Le GCAP décroche 5,4 milliards d’euros quand le SCAF s’effondre. Le programme britannico-italo-japonais accélère vers son chasseur de sixième génération. Pendant ce temps, le projet franco-allemand reste au sol. Le ciel militaire européen se redessine autour de trois nations, à distance du couple Paris-Berlin. Ce contrat rebat les cartes de la défense aérienne du Vieux Continent.
Le 3 juillet 2026, l’agence GCAP a attribué ce contrat au consortium Edgewing. Il s’agit d’un engagement de 4,6 milliards de livres, soit environ 5,4 milliards d’euros. Cette enveloppe finance la phase de conception avancée et les essais du futur appareil. En avril 2026, un premier accord de 686 millions de livres a déjà relancé les travaux. En 2035, le nouveau chasseur entrera en service.
Pendant le SCAF est enterré, le GCAP progresse bien
Mais ce n’est pas tout, le nerf de la guerre reste l’argent public britannique. Le 30 juin 2026, Londres a dévoilé son plan d’investissement militaire, le Defence Investment Plan. Ce plan engage 8,6 milliards de livres au total pour le programme, sur quatre ans.
Le blocage a duré des mois entre le Trésor et le ministère de la Défense. Et ce retard a bien exaspéré Tokyo, qui craignait un retard du calendrier face à la menace chinoise. La crise budgétaire a même coûté son poste au ministre britannique de la Défense, John Healey. En décembre 2022, le Royaume-Uni et le Japon ont fusionné leurs projets Tempest et F-X. Le programme rassemble trois nations et forme l’un des plus gros consortiums de défense au monde.
Edgewing regroupe le britannique BAE Systems, l’italien Leonardo et le japonais JAIEC, mené par Mitsubishi. Ce maître d’œuvre unique restera l’autorité de conception pour toute la vie de l’appareil. Le futur chasseur remplacera l’Eurofighter Typhoon au Royaume-Uni et le F-2 au Japon. Cette méthode tranche avec la coopération militaire franco-allemande, incapable d’aboutir.
Le GCAP dépasse le simple avion de chasse. On parle d’un chasseur furtif connecté à tout un dispositif de combat en réseau. L’appareil pilotera des drones autonomes et des capteurs déportés dans plusieurs domaines. Des algorithmes optimiseront les décisions en plein vol.
La conception mobilise l’impression 3D, la réalité augmentée et la robotique pour optimiser le temps. Un démonstrateur en vol, appelé Excalibur, se prépare à Warton. En fin d’année 2027, ce prototype prendra l’air.
Un SCAF qui ne s’est pas entendu autour du chasseur commun
L’échec du SCAF change tout pour le GCAP. Le chasseur franco-allemand oppose Dassault Aviation et Airbus depuis plus de deux ans sur la maîtrise d’œuvre. En avril 2026, la médiation lancée par Paris et Berlin a échoué, ce qui a scellé la rupture entre Dassault Aviation et Airbus.
La France a déjà englouti 1,8 milliard d’euros sans qu’un seul appareil n’ait volé. Résultat, le GCAP devient le programme de sixième génération le plus avancé en Occident, hors États-Unis. Même si l’Hexagone a un plan B avec le super-Rafale de Dassault.
Le 8 juin 2026, Paris et Berlin ont enterré leur avion commun. Cette décision officialise l’arrêt du chasseur franco-allemand et laisse l’Allemagne sans grand projet. Berlin pourrait frapper à la porte du GCAP, une hypothèse que l’Italie a déjà avancée. L’Arabie saoudite s’est aussi dite intéressée par le programme.
Sauf que voilà, l’Europe continentale ne reste pas sans réponse. Airbus prépare aussi l’après-SCAF, avec un rapprochement entre Airbus et Saab pour un chasseur de sixième génération. L’Allemagne examine cette voie en parallèle du GCAP. Cette dispersion pourrait faire naître plusieurs programmes concurrents sur le continent.
La France a d’autres options pour son futur chasseur
Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, plaide pour une remise à plat complète. Il juge le SCAF pensé pour un autre temps, soit un programme conçu en temps de paix. La guerre en Ukraine a bouleversé les besoins militaires depuis son lancement. En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont lancé le programme.
Malheureusement, la France et l’Allemagne n’ont jamais réussi à construire un chasseur ensemble. Et le SCAF représente un nouvel échec en termes de coopération pour des nations pourtant alliées.
La France avance seule sur son propre calendrier. À l’horizon 2030, le Rafale F5 sera l’appareil de transition. Le moteur du SCAF survit malgré tout à la crise. Et pour cause, ce volet ne pose pas la question de la maîtrise d’œuvre. Safran et MTU Aero Engines pilotent le moteur du futur chasseur européen sans blocage.
Les défis restent colossaux pour le GCAP. Le calendrier de 2035 relève déjà de la prouesse industrielle. La coordination de trois industries et de trois gouvernements sera tout aussi délicate. Le budget global grimpera à plusieurs dizaines de milliards d’euros, ce qui rend l’exportation importante. Du 20 au 24 juillet 2026, le salon de Farnborough donnera les prochaines pistes autour de ce projet.
Source : Defense News
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