L’armée chinoise creuse son avance face à l’Occident sur l’informatique quantique militaire. Le 6 mai 2026, le Pentagone a publié un avis d’attribution pour blinder les protections cryptographiques du F-35 face à la menace.

- Le Pentagone veut renforcer la protection cryptographique du F-35 face à la menace de l’informatique quantique.
- Lockheed Martin doit mettre à jour le système de chiffrement embarqué avec des algorithmes capables de résister au calcul quantique.
- La Chine accélère dans le domaine avec des satellites quantiques, des réseaux quantiques et des recherches sur des radars capables de détecter les avions furtifs.
Lockheed Martin sera chargée de mettre à jour le système qui chiffre les données embarquées du chasseur. Une réponse tardive face à la stratégie de long terme de Pékin. Il s’agit de modifier le logiciel de l’In-Line File Encryption Device, le module qui chiffre et protège le code signé à l’intérieur des systèmes du chasseur.
La Chine creuse son avance quantique sur l’armée occidentale
L’objectif est l’intégration d’algorithmes capables de tenir face au calcul quantique. Pour rappel, les États-Unis ont déjà bloqué la vente de Rafale à l’Égypte à cause des composants ITAR dans les missiles Scalp. Et pour cause, Washington peut aussi immobiliser un F-35 allié à distance via son contrôle du cloud.
L’informatique quantique remet en cause les protections actuelles. Un ordinateur quantique de forte capacité pourra casser les algorithmes RSA et ECDSA utilisés dans la presque totalité des systèmes militaires occidentaux. La Chine investit massivement dans cette technologie depuis 2016.

Pékin a déployé des satellites quantiques, des réseaux fibres optiques quantiques et a publié plusieurs records mondiaux en calcul. En février 2025, l’Institute of Commercial Cryptography Standards a lancé un appel à algorithmes post-quantiques 100 % chinois pour contourner les standards étasuniens du NIST. Bref, Pékin construit sa propre route cryptographique pour ne plus dépendre de Washington.
Il faut dire que les enjeux sont massifs pour le F-35. L’appareil échange en permanence des données avec ses capteurs, son cloud, les autres avions de la flotte et les centres de commandement. Une faille cryptographique exposerait les missions, les routes de vol et les codes d’identification.
Des données interceptées maintenant et cassées plus tard
« Le risque actuel reste théorique. Les attaques quantiques pratiques restent encore loin des capacités technologiques actuelles », indique le National Security Journal. Sauf que voilà, la Chine peut intercepter aujourd’hui les communications chiffrées du F-35 pour les casser dans 5 ou 10 ans avec un ordinateur quantique opérationnel. Les données militaires gardent leur valeur sur des décennies.
Mais ce n’est pas tout puisque la course quantique va bien au-delà du F-35. La Chine prépare des radars quantiques capables de détecter les avions furtifs comme le F-35. Si ces radars sont opérationnels, l’avantage stratégique du chasseur étasunien s’effondrera.
Pékin développe aussi des applications militaires de l’IA quantique pour la sélection de cibles, l’analyse de données et la guerre électronique. Pour rappel, l’armée étasunienne a déjà testé des robots autonomes en première ligne au Maroc lors de l’exercice African Lion 26 pour expérimenter la guerre du futur.
En clair, l’Occident court derrière la Chine sur le quantique. En 2025, Microsoft a dévoilé sa puce Majorana 1 et a annoncé un million de qubits sur une seule puce comme objectif. La National Security Memorandum 10 du gouvernement étasunien fixe la migration vers la cryptographie post-quantique à 2035.
Quid de la France dans tout ça ?
Le coût estimé de l’opération atteint 7,1 milliards de dollars pour les seuls systèmes non militaires de l’État fédéral. La facture sera bien plus salée pour le matériel militaire comme le F-35. La France n’est pas en reste face à cette accélération. Le futur Rafale F5 prévu pour 2033 intègre un nouveau radar et un drone de combat furtif. Dassault Aviation veut aussi blinder son architecture logicielle face aux menaces de demain.
Reste à savoir si l’effort occidental tiendra la route. En 2025, le rapport RAND alertait déjà sur le retard pris par les armées alliées des États-Unis sur la cryptographie post-quantique. Le F-35 est le premier chasseur à recevoir un traitement quantique. D’autres armes étasuniennes suivront, mais le calendrier est serré.
Source : Defence Blog
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