Une étude publiée dans la revue médicale JAMA Surgery montre ce que l’industrie automobile soupçonne depuis des années : les véhicules autonomes sont plus sûrs que les conducteurs humains. Les chercheurs canadiens du Sunnybrook Health Sciences Centre ont calculé que les voitures autonomes pourraient éviter plus d’un million de blessés sur les routes étasuniennes entre 2025 et 2035.

On parle d’environ 3,6 % de l’ensemble des blessures pendant cette période. Dit autrement, un million de personnes seront probablement blessées dans la prochaine décennie uniquement à cause de l’erreur humaine. Aux États-Unis, les accidents de la route tuent plus de 120 personnes par jour, soit davantage que les homicides dans la plupart des grandes villes étasuniennes.
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Les véhicules autonomes pourraient sauver des vies
En 2022, les urgences hospitalières ont enregistré 2,6 millions de visites à la suite de blessures après des collisions en voiture. Le coût de cette hécatombe atteint 470 milliards de dollars par an en frais médicaux et en pertes de productivité. Une épidémie de santé publique.
Selon l’étude, 94 % des accidents de la route résultent d’erreurs humaines, entre distraction au volant, conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues, excès de vitesse, fatigue, non-respect des distances de sécurité, etc. Les chercheurs ont analysé les données nationales étasuniennes sur les blessures routières de 2009 à 2023. Ensuite, ils ont projeté les tendances jusqu’en 2035. Plusieurs scénarios ont été testés, dont l’avantage en termes de sécurité des voitures autonomes par rapport aux conducteurs humains.
Dans le cas de seulement 1 % des véhicules autonomes sur les routes, ce sont 67 408 blessures qui pourraient être évitées. Dans le scénario avec 10 % de véhicules autonomes et 80 % de baisse des accidents, le chiffre grimpe à 1 078 528 blessures évitées.

Pour ces projections, les chercheurs ont utilisé les données de Waymo, la filiale d’Alphabet qui exploite une flotte de robotaxis aux États-Unis. Sur 127 millions de kilomètres parcourus en mode autonome jusqu’à septembre 2025, l’entreprise affiche 80 % d’accidents avec blessures en moins par rapport aux conducteurs humains. Mais on parle aussi de 92 % de collisions avec des piétons en moins et 83 % d’accidents impliquant des cyclistes en moins également.
Une autre étude du réassureur Swiss Re sur 25,3 millions de kilomètres parcourus par des véhicules autonomes de Waymo aboutit à la même conclusion. Les résultats évoquent 92 % de réclamations pour blessures corporelles en moins et 88 % de réclamations pour dommages matériels en moins par rapport aux véhicules conduits par les humains.
Mais il existe aussi des limites à cette étude
Le docteur Armaan Malhotra, co-investigateur de l’étude, insiste sur un point crucial : ce sont les autoroutes qui concentrent la majorité des accidents graves et mortels. Et c’est là que les véhicules autonomes pourraient avoir un plus grand impact. « Il y a un fort potentiel pour que les voitures autonomes réduisent significativement les collisions routières », explique-t-il. Mais il appelle à la prudence et à bien plus de données pour affiner les projections.
Car oui, les chercheurs reconnaissent les limites de leur étude. Les intervalles de confiance restent larges pour les projections de base. Et précisons qu’aucun des scénarios testés ne réduit les blessures attendues en dehors de ces marges statistiques. Il faudra donc d’autres études pour mieux saisir l’impact des véhicules autonomes sur la santé publique, notamment sur les autoroutes où ont lieu les accidents les plus graves.
Les voitures autonomes ne sont pas parfaites mais elles n’envoient pas de SMS au volant, ne s’endorment pas sur l’autoroute et ne prennent pas le volant après une soirée arrosée.
- Une étude publiée dans JAMA Surgery estime que, sur la période 2025 à 2035, les voitures autonomes pourraient éviter environ un million de blessés aux États-Unis.
- Dans leurs scénarios, les auteurs parlent d’environ 67 000 blessures évitées si 1 % du parc devient autonome, et d’un peu plus d’un million si on monte à 10 %.
- L’estimation s’appuie sur des données de Waymo et une analyse de Swiss Re, mais l’étude rappelle que ce sont des projections avec une incertitude importante.
Source : JAMA Surgery
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