Pourquoi des drones vont larguer des milliers de moustiques-tigres sur nos têtes

Le moustique-tigre colonise la France. L’urgence est totale alors les chercheurs utilisent une méthode plus ciblée que les insecticides. Le principe paraît étrange puisqu’il s’agit de relâcher des moustiques mâles stériles par drone pour faire chuter les naissances. En clair, on ajoute des insectes incapables de créer une nouvelle génération.

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© Pierre Marchal
  • Le moustique-tigre est désormais installé dans 83 départements de France métropolitaine et la surveillance 2025 a recensé 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue.
  • Les chercheurs misent sur des lâchers de moustiques mâles stériles par drone. Ces mâles ne piquent pas, s’accouplent avec les femelles sauvages, mais les œufs ne donnent pas de descendance.
  • Le drone permet de viser les zones urbaines difficiles d’accès, avec des lâchers plus rapides et réguliers. La méthode reste complémentaire, car l’élimination des eaux stagnantes demeure indispensable.

Au 1er janvier 2026, Aedes albopictus a colonisé 83 départements de France métropolitaine selon Santé publique France. En 2025, la période de surveillance a recensé 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue. Le risque pour la santé est là entre la dengue, le chikungunya et le Zika.

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Des moustiques mâles pour neutraliser la descendance 

Mais alors comment ça marche, des moustiques-tigres lâchés sur nos têtes par drones ? Des mâles sont élevés en laboratoire, puis rendus stériles par irradiation. Quand relâchés, ils s’accouplent avec les femelles sauvages, mais les œufs ne donnent pas de descendance. L’Anses résume la méthode de façon très claire. Des « mâles rendus stériles par irradiation sont lâchés » et les femelles pondent ensuite des « œufs non viables ».

Si les chercheurs utilisent les drones, c’est car le sol limite vite les opérations. Les véhicules couvrent mal les zones très denses, les cours intérieures, les jardins privés et les secteurs difficiles d’accès. C’est là que le drone change la méthode.

En 2021, le Cirad et l’EID Méditerranée ont mené des lâchers pilotes à Prades-le-Lez, dans l’Hérault, avec l’accord des habitants. Le Cirad indique que ces essais ont évalué la faisabilité de lâchers aériens automatiques de moustiques mâles stériles par drone.

La drone permet de lâcher les moustiques de manière plus régulière sur une zone précise. L’Agence internationale de l’énergie atomique a testé un prototype au Brésil en avril 2018. Le drone transportait jusqu’à 50 000 moustiques stériles par vol et couvrir 20 hectares en dix minutes. 

Une méthode plus efficace que le larguage au sol

L’AIEA précise que la même surface réclamerait environ deux heures avec une méthode au sol. Le drone abaisse donc les coûts, permet des lâchers rapides et limite la fatigue des équipes. Mais ce n’est pas qu’une question de vitesse. Il faut que les mâles restent en bon état après le transport, la libération et la chute. Sinon, ils ne rivalisent pas avec les mâles sauvages et la méthode perd son intérêt.

Le projet Mosquarel pousse cette logique plus loin. Le Cirad explique que le programme prépare une commercialisation de systèmes automatiques de lâcher par drone. L’objectif est de passer d’une preuve scientifique à un outil utilisable dans des zones urbaines. Pour rappel, la méthode reste très ciblée, car les mâles ne piquent pas. Les femelles piquent pour avoir le sang obligatoire à la reproduction.

Résultat, le vrai défi n’est pas seulement de relâcher plus de moustiques. Il faut savoir où agir. En avril 2026, ARBOCARTO a présenté ses nouvelles fonctionnalités lors d’un atelier international sur la technique de l’insecte stérile. L’outil ajoute des simulations de techniques de lutte et sert à mieux cibler les endroits à traiter. Le projet OptiMoustik reprend cette logique avec cartographie prédictive et lâchers par drone.

L’Europe est déjà envahie par le moustique-tigre

Il faut dire que l’Europe ne peut plus attendre. En juin 2025, l’ECDC a indiqué que Aedes albopictus était présent dans 369 régions de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, contre 114 régions dix ans plus tôt. Le moustique-tigre est installé en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Belgique et dans plusieurs autres pays.

Cette méthode ne règle pas tout. Les coupelles d’eau, les gouttières, les seaux et les petits réservoirs sont surtout le problème. Les lâchers stériles ne remplacent pas l’élimination d’où sont les larves. C’est un outil de santé publique, surtout dans les zones où les insecticides posent déjà des questions d’efficacité et d’impact sur la biodiversité.

Bref, il n’y aura pas un problème de plus avec ces lâchers de moustiques. C’est pour mieux répartir des mâles stériles qui ne piquent pas et ne donnent pas de descendance. Le tout dans des zones où les méthodes classiques ne suffisent plus. Si les prochains essais confirment l’efficacité, la technique de l’insecte stérile par drone serait une vraie arme contre la dengue, le chikungunya et Zika.

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Source : One Health OI

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