir dévore une étoile, il arrive dans de très rares cas qu’il projette une partie de la matière absorbée sous forme d’un faisceau de particules qui se déplace à une vitesse proche de celle de la lumière. Ce jet n’arrive qu’environ 1 % des événements de disruption par effet de marée. Ce qui explique que ce phénomène soit exceptionnel à observer.

AT2018hyz est d’autant plus unique que ce jet n’était probablement pas dirigé vers la Terre au départ. Les jets relativistes sont généralement très étroits à leur naissance. Et si le trou noir pointait légèrement de côté, les télescopes sur Terre n’auraient pas pu capter toute sa puissance. Les jets ont tendance à s’élargir avec le temps.

Yvette Cendes explique que le faisceau entre progressivement dans notre ligne de mire à mesure qu’il ralentit et s’étend, ce qui explique pourquoi il est de plus en plus brillant à nos yeux. Yvette Cendes appelle ce phénomène un « Jetty McJetface ». Une référence au célèbre navire de recherche britannique Boaty McBoatface, qui a été baptisé à la suite d’un vote populaire en ligne.

Nos connaissances de l’univers sont encore trop limitées

Mais restons sérieux. Car si les modèles actuels de simulation n’arrivent pas à expliquer ce qui se passe autour de ce trou noir, c’est que notre compréhension des mécanismes de ces objets et de l’action des champs gravitationnels est encore limitée. Les chercheurs expliquent que des planètes autour de ce jet seront détruites sur les premières années-lumière, même si on ne sait pas exactement jusqu’où s’étend cette zone de destruction.

L’énergie cinétique atteint des niveaux vertigineux. Pour mieux comprendre, notre Soleil ne pourrait pas produire une telle quantité d’énergie durant ses 10 milliards d’années d’existence. Vous avez compris à quel point nous sommes face à un phénomène exceptionnel.

Trou noir AT2018hyz
© Envato

L’équipe d’Yvette Cendes continue de surveiller AT2018hyz avec les plus grands radiotélescopes du monde. On parle notamment du Very Large Array au Nouveau-Mexique, de l’observatoire ALMA au Chili et de MeerKAT en Afrique du Sud. La chercheuse espère que le suivi se poursuivra jusqu’au pic de 2027 pour mieux comprendre ce mystère de réveil tardif.

Mais ce n’est pas tout puisque la scientifique cherche désormais d’autres trous noirs aux comportements similaires mais qui sont passés inaperçus. Personne n’avait vraiment pensé jusque-là à regarder ce qu’il se passait des années après une disruption. Logique, tout le monde partait du principe qu’il n’y avait plus rien à voir. AT2018hyz prouve le contraire.

Et n’oublions pas qu’arrivera prochainement le Square Kilometre Array, plus grand radiotélescope jamais construit. L’étude de ces phénomènes cosmiques ne fait que commencer et pourrait nous montrer que l’univers est bien plus violent et imprévisible qu’on ne le pensait.

  • Un trou noir supermassif nommé AT2018hyz, situé à 665 millions d’années-lumière, surprend les chercheurs en redevenant extrêmement énergique alors qu’il aurait dû s’éteindre.
  • Après une disruption par effet de marée observée en 2018, il est resté silencieux trois ans, puis un signal radio très intense est apparu en 2022.
  • Il est déjà 50 fois plus brillant qu’au départ, pourrait culminer en 2027, et l’étude publiée le 5 février 2026 dans The Astrophysical Journal évoque un jet relativiste qui entre progressivement dans notre ligne de mire.

Source : The Astrophysical Journal

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