C’est fait. Le 17 avril 2026, Patrick Drahi a accepté l’offre globale d’Orange, Bouygues Telecom et Free pour racheter SFR. Le propriétaire d’Altice France ouvre donc la porte à un démantèlement du deuxième opérateur français.

- Altice France ouvre des négociations exclusives avec Free, Orange et Bouygues Telecom pour le rachat de SFR.
- Le consortium propose 20,35 milliards d’euros pour se partager les actifs de l’opérateur.
- Pour les abonnés SFR, rien ne change immédiatement tant que les autorités n’ont pas validé l’opération.
Le consortium met 20,35 milliards d’euros sur la table pour se partager ses actifs. Cette acceptation ouvre une phase de négociations exclusives, nom de code « Voltaire », qui marque un virage historique pour le marché des télécoms hexagonal.
Free, Orange et Bouygues rachèteront SFR pour 20,3 milliards d’euros
Le montant n’a rien d’anodin. Il représente une revalorisation de 3,35 milliards d’euros par rapport à la première proposition du trio, qui s’élevait à 17 milliards d’euros. En octobre 2025, Altice avait sèchement refusé cette première offre du consortium Orange Free Bouygues Telecom, qu’il estimait très inférieure à la vraie valeur de l’opérateur.
Les trois candidats ont donc revu leur copie après avoir eu accès aux comptes et sont revenus avec une enveloppe renflouée. Dans leur communiqué commun, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange préviennent toutefois, « Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée. »
La répartition des actifs est déjà esquissée. Bouygues Telecom récupère l’activité et la clientèle entreprises, le fameux segment B2B, le plus rentable et le plus stable du portefeuille SFR. Les abonnés grand public, eux, seront partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange.
Les infrastructures, les fréquences et les ressources suivront la même logique de partage, à une exception près. Le réseau mobile en zone non dense, stratégique pour la couverture rurale, ira entièrement à Bouygues Telecom. En clair, les opérateurs démontent SFR au lieu d’en faire faire une entité unifiée.
La rumeur d’un rachat était forte depuis des mois
La rumeur d’un démantèlement circulait depuis des mois. Plusieurs scénarios avaient été envisagés, dont un rachat des infrastructures par le fonds Ardian pour faciliter le financement, mais c’est bien le schéma à trois têtes qui l’a emporté. La vente intégrale pourrait finalement atteindre 23 milliards d’euros avec les 30 % d’actifs SFR non cédés au consortium. Selon BFM, Patrick Drahi s’est engagé auprès de ses créanciers à atteindre ce montant final lors de la restructuration de la dette du groupe, qui frôle les 24 milliards d’euros.
Pour les abonnés, rien ne change à court terme. Le rachat reste conditionné à la consultation des instances représentatives du personnel et surtout à la validation de l’Autorité de la concurrence et de l’Arcep, qui ont le pouvoir de bloquer ou d’assortir l’opération de remèdes.
Les autorités européennes pourraient aussi être appelées à se prononcer. En fin d’année 2027 au mieux, l’officialisation interviendra, avec encore plusieurs années en plus pour que le transfert effectif des actifs soit bouclé. En gros, les abonnés SFR resteront chez SFR pendant un moment.
Quels changements pour les abonnés SFR ?
Pour les consommateurs, le vrai enjeu se situe ailleurs avec un spectre de hausse des prix qui inquiète en cas de passage de quatre à trois opérateurs. La concurrence à quatre tirait les tarifs vers le bas depuis l’arrivée de Free sur le mobile. Un marché resserré à trois et moins disputé risque de peser sur les forfaits et les box. Les autorités de régulation trancheront entre consolidation industrielle et protection du pouvoir d’achat.
Au printemps 2025, la procédure de sauvegarde accélérée avait été annoncée, et l’inquiétude monte depuis chez les salariés. Les craintes sont directes, avec des représentants syndicaux qui redoutent le pire entre fermetures de sites et suppressions de postes. Un démantèlement en trois lots ne simplifie pas la donne, avec des doublons évidents sur les fonctions support et la distribution.
Depuis l’été 2023, la situation financière de SFR s’est dégradée et l’opérateur a perdu plus d’un million de clients en quelques trimestres. Patrick Drahi, lui, tourne une page longue de plus d’une décennie.
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