La classe politique française a réagi à la directive de Washington qui force Anthropic à couper l’accès à ses modèles Claude Mythos 5 et Claude Fable 5 pour tout citoyen étranger. Le 13 juin 2026, plusieurs poids lourds politiques ont pris la parole. La convergence est inédite entre droite, gauche et centre, autour d’un même constat sur la dépendance européenne face à l’IA étasunienne.

- La directive étasunienne contre Anthropic déclenche une réaction rare et transpartisane en France.
- Bardella, Mélenchon, Attal, Philippe et Retailleau y voient tous un signal d’alerte sur la dépendance européenne à l’IA étasunienne.
- Le dossier relance l’urgence d’une souveraineté technologique française et européenne, avec Mistral AI comme principal espoir côté français.
Le 12 juin 2026, le département du Commerce a transmis à Anthropic une directive qui suspend l’accès à Mythos 5 et Fable 5 pour tout citoyen non-étasunien. Et même pour les employés non-étasuniens de la firme. Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, a signé le texte. Anthropic a réagi en quelques heures et a désactivé Mythos 5 et Fable 5 dans le monde entier, faute de moyen technique pour filtrer les utilisateurs.
Le gouvernement français réagit à la désactivation de Fable 5 en Europe
Le gouvernement Trump suspend l’accès aux derniers modèles IA d’Anthropic à tout ressortissant non-américain : cette décision soudaine vient nous rappeler que l’intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeur.
— Jordan Bardella (@J_Bardella) June 13, 2026
Les Nations qui ne développent pas… https://t.co/qTiC86wfdH
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a réagi en premier sur X. “Cette décision soudaine vient nous rappeler que l’intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeur”, a-t-il déclaré.
Il a aussi appelé à ce que « la France doit accélérer dans le soutien à la pépite Mistral AI et à tout l’éco-système IA ». Il s’agit d’une prise de parole alignée avec la position d’autres formations politiques sur la question.
IA : depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l'humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des USA. La décision de Trump concernant Anthropic prouve l'urgence du sujet. Elle est certes aussi un règlement de comptes politique avec son…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) June 13, 2026
Jean-Luc Mélenchon a répondu sur le même registre. « Depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l’humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des USA », a déclaré le leader insoumis. Pour lui, la décision étasunienne « prouve l’urgence d’être indépendants et souverains ».
Le député La France insoumise estime que cette directive est un « règlement de comptes politique« entre le gouvernement étasunien et Anthropic, « partisan d’une IA éthique ». Pour rappel, Mythos a aussi été utilisé par la NSA dans un cadre opaque depuis avril 2026.
La guerre de l’IA a déjà commencé.
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) June 13, 2026
Et il n’y aura que deux camps : les gagnants et les perdants.
La prochaine élection présidentielle ne pourra pas faire l’impasse sur ce sujet, au risque de la vassalisation totale de la France.
Nous avons des atouts : une impulsion politique…
Gabriel Attal, président du parti Renaissance, a employé le mot guerre. « La guerre de l’IA a déjà commencé », a-t-il jugé. L’ancien Premier ministre a parlé d’un risque « de vassalisation totale de la France ». « Nous ne pouvons pas compter sur d’autres car cela nous rend vulnérables, la décision des États-Unis le montre. Anthropic est leur détroit d’Ormuz », a ajouté l’ancien chef du gouvernement. On parle d’une référence directe au levier géopolitique majeur que la firme représente pour Washington.
Des discours alignés à propos de la dépendance française
En suspendant l’accès des modèles les plus puissants d’Anthropic aux non-américains, le gouvernement US décide de soumettre le développement de l’IA à sa logique de puissance.
— Edouard Philippe (@EPhilippe_LH) June 13, 2026
L'IA est désormais une infrastructure critique, aussi essentielle que l'électricité ou Internet. Une…
Édouard Philippe, président du parti Horizons, abonde dans le même sens. Washington « décide de soumettre le développement de l’IA à sa logique de puissance », a-t-il souligné. Le maire du Havre a rappelé que « nous ne maîtrisons ni les modèles, ni le calcul » de l’IA, infrastructure aussi essentielle que l’électricité ou Internet ».
L’ancien Premier ministre a appelé à privilégier les « marchés technologiques européens » et à simplifier « des normes qui avantagent les big tech américaines ». Il faut dire que les normes européennes pèsent surtout sur les acteurs locaux et facilitent la domination des leaders étasuniens. Bref, la classe politique reproche à l’Europe de protéger insuffisamment ses propres acteurs.
La décision de Washington de couper l’accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic doit nous réveiller. Dans la course à l’intelligence artificielle, une nation qui dépend des autres pour sa technologie est une nation qu’on peut débrancher du jour au lendemain.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) June 13, 2026
Il faut faire…
Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a tenu un discours similaire. Cette directive prouve qu’« une nation qui dépend des autres pour sa technologie est une nation qu’on peut débrancher du jour au lendemain », a-t-il déclaré. Le ministre a comparé l’IA au nucléaire et a appelé à réorienter la commande publique vers des solutions souveraines pour « réarmer notre puissance technologique ».
Mistral AI, le champion français pour rattraper son retard ?
Et pour cause, la France ne possède pour le moment qu’un seul champion sur ce segment, Mistral AI, dont la taille reste éloignée des leaders étasuniens. En clair, la directive expose la dépendance européenne en matière d’IA générative.
Le 4 juin 2026, Anthropic a elle-même réclamé un cadre mondial pour ralentir les IA de pointe. Sauf que voilà, la firme se retrouve maintenant prise en étau entre sa propre demande de régulation et la décision unilatérale du gouvernement étasunien. Mais ce n’est pas tout puisque ses deux modèles les plus avancés restent bloqués sans calendrier de retour.
Réagissez à cet article !