La première étude sur les décès du Dieselgate montre un bilan dramatique en France : 16 000 décès attribués aux moteurs diesel truqués depuis 2009. Les chiffres ont été rendus publics et ont été établis par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CRÉA) en Finlande.

Le diesel ne se contente pas de polluer, d’où l’urgence de se tourner vers les véhicules électriques. Le scandale du Dieselgate provoque des morts après la découverte en 2015 de cette fraude massive alors que des constructeurs commercialisaient des modèles diesel bien plus polluants que ce que la réglementation autorisait. Les moteurs produisaient des particules de dioxyde d’azote en plus par rapport aux normes légales.
Le Dieselgate provoque des milliers de morts, un scandale étouffé
Plus de 200 modèles de véhicules diesel vendus entre septembre 2009 et août 2019 sous les normes Euro 5 et 6 sont soupçonnés d’avoir été équipés de technologies qui neutralisent les systèmes de réduction des émissions. Les véhicules ont été commercialisés avant le test RDE qui vérifie que les véhicules maintiennent de faibles émissions dans les conditions réelles de conduite.
« Ces sur-émissions s’ajoutent aux émissions ‘légales’ et n’auraient jamais dû polluer l’air que nous respirons », dénonce l’étude du CREA. La pollution supplémentaire n’entraîne pas que la mort mais peut provoquer des pathologies respiratoires et cardiovasculaires, du diabète et plusieurs formes de cancers chez les personnes exposées.
Les projections de l’étude s’étendent jusqu’en 2040, au moment où les moteurs thermiques disparaîtront. Sur la période 2009 à 2040, on parle de 24 000 décès imputables à ces moteurs frauduleux en France. 16 000 ont déjà eu lieu depuis 2009 : 8 000 décès supplémentaires sont donc inévitables d’ici 15 ans.
Anne Lassman-Trappier, responsable qualité de l’air pour France Nature Environnement, estime que ces décès sont évitables. « Il faut que l’État impose aux constructeurs automobiles la remise aux normes de ces véhicules. C’est ce qui a été fait aux États-Unis dès que le scandale a éclaté, pour sauver des milliers de vies. On parle de milliers de cas d’asthme, de centaines de milliers de journées non-travaillées pour l’économie. Ça vaut le coup, il faut agir. »
Les auteurs de l’étude soulignent que « cette inaction a eu, et continue à avoir, des conséquences sanitaires et économiques évitables et chiffrées« . France Nature Environnement estime que la France « aurait alors dû imposer aux constructeurs de rappeler ces véhicules ou rembourser les consommateurs floués ». « C’est tout à fait anormal qu’on laisse autant de dégâts sanitaires être causés pour protéger des constructeurs automobiles », pense Anne Lassman-Trappier face à l’absence de mesures contraignantes.
L’impact économique du Dieselgate serait aussi énorme : 146 milliards d’euros en France face aux pertes de productivité, aux coûts de soins et aux décès prématurés. Entre 2009 et 2024, 2,4 millions de jours de congés maladie seront imputables à ces sur-émissions « avec un impact direct sur les finances publiques » selon l’étude.
Le bilan sanitaire est énorme avec 26 000 nouveaux cas d’asthme en France à cause de ces moteurs truqués. En Europe, avec le Royaume-Uni inclus, l’étude estime à 205 000 le nombre de décès prématurés supplémentaires suite à la pollution. Les pertes économiques sont estimées à 1 200 milliards d’euros pour toute l’Europe.
Source : Radio France
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