Ce sont des centaines de F-35 récents qui ne répondent pas aux prérequis pour le combat. Certains exemplaires neufs qu’utilisent les forces armées des États-Unis n’ont même pas de radar et embarquent simplement un poids à sa place pour équilibrer le chasseur.

- Des centaines de F-35 récents ne sont toujours pas pleinement aptes au combat, notamment à cause du retard logiciel lié au TR-3.
- Certains F-35B ont même été acceptés sans radar, avec un simple poids installé dans le nez pour équilibrer l’avion.
- Le programme dépasse désormais 536 milliards de dollars à l’achat, tandis que la disponibilité de la flotte continue de se dégrader.
Les rapports officiels du Pentagone et de la Cour des comptes du Congrès dressent un constat très dur pour ce programme militaire qui dépasse déjà les 500 milliards de dollars. Le problème concerne les nouveaux F-35 avec l’électronique TR-3, une évolution qui remplace notamment les ordinateurs de bord et augmente la puissance pour ajouter de nouvelles armes, de meilleurs capteurs et des fonctionnalités de guerre électronique. Sauf que voilà, le logiciel n’était pas prêt quand les premiers chasseurs équipés sont sortis des usines.
Pourquoi le F-35 n’a toujours pas toutes ses capacités de combat
Si le Pentagone a arrêté de réceptionner les nouveaux F-35 en 2023, Lockheed Martin n’a pas stoppé ses chaînes de production pour autant. Les avions se sont accumulés alors que les équipes tentaient de corriger les problèmes au niveau logiciel.
Puis, un an plus tard, les livraisons ont repris avec une solution radicale. Le Pentagone a accepté des chasseurs avec une version allégée du logiciel. En gros, les F-35 volent et sont utilisés pour certaines formations, mais les technologies requises au combat sont coupées.
En mars 2026, le bureau du Pentagone en charge d’évaluer les armes a publié un rapport indiquant qu’à la fin septembre 2025, aucun F-35 équipé du TR-3 et pleinement apte au combat n’avait encore été remis aux forces des États-Unis.

Les avions plus anciens avec l’électronique TR-2 partent toujours en opération, mais les exemplaires produits avec TR-3 attendent encore toutes leurs capacités. Et la situation ne concerne pas que les États-Unis puisque les F-35 vendus à plusieurs clients étrangers sont concernés.
La situation est grave pour Lockheed Martin qui livre des avions toujours pas au niveau de combat promis pour cette nouvelle version. Mais ce n’est pas tout puisque le F-35 des États-Unis aura droit à un nouveau modèle de radar appelé APG-85, qui doit remplacer l’APG-81. Le hic, c’est que sa production a pris du retard, alors que certains avions sont déjà modifiés pour le recevoir.
Résultat, les forces des États-Unis ont accepté plusieurs F-35B sans radar. À la place, Lockheed Martin installe un poids dans le nez du chasseur pour garder son équilibre en vol. Pas de technologie provisoire pour détecter une cible, c’est juste une masse pour remplacer le poids du matériel absent.
En juin 2026, Gregory Masiello, responsable du programme F-35, a admis devant le Sénat que six avions avaient déjà été acceptés malgré ces manquements. Et l’homme est très clair sur leurs capacités : “Je ne les considérerais pas comme pleinement aptes à toutes leurs missions”, affirme-t-il. Les premiers APG-85 de production ne sont pas attendus avant 2028.
Une flotte étasunienne dont la qualité se dégrade
En juin 2026, le GAO, qui est l’équivalent de la Cour des comptes pour le Congrès des États-Unis, a constaté une dégradation de la flotte. En 2021, 67% des F-35 étaient capables d’assurer au moins une partie de leur mission. En 2025, c’est 44%. Pour les avions capables de remplir toutes les missions prévues, on passe de 38% à seulement 25%. En gros, trois F-35 sur quatre ne sont pas capables de remplir toutes leurs missions prévues à un moment donné.
Au-delà des problèmes expliqués dans cet article, il y a aussi les réparations qui prennent trop de temps, les pièces qui manquent et plusieurs composants à la fiabilité insuffisante. La corrosion pose aussi des problèmes. Le Pentagone estime qu’il faudra 13,7 milliards de dollars en plus d’ici 2031 pour améliorer la disponibilité de la flotte.
Le Block 4 était censé apporter beaucoup de nouveautés, mais idem ici, c’est le retard. La Cour des comptes du Congrès estime que la modernisation coûte déjà plus de 6 milliards de dollars de plus que prévu avec au moins cinq ans de retard.
Même le refroidissement de l’avion est un problème. Les nouveaux équipements électroniques consomment plus d’énergie et dégagent plus de chaleur. Le moteur F135 aura donc droit à une grosse modernisation appelée Engine Core Upgrade. Les essais en vol sont prévus en 2030 pour une production l’année d’après. Une partie des plus lourdes améliorations n’arrivera pas avant la prochaine décennie.
La facture totale grimpe toujours. En août 2026, le coût estimé de l’achat des F-35 sur toute la durée du programme atteint 536,2 milliards de dollars. C’est 51 milliards de plus que la précédente estimation. Quant aux dépenses de maintenance sur plusieurs décennies, le GAO parle d’environ 1 600 milliards de dollars.
Malgré ces couacs, l’Europe se tourne toujours vers le F-35
Ces problèmes n’arrêtent pourtant pas les commandes européennes. L’Allemagne étudie encore l’achat de F-35 en plus alors que le SCAF est désormais enterré. Dassault prépare quant à lui un super Rafale moins cher que le F-35. La France développe aussi le missile Stratus RS de suppression des défenses aériennes pour le Rafale F5.
Toutefois, le F-35 reste un chasseur apprécié pour sa capacité de feu. Les appareils équipés de l’ancienne électronique ont effectué de nombreuses missions au Moyen-Orient. Mais le problème n’est pas que l’avion est incapable de combattre.
Le problème est dans le fait que malgré des décennies de développement et des centaines de milliards de dollars dépensés, de nouveaux exemplaires sortent encore des usines sans toutes leurs capacités de combat, voire sans radar.















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