La hausse du prix de l’électricité pousse beaucoup de foyers français à pirater le compteur Linky. Pourtant, il s’agit d’une pratique illégale qui peut avoir de très graves conséquences. On vous explique pourquoi, malgré la tentation de faire des économies, mieux vaut éviter cette méthode.

Malgré le tarif réglementé de l’électricité mis en place depuis le 1er février 2025, de nombreux foyers français sont tentés par la modification du Linky. Sur les réseaux sociaux comme WhatsApp, Telegram ou Snapchat, des personnes proposent d’effectuer cette manipulation pour sous-évaluer la consommation réelle, et donc payer moins cher. Certains promettent des réductions jusqu’à 70 %.
Coupure d’électricité si vous refusez le contrôle d’un Linky soupçonné d’être manipulé
Pourtant, cette démarche expose à de graves sanctions et Enedis tire la sonnette d’alarme. Le gestionnaire du réseau estime ses pertes à 250 millions d’euros depuis 2022. Pas d’autre choix que de créer une direction spécifique pour lutter contre ces fraudes.
Les conséquences judiciaires sont donc très salées puisque l’on parle d’un million d’euros d’amende et dix ans de prison pour vol d’énergie, surtout lorsque la fraude est organisée en réseau. Enedis porte toujours plainte contre les fraudeurs pour réclamer un remboursement et les frais de remise en conformité du Linky. La facture s’élève souvent à plusieurs milliers d’euros.
Preuve qu’Enedis ne rigole pas : à Valenciennes, un trentenaire est jugé pour avoir modifié des centaines de Linky. Les « clients » contactés étaient l’homme depuis Snapchat et étaient facturés entre 200 et 400 euros. Hauteur du préjudice : 150 000 euros.
Il existe aussi des risques autres que juridiques. Le piratage des Linky présente des risques mortels. En manipulant les composants électriques, vous vous exposez à des risques d’électrocution et d’incendie. Des formations en ligne proposées, parfois pour plus de 1 000 euros, comment flasher les compteurs connectés. Il y a aussi de faux techniciens Enedis qui opèrent illégalement et facturent même des interventions sans que le dispositif n’ait été modifié.
Enedis a donc renforcé ses moyens. L’entreprise prévoit de doubler ses effectifs pour lutter contre la fraude avec 500 collaborateurs en 2025 au lieu de 250, actuellement. Des contrôles auront lieu dans cinq régions pilotes : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Île-de-France, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
En cas de soupçon, les clients seront contrôlés par les équipes dédiées d’Enedis. Si un foyer refuse, l’entreprise procédera à une coupure d’électricité dans les dix jours qui suivent l’envoi d’une mise en demeure.
Source : Enedis
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