Les Tesla sont trop souvent en excès de vitesse, c’est pourquoi la France bloque son FSD

La France refuse le FSD de Tesla et Philippe Tabarot, ministre des Transports, explique pourquoi. C’est dans une vidéo de près de 5 minutes que le ministre détaille ce refus. Deux reproches : les excès de vitesse de la conduite autonome et un manque d’attention des automobilistes.

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Tesla Full Self Driving Autopilot FSD France
© Unplash
  • La France refuse d’autoriser le FSD de Tesla, car le système peut dépasser les limites de vitesse sans validation du conducteur.
  • Philippe Tabarot pointe aussi un manque d’attention en ville, alors que le conducteur reste pénalement responsable en cas d’accident.
  • Paris attend une homologation européenne, malgré l’autorisation déjà donnée aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark, en Estonie et en Lituanie.

Tout part d’une question posée au gouvernement. Pour le contexte, le site Agora a partagé les questions des citoyens aux ministre, avec des réponses en vidéo. Un internaute appelé Ludovic a demandé si la France autoriserait la conduite autonome supervisée de Tesla, soit le FSD. Sa question parlait des vies sauvées par la baisse des erreurs humaines.

Est-ce que la conduite autonome (FSD) de Tesla est dangereuse ?

Est venue la réponse de Philippe Tabarot, le jour des résultats trimestriels de Tesla. Le ministre des Transports reconnaît des progrès techniques, « mais les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état ».

Le premier reproche concerne la vitesse. « Nous avons constaté que le système permet d’effectuer des dépassements de vitesse », explique Philippe Tabarot. Le ministre donne un exemple simple. Dans une zone où la vitesse est limitée à 50 km/h, la Tesla suit le trafic qui roule à 70 km/h. Le conducteur n’est pas consulté. « Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Le code de la route n’est donc pas respecté », conclut Philippe Tabarot.

Le deuxième reproche est le manque d’attention. Selon les données du ministère, impossible de « garantir un niveau d’attention optimal du conducteur en ville ». Les manœuvres complexes en ville aggravent ce constat, entre les changements de voie, les intersections et les ronds-points.

Le sujet inquiète les autorités françaises, puisque le conducteur d’une Tesla sous FSD est pénalement responsable en cas d’accident.

Est-ce que la France va finalement autoriser le FSD de Tesla ?

La porte n’est pas fermée pour autant. Philippe Tabarot précise que les échanges avec Tesla se poursuivent et que d’autres pays européens partagent les conclusions françaises. La France préfère attendre une homologation à l’échelle de l’Union européenne au lieu de valider la dérogation nationale des Pays-Bas.

Dès 2027, le ministre veut même un cadre pour les véhicules totalement autonomes, sans supervision humaine. À l’automne 2026, une concertation réunira les acteurs du secteur pour préparer ce cadre. Le calendrier des voisins met la France sous pression. Au printemps 2026, les Pays-Bas ont autorisé le FSD, ce sont les premiers en Europe. Ensuite, quatre pays ont suivi en quelques mois. On parle de la Lituanie, de l’Estonie, du Danemark et de la Belgique.

En juin 2026, la Belgique a fermé cette liste de pays. Les propriétaires français de Tesla n’ont aucune date. Ils ne profitent même pas des statistiques de conduite autonome ajoutées par la grande mise à jour de l’été, bloquées faute d’homologation.

Le dossier sécurité de Tesla n’aide pas le constructeur. Il faut dire que la NHTSA surveille la sécurité du FSD dans le brouillard et face à l’éblouissement. Cette agence étatsunienne de la sécurité routière contrôle 3,2 millions de véhicules.

Est-ce que la conduite autonome de Tesla a déjà causé des accidents ?

Tesla répond avec la mise à jour qui déclenche les airbags avant l’impact. Le constructeur vante ses statistiques de sécurité. Sauf que voilà, les robotaxis de Tesla ont cumulé 14 accidents à Austin en huit mois de service. Ces chiffres pèsent dans l’évaluation des régulateurs européens.

Le FSD attendra en France, sans calendrier. Résultat, Tesla se prive d’un pack de conduite autonome vendu plusieurs milliers d’euros sur un marché entier. Le constructeur met en avant sa fiabilité, avec des véhicules capables d’atteindre 400 000 km selon une étude récente. Les conducteurs français jugeront sur la route, quand Paris et Bruxelles donneront leur accord.

Source : Agora

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