Ce sont près de 11 heures d’images de surveillance de la cellule d’Epstein qui ont été publiées par le ministère étasunien de la Justice cette semaine. Les images se déroulent la nuit qui précède sa mort et sont présentées comme brutes. Mais selon une enquête de WIRED, les métadonnées ont des traces de modification, ce qui risque d’alimenter les théories du complot.

Les analyses de métadonnées de WIRED avec des experts indépendants et criminalistes vidéo montrent que les images ne viennent pas directement du système de surveillance de la prison. Le fichier a probablement été modifié avec Adobe Premiere Pro, sauvegardé à partir d’au moins deux vidéos sources, à plusieurs reprises, exporté, puis mis en ligne sur le site du ministère.
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La vidéo du suicide de Jeffrey Epstein a été modifiée selon les experts
Les experts expliquent que la nature exacte des modifications est floue et que les métadonnées ne prouvent pas de manipulations trompeuses. Il est possible que la vidéo ait simplement été traitée pour une diffusion publique en assemblant deux séquences. Toutefois, l’absence d’explications claires sur ce traitement complique le récit du ministère de la Justice.
Mike Rothschild, auteur spécialisé dans les théories du complot, explique : “Tout aspect de l’historique officielle qui n’est pas entièrement expliqué sera récupéré par les théoriciens du complot. Quelle que soit votre version de la conspiration Epstein, la vidéo l’alimentera.”
La procureure générale Pam Bondi a promis pendant des mois que des documents en lien avec Jeffrey Epstein seraient publiés. Beaucoup de personnes attendaient donc ces nouveaux détails potentiellement compromettants. Le mémo qui a été publié lundi confirme les conclusions établies : “Jeffrey Epstein a été trouvé dans sa cellule de Manhattan le 10 août 2019 après s’être suicidé en attendant son procès pour trafic sexuel.”
L’analyse réveille des détails troublants. Les fichiers de 21 Go montrent des signes de traitement avec un logiciel Adobe, selon des métadonnées qui référencent les extensions utilisées par le logiciel de montage vidéo. Les métadonnées indiquent que le fichier a été sauvegardé au moins 4 fois sur 23 minutes par un compte Windows appelé “MJCOLE~1”, le 23 mai 2025. La vidéo montre la zone commune et les cages d’escalier près de l’entrée de l’unité adjacente, mais aussi une zone de l’ascenseur du 9e étage. La cellule de Jeffrey Epstein n’était pas filmée directement.
Selon le mémo du ministère, les images confirment bien qu’entre le moment où Jeffrey Epstein a été enfermé vers 20 h le 9 août 2019 et entre 22 h 40 et 6 h 30 le lendemain, personne n’est entré dans l’étage de sa cellule. L’enregistrement a toutefois un élément notable : environ une minute d’image manque, de 23:58:58 à 00:00:00. La vidéo reprend immédiatement après.
Pendant une conférence de presse mardi, Pam Bondi explique que cette minute manquante provient d’un défaut du cycle quotidien du système de surveillance. Elle affirme qu’une minute manque chaque nuit. Seulement deux caméras étaient opérationnelles près de l’unité spéciale au moment où le personnel a trouvé Jeffrey Epstein pendu dans sa cellule.
Le rapport de l’inspecteur général n’a trouvé aucune preuve de conspiration pour tuer l’homme qui était accusé de trafic sexuel. On lit seulement que cet établissement avait des années de dysfonctionnement et autres défaillances. Le théoricien du complot Alex Jones qualifie ce mémo du ministère : “Ensuite le ministère dira : ‘En fait, Jeffrey Epstein n’a jamais existé.’”
Mike Rothschild explique : “Dans le monde des théories du complot, les preuves qui réfutent que quelque chose se soit passé deviennent la preuve que quelque chose s’est passé.” Tous les éléments qui pointent vers un suicide, comme la négligence du personnel, le délabrement des caméras ou le rapport de l’expert légiste, se transforment en preuve qu’il a été tué par des figures puissantes pour couvrir leurs traces.
Un expert criminaliste très connu qui a examiné les métadonnées, confirmé l’analyse de WIRED, explique sous couvert d’anonymat : “Cela semble suspect, mais pas autant que le refus du ministère de répondre à des questions de base sur ce sujet.”
Source : WIRED
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