Des pilotes de la force aérienne vietnamienne auraient volé sur Rafale B biplace à Mérignac, selon des sources non officielles. En début d’année 2026, les discussions entre Hanoi et Paris auraient avancé. L’enjeu serait un contrat de 24 à 40 avions, estimé entre 4 et 8 milliards de dollars. Dassault Aviation ne confirme rien mais ne démend pas non plus.

- Le Vietnam négocierait avec Dassault Aviation un contrat de 24 à 40 Rafale, estimé entre 4 et 8 milliards de dollars.
- L’appel d’offres vise à remplacer des avions russes vieillissants comme les Su-22 et Su-27.
- Hanoi étudie aussi le Su-57 russe, ce qui pourrait retarder une décision malgré l’intérêt pour le Rafale.
Que le Vietnam accède à l’avion de cette manière n’est pas rien. Dassault Aviation ne proposerait pas de vol en place arrière du Rafale à des pays qui explorent simplement le marché. C’est un privilège pour les clients qui ont prouvé leur intérêt avec de longues démarches. En 2018, deux Rafale avaient effectué une escale au Vietnam lors d’un déploiement de l’armée de l’air française dans la région. Paris prépare ce marché depuis plusieurs années.
L’Inde songe au Rafale français pour remplacer sa flotte
L’armée de l’air vietnamienne exploite environ 70 avions de combat, presque tous d’origine soviétique ou russe. Le Su-30MK2 constitue l’essentiel de la flotte, avec une trentaine à une quarantaine d’appareils. Les Su-22 ont été impliqués dans plusieurs accidents récents.
Les Su-27, au nombre d’une dizaine, souffrent d’obsolescence face aux avions de quatrième génération adverses. Le Vietnam chercherait à remplacer ces deux flottes. L’appel d’offres porte sur deux escadrons, soit 24 à 40 appareils.
L’Indonésie a signé un contrat de 42 Rafale pour plus de 7 milliards d’euros en 2022. En début d’année 2026, les premières livraisons ont débuté. Cette commande aurait ouvert un canal diplomatique avec Hanoi. Il faut dire que Dassault Aviation a livré 26 Rafale en 2025, au-delà de l’objectif de 25, et vise 5 appareils par mois en 2030. Le carnet de commandes atteint 46,6 milliards d’euros. Un contrat au Vietnam s’inscrirait dans cette dynamique.
Le Vietnam regarde aussi du côté des avions russes
Sauf que voilà, le Vietnam évaluerait aussi le Su-57 russe. Hanoi ne cherche pas simplement à remplacer une flotte russe par une française. Le Su-57 offre des avantages logistiques évidents avec une infrastructure compatible, une maintenance dans des cadres maîtrisés et des armements interopérables.
Un Rafale impliquerait une rupture totale avec 50 ans de doctrine aérienne soviétique. Et pour cause, face aux J-16 et J-20 chinois qui grossissent en mer de Chine méridionale. Le Rafale F4 intègre un radar AESA, un système de guerre électronique SPECTRA et des capacités de combat collaboratif sans équivalent russe sur ce segment.
Un budget conséquent pour les finances du Vietnam
La France finance seule le développement du Rafale F5, après le retrait des Émirats fin 2025. Un contrat au Vietnam renforcerait la base d’exportation au moment où Paris assume seul les 5 milliards de développement. Rappelons que l’Inde négocie 114 Rafale en plus et que le SCAF reste dans l’impasse. Dassault Aviation a besoin de ces clients étrangers.
Le budget défense du Vietnam est estimé entre 6 et 10 milliards de dollars par an. Un contrat de 4 à 8 milliards représente entre six mois et plus d’un an de budget militaire total. Hanoi n’ira pas vite. Bref, même si un accord est signé en 2026, les premières livraisons ne commenceraient pas avant 2030, compte tenu du carnet de commandes de Dassault Aviation.
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