Amazon supprime 16 000 emplois, notre remplacement par l’IA a déjà commencé

Le mercredi 28 janvier 2026, Amazon a annoncé le licenciement de 16 000 employés. En tout, ce sont 30 000 personnes qui ont été remerciées depuis octobre dernier. Il s’agit du plus important plan de licenciements de l’histoire de l’entreprise en trois décennies d’existence. C’est bien plus que les 27 000 départs entre fin 2022 et début 2023 et ce n’est pas terminé à cause de l’IA.

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Posons un peu de contexte et attention, ça fait froid dans le dos. La veille, Amazon a envoyé par erreur un email interne à certains employés d’Amazon Web Services (AWS). Dedans, l’entreprise parlait d’une seconde onde de l’opération « Project Dawn ». Un message signé par Colleen Aubrey, vice-présidente sénior des solutions d’IA appliquée chez AWS.

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Amazon dévoile par erreur à ses employés qu’ils sont renvoyés

Dedans, elle parlait de « changement organisationnel » et parlait des « collègues impactés » aux États-Unis, au Canada et au Costa Rica. Une invitation pour une réunion d’équipe accompagnant le mail a été annulée dans la foulée. Des milliers de salariés ont découvert leur sort avant l’annonce officielle. Ce fut la panique dans les canaux de communication en interne.

Beth Galetti, vice-présidente en charge des ressources humaines et de la technologie chez Amazon, a tenté de justifier ces coupes massives. Dans un communiqué publié sur le site de l’entreprise, elle explique que ces licenciements sont nécessaires pour « réduire les niveaux hiérarchiques, renforcer le sentiment d’appartenance et supprimer la bureaucratie ».

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Amazon n’a épargné aucune division avec cette purge. Des employés d’Amazon Web Services, d’Alexa, de Prime Video, du secteur publicitaire, des appareils Kindle et bien d’autres encore ont été impactés. Les ressources humaines et le commerce de détail figurent aussi parmi les victimes. Amazon n’a pas souhaité commenter le détail de ses suppressions.

L’entreprise avait déjà commencé à tailler dans ses effectifs la veille de l’annonce officielle. L’entreprise a fermé tous ses magasins physiques Amazon Fresh et Amazon Go, des enseignes sans caisses qui permettaient aux clients de faire les courses et de sortir sans passer par une caisse via un système de capteurs et de caméras. C’était l’un des projets phares d’Amazon. Amazon One, qui scannait la paume de la main des clients, est aussi abandonné. Certains magasins seront reconvertis en Whole Foods, une enseigne bio rachetée par Amazon en 2017.

Le coupable de ces suppressions de poste ? L’IA

Ces 30 000 suppressions de postes ne représentent qu’une fraction des 1,58 million d’employés que compte Amazon dans le monde. Mais elles touchent près de 10 % de la force de travail administrative de l’entreprise. La grande majorité des salariés d’Amazon travaillent dans les centres de traitement des commandes et les entrepôts. Ce sont des postes moins menacés, mais Amazon investit massivement dans la robotique et l’IA pour automatiser le conditionnement et la livraison des produits.

Amazon licencie pourtant, sa santé financière est au top. Lors du troisième trimestre 2025, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 180 milliards de dollars, une hausse d’environ 13 % sur un an. Amazon Web Services a connu une croissance de 20 %, un rythme que l’entreprise n’avait plus connu depuis 2022. Le carnet de commandes de la branche a dépassé les 200 milliards de dollars. Pourquoi licencier massivement quand les caisses débordent ? La réponse tient en deux lettres : IA.

Amazon a augmenté ses prévisions de dépenses d’investissement à 125 milliards de dollars pour 2025. Le montant augmentera en 2026. Une grande partie de cette somme est injectée dans l’infrastructure d’IA. Andy Jassy ne le cache pas. L’été dernier, le patron d’Amazon expliquait sans détour que l’IA allait « changer notre manière de travailler » et qu’il « nous faudra moins de gens pour effectuer certains emplois occupés actuellement ».

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Et si d’autres licenciements avaient lieu ?

L’amélioration rapide de l’IA permet désormais d’automatiser des tâches comme l’administratif ou encore la résolution de code. Mais notons que lors du Forum économique mondial de Davos en janvier, plusieurs cadres dirigeants ont expliqué à Reuters que l’IA est parfois un prétexte pour des entreprises qui prévoient de toute façon de licencier.

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Beth Galetti a tenté de rassurer les équipes restantes. Elle explique que ces licenciements ne sont pas le début d’autres suppressions, mais dans la même déclaration, elle laisse la porte entrouverte à de futures coupes en parlant d’« ajustements nécessaires ». Une formulation assez vague pour maintenir la pression sur les salariés encore en poste.

Pour les 16 000 employés étasuniens concernés par ces licenciements, Amazon offre une période de 90 jours pour rechercher un nouveau poste en interne. Une maigre consolation pour ceux qui découvrent que leur emploi fait partie du « Project Dawn ».

  • Le 28 janvier 2026, Amazon annonce 16 000 licenciements, soit 30 000 suppressions de postes depuis octobre.
  • Amazon justifie ces coupes par la suppression de niveaux hiérarchiques et la réduction de la bureaucratie.
  • L’IA est un moteur central, l’entreprise investit massivement dans l’infrastructure et l’automatisation et assume qu’il faudra moins de monde sur certains postes.

Source : Zone Bourse

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