DeepSeek : 20 ans de prison si vous utilisez l’IA, ce projet de loi ne rigole pas

Finir derrière les barreaux pour avoir utilisé DeepSeek ? C’est le projet de loi du sénateur républicain du Missouri, Josh Hawley. Le texte souhaite interdire l’importation et l’exportation de produits d’IA avec la Chine. En cas d’adoption, télécharger un modèle développé en Chine pourrait être puni de jusqu’à 20 ans de prison et un million de dollars d’amende.

DeepSeek
© Envato

La guerre bat son plein entre les États-Unis et la Chine avec des tensions exacerbées depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir. DeepSeek a créé un raz-de-marée, provoquant l’effondrement des bourses de grosses sociétés technologiques. C’est dans ce climat déjà tendu que Josh Hawley propose son texte de loi.

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Un projet de loi pour interdire l’utilisation de DeepSeek

Kevin Bankston, conseiller senior en gouvernance de l’IA au Centre pour la Démocratie et la Technologie, estime qu’il s’agit d’une attaque “contre l’idée même d’un dialogue scientifique et d’échange technologique avec la Chine autour de l’IA, avec des sanctions désastreuses pour les chercheurs et les utilisateurs, mais aussi des implications troublantes pour l’avenir de la liberté d’expression en ligne et la recherche”.

“Decoupling America’s Artificial Intelligence Capabilities from China Act” a été présenté mercredi dernier comme projet de loi. Josh Hawley affirme dans un communiqué que “chaque dollar et chaque octet de données qui va vers une IA chinoise sera utilisé contre les États-Unis, à terme”. Le sénateur républicain ajoute que “l’Amérique ne peut pas se permettre de renforcer son plus grand adversaire au détriment de sa propre puissance” alors que DeepSeek est accusé de générer des réponses dangereuses.

Ce qui explique pourquoi ce projet de loi est explicitement motivé par le lancement de DeepSeek qui a même fait réagir Donald Trump. La Chine a créé l’IA pour un coût moindre avec des accès limités aux puces avancées. Josh Hawley estime qu’il s’agit d’un “modèle à bas prix qui collecte les données, suscite l’inquiétude mondiale et fait chuter les actions technologiques étasuniennes”.

Le projet de loi souhaite interdire l’import-export de technologies d’IA avec la Chine, bloquer les entreprises étasuniennes de mener des recherches sur la technologie en Chine ou de coopérer avec des entreprises chinoises et interdire d’investir dans le développement des modèles chinois.

Si le texte précise que les sanctions ont lieu lors d’actes “délibérés”, Kevin Bankston reste inquiet : “Il pourrait s’appliquer à quiconque télécharge DeepSeek en sachant qu’il provient de Chine, avec des sanctions pénales allant jusqu’à un million de dollars ou 20 ans de prison, sans compter d’éventuelles sanctions civiles pouvant toucher même des ‘importateurs’ accidentels.”

Kit Walsh, directrice des projets juridiques IA à Electronic Frontier Foundation, s’inquiète de l’impact de ce projet de loi sur la recherche : “La loi menace le développement et la publication des avancées en IA aux États-Unis, particulièrement le développement ouvert et collaboratif de ces technologies en dehors des systèmes propriétaires des géants de la tech.”

Bien évidemment, le projet de loi est aussi une posture politique. Mais le soutien bipartisan à des mesures qui visent la Chine est réel : par exemple, l’interdiction de TikTok. Si elle semblait improbable, elle a finalement été votée par le Congrès et signée par le président.

Source : 404 Media

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