Après la Gendarmerie, l’administration française passe sous Linux et dit adieu à Windows

La DINUM a annoncé la migration de ses postes de travail de Windows vers Linux. La décision a été prise lors d’un séminaire interministériel le 8 avril 2026. Tous les ministères proposeront une feuille de route d’ici l’automne pour réduire les dépendances aux outils étasuniens.

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  • La DINUM va migrer ses postes de travail de Windows vers Linux après la décision prise le 8 avril 2026.
  • Tous les ministères devront remettre d’ici l’automne une feuille de route pour réduire leur dépendance aux outils étasuniens.
  • L’État veut aussi remplacer progressivement Teams, Zoom et Google Meet par des alternatives françaises ou européennes d’ici 2027.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a été très clair. Il explique que « l’Etat ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il faut en sortir. Nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques. »

L’État français veut en finir avec la dépendance aux technologies étasunienne

Le séminaire du 8 avril a réuni la DINUM, l’ANSSI, la Direction Générale des Entreprises et la Direction des Achats de l’Etat autour d’une seule question. En gros, comment la France se débarrasse de sa dépendance à Microsoft et aux outils étasuniens ? Surtout en pleine Amérique trumpiste où les alliés d’hier sont ennemis et se rapprochent de régimes comme la Russie.

La première mesure est la migration des postes de la DINUM vers Linux. C’est la direction interministérielle du numérique qui montre l’exemple. Le choix de la distribution Linux n’est pas encore arrêté et c’est un vrai problème. Il faut dire que la plupart des distributions Linux sont développées par des entités extraeuropéennes.

La Fondation Linux elle-même a son siège à San Francisco. Ubuntu est sud-africain et Red Hat appartient à IBM. L’Etat français choisira entre une distribution existante et le développement d’une solution maison. La Gendarmerie nationale a déjà fait ce choix il y a plus de 17 ans avec GendBuntu, une version personnalisée d’Ubuntu. Le retour d’expérience est positif et les économies sur les licences Microsoft sont considérables. Et Linux ne cesse de progresser en France avec plus de 5 % de parts de marché sur PC en janvier 2026.

La France cherche à s’affranchir au maximum des logiciels étasuniens

La migration ne se limite pas au poste de travail. On parle d’une refonte complète des outils de communication de l’Etat. Il y a quelques jours, la Caisse nationale d’Assurance Maladie a annoncé que ses 80 000 agents passeraient sur Tchap pour la messagerie, Visio pour les réunions et FranceTransfert pour l’échange de fichiers.

En janvier 2026, David Amiel a déjà officialisé la généralisation de Visio pour les 2,5 millions d’agents de la fonction publique d’Etat. En clair, Teams, Zoom et Google Meet seront abandonnés d’ici 2027. La fin du support de Windows 10 pousse déjà des millions d’utilisateurs vers des alternatives et l’Etat suit le mouvement. La plateforme des données de santé, hébergée par Microsoft, basculera vers une solution européenne avant fin 2026.

Sauf que voilà, la route sera longue. Chaque ministère a jusqu’à l’automne pour remettre sa feuille de route sur sept axes critiques. La Direction des Achats de l’Etat cartographiera toutes les dépendances logicielles extraeuropéennes. La Direction Générale des Entreprises définira ce que « service numérique européen » veut dire en pratique.

La ministre Anne Le Hénanff a lancé une consultation en avril pour poser les critères. La localisation du siège social, l’hébergement des données et la juridiction applicable font partie des pistes. « La souveraineté numérique n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique » a déclaré la ministre.

Mais la route est encore longue pour la France

Le contexte géopolitique explique cette accélération. Le Cloud Act permet aux autorités étasuniennes d’accéder aux données stockées par ses entreprises, même sur des serveurs en France. Il s’agit d’un risque juridique que l’Etat ne peut plus ignorer. 83 % des dépenses de cloud et de logiciels des entreprises européennes profitent à des acteurs étasuniens selon le Cigref. Microsoft Azure et Google Cloud détiennent près de 70 % du marché européen du cloud.

La France envoie un signal fort. Mais la promesse reste fragile. L’administration française utilise Windows depuis des décennies et la grande majorité de ses applications sont conçues pour cet environnement.

La DGFiP, qui gère les données fiscales de dizaines de millions de Français, envisage aussi de migrer ses postes sous Linux pour allonger leur durée de vie à six ou sept ans. En juin 2026, la DINUM organisera les premières « rencontres industrielles du numérique » pour formaliser une alliance entre l’Etat et les entreprises françaises du logiciel libre. Reste à savoir si cette volonté politique survivra aux élections de 2027.

Source : numerique.gouv.fr

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