« Pas une arnaque » : faut-il se méfier de ce message de l’Assurance maladie que vont recevoir des millions de français ?

L’Assurance maladie envoie désormais un courriel à chaque remboursement. Le but est double, faire prendre conscience du coût réel de la santé et traquer les fraudes. On vous explique tout sur ce message.

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Assurance maladie
© Image IA d’illustration générée avec Gemini

Si vous recevez des courriels de l’Assurance maladie depuis quelques mois, ne paniquez pas. Ce n’est pas du phishing. Depuis fin septembre 2025, l’organisme envoie un courriel à tous les assurés dès qu’un ou plusieurs remboursements ont été effectués en leur nom au cours des dix à quinze derniers jours. Le mail ne précise pas le montant des soins. Il se contente d’inviter l’assuré à se connecter à son compte Ameli pour vérifier le détail.

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L’Assurance maladie va vous envoyer ce message, ce n’est pas une arnaque

Marc Scholler, directeur délégué de l’Assurance maladie en charge de l’audit, des finances et de la lutte contre la fraude, a expliqué les raisons de cette initiative au Parisien en 2025. Le premier objectif est de sensibiliser les Français au coût réel de la santé. Avec le tiers payant, la plupart des consultations semblent gratuites. On paie rarement de sa poche et on ne regarde jamais le détail sur Ameli. Sauf que derrière chaque consultation, ce sont les cotisations des salariés et des entreprises qui financent le système via la solidarité nationale.

Le second objectif est la lutte contre la fraude. En 2024, l’Assurance maladie a détecté et bloqué 628 millions d’euros de fraudes. C’est un record, en hausse de 35 % par rapport à 2023. Depuis 2021, les résultats ont presque triplé. Sur ce montant, 263 millions d’euros ont été bloqués avant même que les versements ne soient effectués, soit une progression de 55 % en un an.

Les chiffres contredisent une idée reçue. 52 % des fraudes sont commises par des assurés, mais elles ne représentent que 18 % du total en euros, soit 109 millions alors que l’État renforce la répression. Les professionnels de santé ne commettent que 27 % des fraudes en nombre, mais ils concentrent 68 % du préjudice financier, soit 397 millions d’euros. Le secteur de l’audioprothèse est le plus touché avec 115 millions d’euros de fraudes détectées en 2024. C’est cinq fois plus qu’en 2023. Les infirmiers arrivent ensuite avec 56 millions, puis les pharmaciens avec 62 millions, les transporteurs sanitaires avec 42 millions et les centres de santé avec 39 millions. Les chirurgiens-dentistes cumulent 14 millions d’euros de fraude.

Marc Scholler a donné un exemple concret. Un patient se rend dans un centre dentaire pour un simple détartrage facturé 40 euros. Deux jours plus tard, il consulte son compte Ameli et découvre qu’on lui a facturé 8 000 euros de prothèses dentaires jamais posées. C’est exactement ce type de fraude que le nouveau système de notification cherche à combattre. Avec un mail à chaque remboursement, l’Assurance maladie transforme 40 millions d’assurés en autant de contrôleurs potentiels.

Comment signaler un remboursement suspect de l’Assurance maladie ?

Pour signaler un remboursement suspect, il faut se rendre sur son compte Ameli. L’assistant virtuel ameliBot permet de sélectionner l’option « Signaler un remboursement ». Un formulaire apparaît avec le motif « Remboursements des soins » pour informer l’administration d’un acte médical ou d’un soin qui n’a pas eu lieu. Dès le premier trimestre 2026, un bouton de signalement sera directement intégré à la rubrique « Mes paiements » d’Ameli pour simplifier encore la procédure.

Le contexte financier rend cette initiative d’autant plus urgente. Le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale a atteint 15,3 milliards d’euros en 2024. Selon le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale, la fraude réelle pourrait atteindre 4 milliards d’euros par an, soit plus de six fois les montants détectés. En 2024, 20 000 actions contentieuses ont été lancées, le double de 2023. On parle de 8 400 procédures pénales et 7 000 pénalités financières. Les sanctions peuvent désormais atteindre 300 % du montant de la fraude grâce à la loi de financement de la Sécurité sociale 2023.

Les malades sont régulièrement contacté par l’Assurance maladie

L’Assurance maladie ne se contente pas de mails. En juin 2025, l’organisme a contacté 500 000 assurés atteints de maladies chroniques pour leur rappeler l’importance de consultations régulières avec leur médecin. Le système ASAFO-Pharma, lancé en 2024, permet aussi aux pharmaciens de signaler les fausses ordonnances. Plus de 7 300 cas suspects ont été détectés depuis août 2024. L’ordonnance numérique, avec 56 millions d’exemplaires créés, améliore la traçabilité des prescriptions. Le déploiement progressif de la carte Vitale biométrique vient compléter le dispositif pour lutter contre les usurpations d’identité.

En résumé, si vous recevez un courriel de l’Assurance maladie, vérifiez vos remboursements sur Ameli. Il ne vous sera jamais demandé de cliquer sur un lien pour saisir vos coordonnées bancaires. L’Assurance maladie ne demande jamais ce type d’information par mail. Si c’est le cas, c’est du phishing.

  • Depuis fin septembre 2025, l’Assurance maladie envoie un mail quand un ou plusieurs remboursements ont été effectués en votre nom sur les dix à quinze derniers jours.
  • Le mail ne donne pas le montant, il invite à se connecter à Ameli pour vérifier le détail et repérer un remboursement suspect.
  • L’objectif est aussi de traquer la fraude, l’Assurance maladie dit avoir détecté et bloqué 628 millions d’euros en 2024 et un bouton de signalement doit arriver dans « Mes paiements » au premier trimestre 2026.

Source : Le Parisien

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