Mieux qu’un VPN payant ? Trump lance Freedom.gov pour aider les Français à accéder aux sites interdits

L’administration Trump développe un portail hébergé sur freedom.gov qui intègre un VPN. L’objectif est de permettre aux Européens d’accéder à des contenus bloqués par leurs gouvernements. La France est directement visée.

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Freedom.gov VPN Trump

C’est Reuters qui a révélé l’information. Le département d’État américain développe un site internet hébergé sur le domaine freedom.gov. Le projet est piloté par Sarah Rogers, sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique. Le portail doit permettre aux internautes européens, entre autres, de consulter des contenus que leurs gouvernements ont fait retirer ou bloquer.

Freedom.gov, un VPN gratuit pour contourner les restrictions européennes

On parle de publications qualifiées de discours haineux, de propagande terroriste ou de désinformation par les législations locales. En clair, tout ce que le DSA (Digital Services Act) de l’Union européenne oblige les plateformes à modérer. Bref, MAGA nous prouve de nouveau qu’il n’a aucun problème avec la violence en ligne.

Le domaine freedom.gov a été enregistré le 12 janvier 2026 dans le registre officiel des sites gouvernementaux américains, sous la supervision de la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency). La page d’accueil affiche que la phrase « Freedom is Coming » et un message en plusieurs langues selon le pays de connexion : « L’information, c’est le pouvoir. Réclamez votre droit humain à la liberté d’expression. Préparez-vous. » Sa présentation était prévue pour la Conférence de Munich sur la sécurité mi-février, mais le lancement a été repoussé.

Pour résumer, freedom.gov intègrerait un VPN qui ferait transiter le trafic des utilisateurs par des serveurs américains. Résultat, l’adresse IP de l’internaute apparaîtrait comme si elle venait des États-Unis. Reuters affirme que l’activité des visiteurs ne serait pas pistée.

Sur le papier, rien de révolutionnaire. Des VPN comme NordVPN, Surfshark ou CyberGhost proposent exactement la même chose depuis des années. La différence, c’est que cette fois, c’est un gouvernement qui finance et opère le service. Et pas n’importe lequel : la guerre est ouverte entre les États-Unis et l’Europe, notamment la France.

Pour rappel, les États-Unis financent déjà des outils pour contourner la censure sur internet. Mais jusqu’ici, ces programmes étaient pour les citoyens de régimes autoritaires comme la Chine, l’Iran, la Russie, la Biélorussie, Cuba et le Myanmar. Freedom.gov appliquerait cette même logique à des démocraties alliées. Un basculement. Washington met l’Europe dans le même panier que Pékin et Téhéran alors que le projet d’avion militaire européenne patine.

L’administration Trump a fait de la liberté d’expression en ligne de sa politique étrangère. Quitte à laisser passer les discours haineux et s’en accommoder. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président JD Vance a accusé les gouvernements européens de censurer les voix conservatrices.

Une attaque à peine déguisée contre les pays européens

David Sacks, le « tsar » de Trump pour l’IA et les cryptomonnaies, a déclaré dans son podcast que le DSA européen est « une sorte de piège pour infliger des amendes aux entreprises technologiques américaines ». Il a même comparé ces amendes à des droits de douane déguisés.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants américaine a publié deux rapports. Elle accuse l’Union européenne d’utiliser le DSA comme un « instrument de censure » contre les plateformes américaines.

Washington pointe du doigt plusieurs pays. La Roumanie, où un candidat pro-russe a vu son élection annulée. L’Allemagne aussi, où des publications d’extrême droite sont censurées (à juste titre, doit-on rappeler l’histoire du pays ?). Et la France, où le réseau social X d’Elon Musk fait l’objet de plusieurs enquêtes.

Pour rappel, le parquet de Paris a mené un raid dans les bureaux de X en France ce mois de février. L’enquête a été lancée en janvier 2025 et porte sur la manipulation de l’algorithme de recommandation, l’extraction illégale de données, la diffusion d’images intimes sans consentement et du contenu négationniste. La Commission européenne a aussi infligé une amende de 120 millions d’euros à X en décembre 2025 pour non-respect du DSA.

Le projet freedom.gov ne fait pas l’unanimité, même aux États-Unis. Des juristes du département d’État ont exprimé des réserves, selon Reuters. Kenneth Propp, ancien responsable du département d’État désormais au think tank Atlantic Council, a qualifie le portait de « tir direct contre la réglementation européenne ».

Faut-il faire confiance au VPN d’un pays étranger géré par les autorités ?

Selon lui, le site « serait perçu en Europe comme une tentative américaine de court-circuiter les lois nationales ». Le département d’État a répondu à Reuters. Il nie l’existence d’un programme de contournement spécifique à l’Europe. Mais dans la même phrase, le porte-parole a précisé que « la liberté numérique est une priorité et que cela inclut la diffusion de technologies de VPN et d’outils pour contourner la censure ». Autrement dit, on nie le projet mais on le défend quand même. Étrange position.

La Commission européenne a réagi. Son porte-parole Thomas Regnier a rappelé que « la Commission ne bloque l’accès à aucun site web » et que le DSA existe pour protéger la liberté d’expression, pas pour la restreindre. La délégation de l’UE à Washington n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters.

La question qui se pose est simple. Faire confiance à un gouvernement étranger pour protéger sa navigation internet, via un VPN centralisé sous le contrôle d’une agence de sécurité américaine, est-ce vraiment de la liberté ? Surtout sous l’ère Trump.

Rappelons qu’en France, la ministre déléguée au numérique, Anne Le Hénanff, déclarait fin janvier 2026 sur France Info que les VPN étaient « le prochain sujet sur sa liste ». Entre Washington qui veut les imposer et Paris qui veut les encadrer, les Européens se retrouvent pris en étau. Dérives autoritaires ? La question se pose.

  • L’administration Trump développe un portail hébergé sur freedom.gov pour permettre aux Européens d’accéder à des contenus bloqués par leurs gouvernements, avec la France directement visée.
  • Le site intégrerait un VPN qui ferait transiter le trafic via des serveurs étasuniens pour faire apparaître l’adresse IP comme venant des États-Unis.
  • Le projet est présenté comme une réponse aux règles de modération en Europe, notamment le DSA (Digital Services Act), et il est critiqué comme une tentative de court-circuiter les lois européennes.

Source : Reuters

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