Israël prépare une version aéroportée de son laser Iron Beam. Elbit Systems a décroché un contrat du ministère de la Défense israélien. Le groupe installera son laser de haute puissance sur des avions de chasse et des hélicoptères. Bezhalel Machlis, PDG d’Elbit Systems, l’a révélé lors de la présentation des résultats annuels du groupe.

- Israël prépare une version aéroportée de son laser Iron Beam, installée sur des F-15, F-16 et hélicoptères.
- L’objectif est de dépasser les limites météo du laser au sol et d’intercepter drones, roquettes ou missiles plus loin des frontières.
- L’enjeu principal reste le coût : quelques dollars par tir laser contre des dizaines de milliers pour un missile intercepteur.
Le projet se décline en deux versions. XCalibur vise les chasseurs, avec un module fixé sous des F-16 et des F-15. Sting équipe les hélicoptères. Les rendus du groupe montrent un module en position centrale sous un F-15.
Les chasseurs israéliens pourront tirer des lasers depuis les cieux
Elbit Systems mène cette fois le programme comme maître d’œuvre. L’entreprise fournissait déjà le faisceau de l’Iron Beam au sol à Rafael Advanced Defense Systems. Fin 2025, Elbit Systems a signé ce contrat aéroporté pour l’armée de l’air israélienne. Le groupe a dévoilé la nouvelle avec un chiffre d’affaires record de 7,94 milliards de dollars.
Un laser au sol garde un défaut majeur. La pluie, le brouillard et la poussière dispersent le faisceau et réduisent sa portée. Résultat, en altitude, l’arme passe au-dessus des nuages et retrouve son efficacité. Bezhalel Machlis résume l’idée : plus l’avion monte, moins l’humidité gêne le tir. Il faut dire que la portée au sol plafonne autour de 7 à 10 km. Un avion élargit cette bulle et frappe les menaces plus loin des frontières.
L’argument décisif reste le coût. Au sol, un tir d’Iron Beam revient à environ 3,50 dollars d’électricité. Un missile intercepteur Tamir du Dôme de Fer coûte 40 000 à 50 000 dollars. On parle d’un écart de plusieurs milliers de dollars à chaque interception.
Une solution moins coûteuse contre les essaims
Un drone improvisé coûte quelques centaines de dollars, l’intercepteur qui l’abat des dizaines de milliers de dollars. Quand un adversaire lance des essaims entiers, chaque missile coûteux vide les stocks. Le laser tire tant qu’il reste alimenté en électricité. Les guerres en Ukraine et en mer Rouge ont montré cette usure des munitions.
Pour rappel, l’Iron Beam est un laser de 100 kilowatts développé par Rafael Advanced Defense Systems avec Elbit Systems. Elbit Systems se présente comme le centre laser d’Israël. En décembre 2024, l’Iron Beam a été lancé, opérationnel au sol.
Début mars, Israël a activé le laser à grande échelle contre des roquettes et des drones du Hezbollah. Elbit Systems a aussi employé ses drones Hermes 900 au-dessus de Téhéran pendant la guerre entre Israël et l’Iran. Depuis 2020, le pays cherche une arme laser aéroportée, montrée dans une vidéo officielle contre un départ de missile.
Mais ce n’est pas tout, Israël n’avance pas seul sur ce terrain. Dès 2027, le Royaume-Uni installera son laser DragonFire de 50 kilowatts sur ses destroyers Type 45, pour environ 10 livres le tir.
D’autres pays utiliseront cette stratégie
Le Royaume-Uni deviendra le premier pays en Europe à déployer un laser en service. La marine des États-Unis a testé le laser HELIOS de Lockheed Martin à bord de l’USS Preble. L’Ukraine développe son laser Tryzub contre les drones Shahed russes. L’Inde et la Corée du Sud avancent aussi sur des lasers anti-drones. Sauf que voilà, ces armes restent au sol ou en mer. Israël pousse l’un des rares lasers pensés pour le combat aérien.
Les États-Unis ont déjà tenté l’aventure du laser aéroporté. En 2010, le Boeing YAL-1, un 747 modifié, a détruit deux missiles d’essai, avant l’arrêt du programme pour son coût. Le laser chimique du 747 pesait trop lourd et coûtait trop cher. Le projet SHiELD s’est arrêté sans arme opérationnelle.
Le futur chasseur F-47 embarquera un laser défensif contre les missiles adverses, grâce à un moteur capable de fournir plusieurs centaines de kilowatts. Le programme F-47 avance vite chez Boeing. Le laser aéroporté est la prochaine étape, poussé par le coût et par la guerre des drones.
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