IPTV illégale : LaLiga voulait punir NordVPN, la justice espagnole a refusé

NordVPN échappe aux amendes que LaLiga voulait lui imposer en Espagne. Le tribunal de commerce de Cordoue a rejeté la demande de sanctions financières déposée par la ligue de football espagnole contre le fournisseur de VPN.

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NordVPN Ligua
© Image IA d’illustration générée avec ChatGPT / BuzzArena
  • La justice espagnole refuse d’imposer des amendes coercitives à NordVPN, car le tribunal estime qu’un vrai désaccord technique existe sur la faisabilité du blocage exigé par LaLiga.
  • NordVPN avance que les adresses IP pirates changent très vite et qu’un blocage massif risquerait de rendre inaccessibles des milliers de sites légaux, un risque déjà constaté avec Cloudflare, Vercel, GitHub ou Docker.
  • L’injonction de février reste en vigueur et la procédure principale continue, mais cette décision pose une première limite technique claire au blocage des VPN en Espagne.

Le juge a estimé qu’un véritable désaccord technique existait sur la faisabilité du blocage exigé. La décision relance le bras de fer entre les ayants droit du sport et les services qui masquent l’adresse IP des internautes comme NordVPN.

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La justice espagnole donne raison à NordVPN contre LaLiga

En février 2026, le tribunal de commerce de Cordoue a classé les VPN comme des intermédiaires techniques. La décision a ordonné à NordVPN et à Proton VPN de bloquer activement les adresses IP qui hébergent les diffusions illégales de matchs. Il s’agit de seize sites de diffusion pirate identifiés par LaLiga et par Telefónica Audiovisual Digital, son partenaire de diffusion.

Les deux fournisseurs ont contesté la compétence du tribunal espagnol, car les deux entreprises sont domiciliées hors de l’Union européenne. Une situation comparable s’est produite en France, où NordVPN et Surfshark ont été sommés de bloquer seize sites illégaux sur décision du tribunal judiciaire de Paris.

LaLiga reprochait à NordVPN de ne pas avoir appliqué l’ordonnance de février. La ligue a donc réclamé des amendes coercitives pour forcer le fournisseur à exécuter le blocage. Sauf que voilà, le juge de Cordoue a refusé cette demande. Le tribunal n’a pas pu conclure que NordVPN a délibérément enfreint l’ordonnance.

NordVPN a défendu deux arguments techniques devant la cour. On parle d’adresses IP signalées qui changent souvent en quelques heures, donc les listes fournies ne correspondent plus aux adresses actives au moment du blocage. Le blocage massif des adresses IP rendrait aussi des milliers de sites légaux inaccessibles aux internautes en Espagne et au-delà. En France, Canal+ et la LFP ont déclaré la guerre aux VPN sur la base de l’article L. 333-10 du code du sport.

« Cette décision confirme ce que nous affirmons ouvertement depuis le début, les préoccupations techniques sont réelles et documentées, et un tribunal espagnol le reconnaît aujourd’hui », écrit NordVPN dans un communiqué.

NordVPN se félicite de cette victoire judiciaire

En clair, le fournisseur présente cette décision comme une validation de ses avertissements sur le surblocage. La version du tribunal reste plus nuancée. Le juge a accepté les preuves techniques de NordVPN comme pertinentes mais a accordé « la même considération » aux deux rapports avant d’aboutir à « la conclusion opposée ».

Mais ce n’est pas tout puisque NordVPN insiste sur le caractère limité de cette décision. Il faut dire que le fournisseur la qualifie de procédurale, rendue au stade préliminaire, sans jugement sur le fond. La procédure principale reste à venir.

LaLiga a confirmé que la décision écarte seulement les amendes coercitives pendant que l’affaire continue. La ligue précise que NordVPN n’est pas dispensé d’appliquer les blocages dès que la preuve du piratage est apportée. L’injonction de février demeure en vigueur. La pression sur les sites pirates ne faiblit pas pour autant, comme le montre le blocage de 21 sites pirates pour Roland-Garros ordonné par le tribunal judiciaire de Paris.

La guerre contre les VPN est lancée en Europe

Et pour cause, l’opposition au système de blocage espagnol grandit bien au-delà de cette seule affaire. Le surblocage a déjà rendu inaccessibles des services légaux chez Cloudflare, Vercel, GitHub et Docker pendant les fenêtres de diffusion des matchs.

Pour rappel, le surblocage de Cloudflare a déclenché un mouvement de contestation. Résultat, le 29 avril 2026, une commission du Congrès espagnol a adopté une motion non contraignante qui demande au gouvernement de réformer la loi sur les services numériques. Le texte introduit un principe de « proportionnalité technique » pour limiter le surblocage.

Cette bataille espagnole n’est pas isolée en Europe. Le mécanisme de blocage dynamique a neutralisé plus de 1 100 sites miroirs en France au cours de l’année 2025. Bref, l’étau se resserre sur les VPN partout en Europe. Mais la justice espagnole pose pour la première fois une limite technique claire. Reste à savoir si le jugement sur le fond confirmera ces objections quand l’affaire sera examinée en profondeur.

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Source : TorrentFreak

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