Le compteur Linky ne plaît pas à tout le monde. Certains s’en méfient en invoquant les ondes et d’autres l’accusent d’espionnage, refusant leur installation. Mais un autre phénomène se dessine depuis plusieurs années : trafiquer le dispositif pour faire des économies.

- De plus en plus de Français modifient leur compteur Linky pour faire des économies
- Cette méthode illégale est traquée par des agents dédiés mis en place par Enedis
- En tout, ce sont 100 000 compteurs Linky qui ont été modifiés selon TF1
Si vous trafiquez votre Linky, vous vous exposez à de la prison et à une forte amende. Mais les menaces ne dissuadent pas les consommateurs d’opter pour cette méthode. Manipuler le compteur permet de réduire la consommation énergétique transmise au fournisseur et donc la facture. Face à cette méthode illégale, Enedis a intensifié sa lutte.
Combien de compteurs Linky ont été modifiés illégalement ?
TF1 a suivi deux techniciens chargés de détecter les fraudes Linky, Thomas et Dimitri : « Entre l’entrée et la sortie du compteur, on a la présence d’un câble qui permet de détourner l’énergie, tout simplement. Et donc du coup, ça fait une réduction sur la facture », expliquent-ils lors d’une intervention.
Les techniciens ont notamment découvert le cas d’une propriétaire qui a réduit sa facture d’électricité de 70 % en trafiquant son Linky. Confrontée, celle-ci réagit : « D’accord, ok ! Je suis une voleuse… », avant de nier toute intervention : « Je ne comprends pas trop ce qui se passe puisque pour moi, ça, on ne l’ouvre pas. »
Mais alors combien de compteurs sont trafiqués par les fraudeurs ? Selon TF1, plus de 100 000 Linky ont été manipulés. Pour les identifier, Enedis a mis en place un système de détection dans ses bureaux à Puteaux.
Jean-Baptiste Noël, analyste sur le programme « pertes et fraudes » d’Enedis, détaille : « Chacun des points rouges fait référence à l’ensemble des suspicions. On peut ensuite zoomer et avoir davantage de détails pour essayer de localiser ces différentes fraudes.«
Bertrand Boutteau, directeur du programme « pertes et fraudes » d’Enedis, met en garde contre les dangers de ces manipulations : « La dérivation que vous mettez en place n’a pas été calculée, dimensionnée pour la quantité d’électricité qui va passer à travers. Vous risquez un échauffement et vous risquez un départ de feu. » Malgré ces risques, aucune sanction n’est actuellement prévue pour les fraudeurs, uniquement pour ceux qui effectuent cette manipulation contre rémunération.
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