Artemis II : la NASA renvoie quatre astronautes vers la Lune pour la première fois depuis 1972

La NASA lancera Artemis II dans la nuit du 1er au 2 avril 2026. Il s’agit du premier vol habité vers la Lune depuis la mission Apollo 17 en décembre 1972. On parle de plus de 53 ans sans qu’un seul être humain ne quitte l’orbite basse terrestre.

Sommaire
Artemis II
© NASA
  • Artemis II doit décoller dans la nuit du 1er au 2 avril 2026 à 0h24, heure de Paris.
  • Ce sera le premier vol habité vers la Lune depuis Apollo 17 en décembre 1972.
  • Quatre astronautes feront le tour de la Lune à bord d’Orion, sans alunissage, pour valider le vaisseau avant Artemis III.

En tout, ce sont quatre astronautes qui embarqueront dans le vaisseau Orion. La fusée géante SLS les propulsera depuis le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy en Floride. On vous résume tout ce qu’il faut savoir sur ce moment historique de la conquête spatiale, le retour sur la Lune.

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Quand aura lieu le décollage d’Artemis II ?

Le décollage est prévu à 0h24 heure de Paris. La fenêtre de tir s’étend jusqu’au 6 avril en cas de report. C’est en direct que la NASA diffusera le lancement à partir de 18h50 le soir du 1er avril.

La mission Artemis II ne prévoit pas d’alunissage. Le vaisseau Orion fera le tour de la Lune puis reviendra amerrir dans l’océan Pacifique. On parle d’un vol d’environ dix jours. La trajectoire les emmènera à plus de 7 000 km au-delà de la face cachée de la Lune. C’est plus loin que n’importe quel être humain dans l’histoire. Sauf que voilà, l’enjeu n’est pas de poser le pied sur la Lune. C’est de vérifier que le vaisseau Orion est capable de maintenir un équipage en vie dans l’espace profond.

Quel est l’équipage d’Artemis II ?

Artemis II
© NASA

L’équipage est composé du commandant Reid Wiseman, du pilote Victor Glover, de la spécialiste de mission Christina Koch et du Canadien Jeremy Hansen. Il s’agit de la première femme, du premier Afro-Américain et du premier non-Américain à participer à un vol lunaire.

Les astronautes testeront les systèmes de survie de la capsule. On parle du contrôle thermique, de la qualité de l’air et de l’eau, de la protection contre les radiations et du pilotage manuel du vaisseau. C’est la première fois qu’Orion vole avec des humains à bord. Artemis I avait fait le même trajet en 2022 mais sans équipage.

Cette fois, tout est fait dans de vraies conditions. « Nous partirons quand ce véhicule nous dira qu’il est prêt et quand l’équipe sera prête à y aller » a déclaré le commandant Reid Wiseman. « Nous pourrions donc nous rendre sur le pas de tir et devoir essayer à nouveau plusieurs fois, et nous sommes prêts à 100 % pour cela. » explique l’astronaute.

Où regarder le décollage d’Artemis II ?

Le décollage d’Artemis II pourra être visionné sur YouTube, en direct. C’est la chaîne officielle de la NASA qui s’occupe de la retransmission depuis la vidéo ci-dessous. Si vous avez peur de louper cet événement, il suffit d’ouvrir la vidéo puis de cliquer sur « M’avertir » via le bouton en bas à gauche.

Dès lors, vous recevrez une notification lorsque le direct est lancé. Aussi bien sur votre PC via la version web de YouTube que sur votre smartphone si vous êtes connecté à l’application et avez activé les notifications.

Une mission sans cesse repoussée

Il faut dire que le chemin pour en arriver là fut chaotique. La mission était prévue pour février 2026. Mais le 2 février, une fuite d’hydrogène liquide lors de la répétition générale a forcé la NASA à décaler le tir. Toujours en février mais à la fin du mois, une interruption du flux d’hélium vers l’étage supérieur de la fusée a imposé un retour au bâtiment d’assemblage. 

© NASA

C’est donc la troisième tentative. La fusée SLS mesure 98 mètres de haut. Ses quatre moteurs RS-25 cumulent à eux seuls 22 vols sur l’ancienne navette spatiale. Résultat, la NASA recycle des moteurs qui ont déjà volé pour propulser ses astronautes vers la Lune. À partir d’Artemis V, l’agence basculera sur des moteurs RS-25E neufs.

L’Europe a aussi un rôle dans cette mission

Le module de service qui alimente Orion en propulsion, en électricité, en eau et en oxygène a été conçu par l’Agence spatiale européenne. Sans ce module, Orion ne fonctionne pas. C’est un point que l’ESA ne manque pas de rappeler. La contribution européenne est structurelle dans une mission présentée comme 100 % étasunienne.

Victor Glover, le pilote, a expliqué que sa présence dans la mission est « une force pour le bien ». Pour lui, c’est l’occasion d’inspirer d’autres personnes à se tourner vers l’espace. Et le reste de l’équipage n’est en reste, niveau palmarès.

Christina Koch détient le record du plus long vol spatial en solitaire pour une femme avec 328 jours. Jeremy Hansen sera le premier Canadien à voyager vers la Lune. « Ce ne sont pas seulement trois Américains et un Canadien » a déclaré Jeremy Hansen, mais « ce sont littéralement des gens du monde entier. » Le vaisseau de la NASA emporte avec lui les noms de plus de 5 millions de personnes inscrites pour accompagner symboliquement la mission.

C’est le programme Artemis qui doit ramener des humains sur la surface lunaire. Artemis II est l’étape de validation. La troisième mission du programme prévoit le premier alunissage, avec un module de SpaceX. Mais la date reste floue. La NASA parle de 2027, mais au plus tôt. Et les retards du Starship de SpaceX ne rassurent personne. En face, la Chine prépare sa propre mission lunaire habitée pour 2030. La course à la Lune est relancée.

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