Mars en 45 jours ? La NASA officialise son projet de fusée nucléaire

Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA, a officialisé le projet Space Reactor-1 Freedom. L’agence spatiale va envoyer le tout premier vaisseau à propulsion nucléaire de l’histoire vers Mars. Le lancement est prévu avant la fin 2028.

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NASA Space Reactor-1 Freedom
© Unsplash

Jared Isaacman a posé les bases de ce virage il y a un an, lors d’une audition au Sénat. Selon lui, « la propulsion nucléaire est la clé du voyage dans l’espace lointain ». Il ajoutait que la NASA doit « sortir cette technologie des laboratoires ». C’est chose faite. Le projet SR-1 Freedom prouvera que la propulsion nucléaire électrique fonctionne dans de vraies conditions.

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La NASA officialise sa fusée nucléaire, direction Mars en 3 mois dès 2028

En gros, le vaisseau embarquera un réacteur nucléaire d’environ 25 kilowatts qui produira de l’électricité. Cette électricité alimentera des moteurs qui ionisent et accélèrent un gaz propulsif pour générer une poussée continue. C’est très différent d’une fusée classique qui brûle du combustible chimique en quelques minutes. Le réacteur nucléaire produit de l’énergie en continu sur des mois, voire des années.

Il y a deux avantages avec cette approche. D’abord, la vitesse. La propulsion nucléaire pourrait réduire le trajet vers Mars de six à neuf mois avec un moteur chimique à trois ou quatre mois. Certaines estimations vont même jusqu’à 45 jours. Ensuite, l’autonomie. Au-delà de Jupiter, les panneaux solaires ne captent plus assez de lumière pour alimenter un vaisseau. Le nucléaire résout ce problème. C’est la seule technologie qui permet des missions vers les planètes les plus éloignées du Soleil.

La NASA n’en est pas à ses débuts avec le nucléaire spatial. L’agence planche sur le sujet depuis les années 1950. Entre 1961 et 1973, le programme NERVA testait des moteurs thermiques nucléaires au Nevada. Quant au projet Orion dans les années 1960, il explorait l’idée de propulser un vaisseau par des micro-explosions atomiques. Plus récemment, le projet DRACO prévoyait un prototype de fusée nucléaire thermique. Bref, les recherches existent depuis des décennies mais aucune n’a jamais abouti à une mission programmée.

Le nucléaire, une étape importante pour la NASA

Jared Isaacman compte changer ça. « Avec le SR-1 Freedom, la NASA fait enfin passer le nucléaire du stade théorique au stade opérationnel », a-t-il déclaré. La mission servira aussi à « créer un précédent réglementaire et à structurer la filière industrielle pour les futurs réacteurs spatiaux ». C’est un point important. Les règles qui régissent l’envoi de matière fissile dans l’espace sont très strictes et la NASA souhaite les clarifier une bonne fois pour toutes.

Mais la science tirera d’autres enseignements. Une fois sur Mars, le vaisseau déploiera plusieurs hélicoptères appelés Skyfall. Ces engins s’inspirent du modèle Ingenuity qui a volé sur la planète rouge dans le cadre de la mission Perseverance. Ingenuity a été trop endommagé pour continuer ses vols. Skyfall prendra le relais pour explorer la surface et, potentiellement, transporter des échantillons.

Mais aller plus vite vers Mars, ce n’est pas juste une question de performance technique. Il y a aussi la question de la santé. Les astronautes exposés aux radiations cosmiques pendant un vol de neuf mois courent des risques très élevés de cancer et de dégradation osseuse. Le calcul est simple, réduire le trajet à trois mois divise cette exposition par trois.

Et puis il y a l’aspect psychologique. Car reste enfermé dans un vaisseau pendant neuf mois avec la Terre qui rétrécit dans le hublot, c’est une épreuve mentale. Un trajet plus court rend la mission bien plus supportable. La preuve que la course s’accélère, c’est queSpaceX prévoit d’envoyer un robot Optimus sur Mars dès la fin 2026 avec un Starship.

La NASA a de grands projets de conquête spatiale

Ce projet s’inscrit dans une annonce plus large que Jared Isaacman appelle Ignition. La NASA prévoit de relancer Artemis III pour tester les opérations en orbite terrestre. L’agence essaie de bâtir une base lunaire permanente et faire plusieurs atterrissages robotiques sur la Lune.

Quant au programme programme Gateway, la station spatiale lunaire, elle est mise en pause. Jared Isaacman veut recentrer la NASA sur les missions concrètes, alors que le secteur spatial privé multiplie les vols habités depuis plusieurs années. Bref, la course jusqu’à Mars passe par le nucléaire. Et la NASA compte bien réussir avant la Chine.

  • Jared Isaacman officialise le projet Space Reactor-1 Freedom, avec un lancement vers Mars prévu avant la fin 2028.
  • Jared Isaacman officialise le projet Space Reactor-1 Freedom, avec un lancement vers Mars prévu avant la fin 2028.
  • Une fois sur Mars, le vaisseau déploiera plusieurs hélicoptères Skyfall pour explorer la surface et transporter des échantillons.

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