L’Europe a deux ans pour bâtir son infrastructure d’IA. Sinon, elle deviendra un État vassal des États-Unis. Le 12 mai 2026, Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de Mistral AI, a tenu ce discours devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale « sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France«

- Le 12 mai 2026, Arthur Mensch, patron de Mistral AI, a averti devant l’Assemblée nationale que l’Europe a deux ans pour bâtir son infrastructure d’IA sous peine de devenir un « État vassal » des États-Unis.
- Le cofondateur de Mistral AI estime que la bataille de l’IA se joue autour des puces, de l’électricité et des centres de données.
- Arthur Mensch critique aussi une réglementation européenne trop lourde, qui favoriserait les géants étas
L’audition a duré plus de deux heures à l’Assemblée nationale. Audrey Herblin-Stoop, directrice des affaires publiques de Mistral AI, accompagnait Arthur Mensch dans cet échange. À 33 ans, le cofondateur de Mistral AI présente l’IA comme une industrie lourde qui transforme l’électricité en intelligence.
Si rien n’est fait dans 2 ans, l’Europe sera dépendante à l’IA des États-Unis
« Une fois que l’approvisionnement est monopolisé par les acteurs étasuniens, soudainement nous n’avons plus d’approvisionnement et nous ne pouvons plus transformer les électrons en tokens », a-t-il expliqué. L’IA exige des puces, des centres de données et une électricité massive. La France n’est pas démunie face à cet enjeu et la direction interministérielle du numérique a engagé la migration de Windows vers Linux dans cette même logique de désengagement étasunien.
Le combat se joue sur trois fronts. Il s’agit des puces, des électrons et des centres de données. « Les Étasuniens déploient un trillion l’année prochaine », a martelé Arthur Mensch. « Celui qui contrôle les puces, qui contrôle les électrons, qui a un accès massif à l’énergie, c’est celui qui gagne. »
Les opérateurs cloud étasuniens signent déjà des contrats long terme avec EDF et les fournisseurs d’énergie européens. On parle de près de 9 GW du surplus électrique français qui sont ciblés par ces acteurs. Mistral AI vise une capacité d’un gigawatt à l’horizon 2029, ce qui ne suffit pas à l’échelle de l’Europe.
Le patron de Mistral AI a aussi avancé un chiffre fort. La consommation d’IA atteint déjà 10 % de la masse salariale de son entreprise. Sur le périmètre européen d’ici trois à quatre ans, cela représente environ 1 000 milliards d’euros par an. Cette somme s’ajoutera mécaniquement au déficit commercial européen sur les services numériques.
Et pour cause, l’Europe importe déjà la majorité de ses services numériques des États-Unis. L’IA n’est pas une technologie comme les autres, c’est l’infrastructure productive de l’économie de demain pour le patron de Mistral AI. Pour rappel, la sortie des outils étasuniens a déjà permis à la gendarmerie nationale d’économiser 500 millions d’euros avec Linux sur vingt ans.
L’Europe bloque l’innovation IA selon le dirigeant de Mistral AI
Sauf que voilà, l’Europe est aussi son propre obstacle selon Arthur Mensch. La réglementation européenne est lourde et fragmentée, selon lui. L’AI Act impose vingt-sept organes nationaux d’application et des centaines de documents pour s’implanter sur le Vieux continent.
Résultat, le cadre favorise les acteurs aux services juridiques solides… donc les géants étasuniens. Le marché des capitaux pose un autre problème. L’absence de grands fonds de pension européens contraint les entreprises technologiques à dépendre d’investisseurs étrangers.

« Si nous n’agissons pas assez vite, nous nous retrouverons dans une situation où nous n’aurons plus le choix« , a prévenu le cofondateur de Mistral AI. Dans le même esprit, le fisc français étudie sa migration vers Linux pour réduire sa dépendance à Microsoft.
Le constat d’Arthur Mensch rejoint une dynamique européenne plus large. « Dans un monde où vous importez la totalité de vos services numériques depuis les États-Unis, vous n’avez pas de levier sur les États-Unis », a-t-il conclu devant les députés. Bruxelles multiplie les initiatives pour réduire les dépendances stratégiques. Depuis le 28 mars 2026, l’Europe a lancé la mission Celeste pour se passer du GPS étasunien avec deux premiers satellites en orbite.
En 2023, Arthur Mensch a fondé Mistral AI avec Guillaume Lample et Timothée Lacroix. Les trois anciens chercheurs de Google DeepMind et de Meta ont propulsé l’entreprise à une valorisation d’environ 14 milliards de dollars.
Mistral AI a tout du candidat parfait pour représenter l’Europe
En clair, c’est le seul laboratoire européen capable d’entraîner des modèles de fondation face aux géants étasuniens. Le 8 avril 2026, la startup parisienne a signé un partenariat avec le Groupe Caisse des Dépôts pour renforcer la souveraineté numérique à travers l’IA générative.
Bref, le compte à rebours est lancé pour Bruxelles. Arthur Mensch a partagé son analyse et son ultimatum de deux ans. Désormais, soit l’Europe construit son infrastructure d’IA dans les deux ans, soit elle subit la dépendance aux étasuniens pour les décennies à venir.
Source : Business Insider
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