Cancer des poumons chez les non-fumeurs : le coupable révélé par une étude mondiale

L’ADN des non-fumeurs qui sont atteints d’un cancer du poumon montre des cellules qui ont les mêmes cicatrices génétiques que celles des fumeurs. Cette découverte majeure bouleverse la compréhension de la pollution atmosphérique comme agent cancérigène.

cancer poumons
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Le cancer est un véritable fléau et les études avancent pour mieux traiter ces maladies mortelles. L’Agence européenne pour l’environnement estime que 9 % des cancers du poumon sont causés par la pollution atmosphérique en Europe. En France, 3,6 % de tous les cancers sont le résultat de l’exposition aux particules fines, c’est-à-dire des poussières microscopiques en suspension dans l’air urbain.

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Un coupable qui explique le cancer des poumons chez les non-fumeurs

Une étude internationale publiée dans Nature en juillet 2025 montre des preuves moléculaires de cette causalité. Le projet Sherlock-Lung, dirigé par Maria Teresa Landi du National Cancer Institute américain, a analysé les génomes tumoraux de 871 patients non-fumeurs sur quatre continents. Les chercheurs ont croisé ces analyses génétiques avec des données de pollution atmosphérique issues de satellites et de mesures terrestres, ce qui permet donc d’estimer précisément l’exposition à long terme de chaque patient à ces polluants atmosphériques.

Les résultats montrent des mutations génétiques troublantes chez les personnes exposées à des niveaux élevés de pollution. Ces patients présentent la signature mutationnelle SBS4, qui est identique à celle provoquée par le tabac. L’accumulation de mutations dans le gène TP53, qui est un gardien essentiel contre la transformation cancéreuse, confirme cette similitude frappante.

Les non-fumeurs qui sont exposés aux particules fines ont 4 fois plus de mutations en lien avec le tabac et 76 % de mutations supplémentaires liées au vieillissement cellulaire. La pollution n’imprime pas une empreinte génétique unique, mais amplifie énormément les dégâts sur l’ADN en activant les mêmes mécanismes destructeurs que des cancérigènes.

L’étude montre également un raccourcissement des télomères, c’est-à-dire des structures protectrices des chromosomes. Leur usure trop rapide signale une instabilité génétique qui favorise les cancers et témoigne du vieillissement accéléré des cellules exposées. Il s’agit d’une découverte d’autant plus alarmante qu’on note une augmentation mondiale du cancer des poumons chez les non-fumeurs. Il représente déjà 20 % des cas aux États-Unis. La France est aussi touchée par ce phénomène, surtout dans les métropoles où la pollution est concentrée.

L’étude offre donc une nouvelle vision sur la compréhension du cancer pulmonaire chez les non-fumeurs. La pollution n’est plus un facteur indirect mais un acteur central au niveau moléculaire. Il s’agit maintenant d’en tirer les conclusions pour mettre en place des mesures de prévention et un diagnostic précoce. Cette découverte enrichit donc les conclusions avec l’identification d’une signature mutationnelle inédite, SBS40a, absente chez les fumeurs et qui n’a pas de lien avec la pollution atmosphérique.

Ludmil Alexandrov, co-auteur de l’étude à l’université de San Diego, déclare : « Nous l’observons dans beaucoup de cas, mais on ne sait pas encore quel est son rôle. C’est quelque chose de différent qui ouvre des perspectives en termes de recherche familiale. » L’équipe étend désormais son enquête à d’autres régions dans le monde et explore d’autres facteurs de risque également. L’usage du cannabis et des cigarettes électroniques chez les jeunes est aussi observé à la loupe pour connaître leur potentiel mutagène pulmonaire.

Source : Sherlock-Lung

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