“Scandaleux” : les criminels raffolent des Pixel sous Android pour échapper à la police française

GrapheneOS est un système d’exploitation open source basé sur Android. Sauf que voilà, la police judiciaire française en a marre de cet écosystème. Les analystes cybersécurité de la PJ ont diffusé une alerte à propos de ce logiciel qui, selon eux, est un obstacle majeur lors de leurs investigations.

Google Pixel GrapheneOS Android
© Unplash

On parle de smartphone Pixel équipé de GrapheneOS, variante d’Android, qui résiste constamment aux tentatives d’accès des enquêteurs. C’est un vrai casse-tête pour les autorités. « Système d’exploitation mobile alternatif fonctionnant sur l’écosystème Android et développé spécifiquement pour renforcer la sécurité des données personnelles contenues dans les téléphones mobiles », précise la police judiciaire dans son communiqué interne. Une définition factuelle, certes, mais qui montre bien que la police est irritée face à ce système d’exploitation aux protections bien trop fortes qui résistent à leurs outils habituels.

GrapheneOS est une version modifiée d’Android qui plaît aux criminels

GrapheneOS repose sur une équipe de développeurs spécialisés dans la sécurité informatique. Leur objectif, c’est de réécrire totalement les parties vulnérables du système d’exploitation Android par lesquelles transitent les attaques informatiques. Sauf que voilà, les smartphones sont donc plus résistants aux intrusions.

Les services Google disparaissent complètement de l’installation par défaut, ce qui élimine au passage beaucoup de portes dérobées. À chaque démarrage, le smartphone vérifie son intégrité et détecte toute compromission. Si une tentative d’intrusion est repérée, GrapheneOS peut se verrouiller automatiquement et, pire encore, effacer totalement les données contenues dans l’appareil.

L’efficacité de cette protection dépasse les capacités des autorités françaises. « Dans mes dossiers, aucun de ces engins n’a pu être ouvert par la police », rapporte une avocate citée par Le Parisien. Un témoignage qui montre que les appareils sous GrapheneOS résistent aux méthodes habituelles des services de police. GrapheneOS est donc un obstacle insurmontable à l’heure actuelle, alors que les autorités ont entre les mains de quoi contourner le chiffrement de bout en bout de certaines messageries comme WhatsApp et même de déverrouiller des smartphones dont elles ignorent le code.

GrapheneOS se défend contre les accusations de la police

La police judiciaire estime que l’usage légitime de GrapheneOS a tout simplement été détourné par les criminels. « Initialement présenté comme étant destiné à des usages légitimes pour protéger les citoyens contre des intrusions sur leurs téléphones mobiles, notamment pour les journalistes, les chercheurs ou les activistes, GraphenOS est progressivement diffusé auprès d’utilisateurs désirant avant tout échapper à toute forme de collecte ou d’analyse de données de leur support par les autorités, y compris dans un cadre judiciaire », explique la PJ dans son mémo interne. Bref, Android est détourné par les criminels et la police le sous-entend sans jamais l’affirmer explicitement.

Bien évidemment, l’équipe de GrapheneOS est très remontée et a réagi avec virulence à l’article du Parisien dans un message publié sur X. Les développeurs critiquent le travail journalistique, mais aussi les dérives autoritaires en France qui souhaitent espionner l’historique des demandeurs d’emplois. « La France plonge de plus en plus dans l’autoritarisme et la situation ne fait que s’aggraver. Le pays soutient déjà le projet de Chat Control de l’Union européenne. Ces policiers fascistes ont une longueur d’avance en diffusant des mensonges scandaleux à propos des projets open source axés sur la confidentialité. Aucune de ces accusations n’est fondée », déclare l’équipe de GrapheneOS dans sa réponse sur X.

Nous en parlions en introduction : les smartphones Pixel sont particulièrement prisés pour installer GrapheneOS, comme le rapporte la police espagnole. Leur architecture de sécurité est déjà robuste de base et cette surcouche Android n’arrange pas les choses pour les autorités ibériques.

  • La police judiciaire française alerte que GrapheneOS bloque ses investigations et que des Pixel équipés restent inaccessibles à ses outils.
  • GrapheneOS renforce la sécurité au point de se verrouiller et d’effacer les données s’il détecte une intrusion.
  • L’équipe GrapheneOS conteste l’article du Parisien sur X et dénonce des dérives autoritaires en France.

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