Votre PC Windows contrôlé par une IA chinoise : Microsoft envisage DeepSeek pour alimenter Copilot

Microsoft étudie l’intégration de l’IA chinoise DeepSeek V4 dans Copilot Cowork. Charles Lamanna, vice-président exécutif Copilot chez Microsoft, a confirmé cette piste à Axios. Il s’agit de la première fois que la firme de Redmond envisage publiquement de se tourner vers la Chine, ennemi technologique des États-Unis. La firme de Redmond reste prudente sur la décision finale, attendue dans les prochaines semaines.

Sommaire
DeepSeek V4 Copilot Microsoft Windows
© Unsplash
  • Microsoft envisage d’intégrer DeepSeek V4 dans Copilot Cowork pour réduire les coûts liés aux agents IA, très gourmands en jetons.
  • Le choix serait politiquement risqué, car DeepSeek est chinois et déjà dans le viseur de Washington.
  • Microsoft promet un hébergement sur Azure, des données encadrées aux États-Unis et une stratégie multi-modèles pour moins dépendre d’OpenAI.

Pour rappel, Copilot Cowork est l’outil agentique de Microsoft 365. En juin 2026, Microsoft a déployé ce nouvel agent qui exécute des tâches complexes à la suite, comme rédiger un message, programmer une réunion ou compiler un rapport. La firme de Redmond pousse Windows et Office vers les agents IA, comme l’a montré la stratégie présentée à la conférence Build pour les agents IA sur Windows.

DeepSeek pourrait alimenter l’agent de Microsoft

On parle d’un mécanisme qui appelle un modèle plusieurs fois pour chaque tâche, ce qui consomme énormément de jetons. Charles Lamanna a expliqué la situation. « Nous avons des utilisateurs qui font des centaines de tâches par semaine, c’est super pour leur productivité, mais la conséquence c’est que les coûts grimpent vite », a-t-il déclaré à Axios.

Et pour cause, la facturation forfaitaire est intenable pour Microsoft. Copilot Cowork passe à un modèle de tarification à l’usage, calculé en jetons consommés. La décision a déjà été testée sur un autre produit Microsoft. Le 1er juin 2026, GitHub Copilot est passé au paiement par crédits de jetons. Bref, Microsoft applique la même logique à son agent pour limiter ses pertes.

Mais ce n’est pas tout puisque l’arrivée potentielle de DeepSeek pose un vrai problème politique. En avril 2026, DeepSeek a sorti son modèle V4, qui affiche des performances comparables à celles d’OpenAI ou d’Anthropic, pour un coût bien inférieur.

Sauf que voilà, Washington a déjà menacé d’interdire DeepSeek sur le sol étasunien. La Maison-Blanche a aussi forcé Anthropic à couper l’accès à ses meilleurs modèles pour les utilisateurs hors États-Unis, ce qui a déclenché une crise avec le département du Commerce. Microsoft assume donc un pari risqué.

Des garanties face à la menace chinoise

La firme de Redmond promet de nombreuses garanties. La version personnalisée de DeepSeek sera hébergée uniquement sur Azure, le cloud de Microsoft. Les données des clients resteront dans le cadre étasunien, avec les contrôles de conformité et de résidence du cloud.

Microsoft a aussi affiné le modèle et ajouté des garde-fous pour réduire les biais. En clair, le développeur de Windows tente de désamorcer toutes les inquiétudes politiques avant même de lancer DeepSeek dans son agent.

Microsoft assume une stratégie multi-modèles décomplexée. L’éditeur ne veut plus dépendre uniquement d’un seul fournisseur d’IA. La relation tendue avec OpenAI, partenaire historique, a poussé la firme de Redmond à explorer toutes les pistes.

L’éditeur de ChatGPT a aussi entamé sa propre fuite en avant avec une refonte vers les agents IA et les services tiers, comme le montre la transformation préparée par OpenAI. Anthropic alimente déjà Copilot Cowork avec OpenAI. DeepSeek pourrait s’ajouter au catalogue. Le 16 juin 2026, Microsoft a confirmé que les clients pourront choisir leur IA.

Rien n’est encore confirmé pour le moment

L’option DeepSeek reste à confirmer. Plusieurs candidats open source sont encore en lice selon Charles Lamanna. La décision finale arrivera avec le lancement de la version moins chère de Copilot Cowork, attendue dans quelques semaines.

La firme de Redmond a déjà fait tourner DeepSeek V4 Pro et V4 Flash sur Azure AI Foundry depuis avril 2026. DeepSeek prépare aussi la version V4.1, déjà en test sur l’application web. Le contexte joue en faveur de la firme de Redmond, alors que la bulle IA commence à se fissurer chez OpenAI qui perd des parts de marché.

Source : Axios

Réagissez à cet article !