Les smartphones font baisser la natalité et l’iPhone est accusé d’en être responsable

Et si le smartphone expliquait la chute des naissances ? C’est la thèse de deux études étatsuniennes qui accusent le smartphone et plus précisément l’iPhone. Selon la plus détaillée des deux, le smartphone d’Apple expliquerait jusqu’à la moitié de la baisse de la fécondité aux États-Unis.

La suite après cette publicité
Sommaire
iPhone smartphone baisse natalité
© Image IA d’illustration générée avec ChatGPT / BuzzArena
  • Deux études américaines lient la chute des naissances à l’essor du smartphone, surtout l’iPhone lancé en 2007.
  • Selon le NBER, l’accès à l’iPhone aurait expliqué 33 à 52 % de la baisse de la fécondité générale aux États-Unis.
  • Les chercheurs évoquent moins de sociabilité, moins de rapports sexuels et plus de pornographie, mais rappellent que le smartphone n’est qu’un facteur parmi d’autres.

Le National Bureau of Economic Research a publié une étude au titre provocateur, « L’iPhone est-il un moyen de contraception ? ». Cette étude est menée par Caitlin Myers et Ezekiel Hooper. Le premier chercheur enseigne l’économie au Middlebury College et l’autre est diplômé de cette université.

Une baisse des natalités à la sortie du premier iPhone

« Le taux de fécondité général a chuté de 22 % depuis 2007 », assènent les deux chercheurs. Selon eux, les conditions économiques, la contraception ou le coût du logement n’expliquent pas cette baisse continue. Depuis 1980, ce taux se maintenait entre 65 et 70 naissances pour 1 000 femmes de 15 à 44 ans. En 2023, la moyenne est tombée à 1,62 enfant par femme, loin du seuil de renouvellement de 2,1.

L’année 2007 correspond à la sortie du premier iPhone et ce hasard du calendrier offre un terrain d’expérience unique. Et pour cause, l’iPhone s’est vendu chez un seul opérateur au lancement, AT&T. De juin 2007 à février 2011, aucun autre réseau ne proposait le smartphone d’Apple.

Les deux chercheurs ont comparé les naissances dans les comtés couverts par le réseau AT&T avec celles des zones sans couverture. « Les naissances chutent là où l’on peut obtenir un iPhone, et bien moins là où l’on ne peut pas », résume Caitlin Myers. Ce calcul appliqué aux réseaux de Verizon et de Sprint, privés de l’iPhone à cette période, ne montre aucun effet.

Selon les chiffres, l’iPhone a réduit les naissances de 4,5 à 8 % chez les 15-19 ans. La baisse s’étend de 3,2 à 6,6 % chez les 20-24 ans. « La diffusion de l’iPhone a creusé la baisse des naissances chez les femmes de moins de 30 ans », écrivent les auteurs. Elle a aussi freiné la hausse attendue chez les femmes plus âgées.

Au total, on parle de 33 à 52 % de la baisse de la fécondité générale attribuée au smartphone. La chute se concentre sur les grossesses non désirées des plus jeunes.

Pourquoi le smartphone ferait baisser les natalités ?

Mais comment un simple smartphone empêche-t-il des naissances ? Les données de l’étude montrent une chute du temps passé avec de vraies personnes, loin des écrans. Les rapports sexuels baissent et la consommation de pornographie augmente.

« Au lieu de chercher cette interaction chez quelqu’un d’autre, ils se tournent parfois vers la pornographie en ligne », explique Ezekiel Hooper sur CNN. En clair, l’écran remplace une partie de la vie sociale qui menait aux rencontres, aux couples et aux enfants.

La seconde étude élargit le constat à la planète. En mai 2026, Nathan Hudson et Hernan Moscoso Boedo, économistes à l’université de Cincinnati, ont analysé les données de la Banque mondiale sur 128 pays. La baisse de la fécondité des adolescentes s’accélère partout après l’arrivée massive des smartphones.

Le constat vaut pour des pays aux « systèmes de santé, protections sociales, économies et cultures fondamentalement différents ». Les deux économistes concluent à « un choc technologique commun à toute la planète ».

Quelles sont les limites de cette étude ?

Le tableau a l’air complet mais sauf que voilà, ces travaux ont leurs limites. Depuis le début des années 1990, les naissances chez les adolescentes étatsuniennes baissent, bien avant le premier iPhone. Et ces deux documents de travail n’ont pas été relus par des pairs. Ces documents parlent d’un facteur parmi d’autres et leurs auteurs écartent l’idée d’une cause unique.

Les gouvernements n’ont pas attendu une cause certaine pour encadrer les réseaux sociaux et les écrans. Dès la rentrée 2026, la France interdira les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Et la France n’est pas seule, puisque la Chine invoque sa natalité au plus bas pour interdire les relations amoureuses avec une IA aux mineurs. La Chine craint que ces amours numériques éloignent sa jeunesse du mariage et des enfants.

Source : CNN

Réagissez à cet article !

Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.