La France est le premier producteur européen de bioéthanol avec 20 % de la production en Europe et près de 9 000 emplois à temps plein. L’Hexagone pourrait taxer l’E10 et l’E85 et les professionnels du secteur s’en indignent.

Selon la Collective du bioéthanol dans un communiqué, une taxation poussera à une surconsommation de pétrole. Regroupant l’Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre et Bioéthanol France, l’organisation alarme sur les conséquences d’une telle décision sur les ménages français confrontés à l’inflation et à des politiques sociales difficiles comme les ZFE.
La France cherche à taxer les carburants E10 et E85
Les automobilistes français ont massivement adopté les carburants alternatifs. Le SP95-E10 qui contient 10 % de bioéthanol domine le marché avec 60 % des parts concentre 43 % de la consommation nationale de bioéthanol. Quant au superéthanol E85, qui est composé à 85 % de ce biocarburant, c’est 6 % du marché et 40 % de la consommation nationale. Pour résumer : l’E10 et l’E85 constituent 83 % du bioéthanol utilisé dans l’Hexagone.
Les raisons de ce succès ? L’avantage fiscal de ces carburants E10 et E85 pour alléger la facture des automobilistes dans un contexte où les taxes représentent environ 60 % du prix du litre à la pompe. Aussi bien l’essence que le diesel. L’allègement fiscal pourrait disparaître, ce qui inquiète les professionnels et les Français.
Le bioéthanol est produit à partir de matières agricoles locales et de résidus issus de la transformation du sucre et de l’amidon. Il s’agit d’une alternative écologique face aux carburants fossiles. La taxation serait donc contradictoire avec les objectifs de décarbonisation fixés par Bruxelles pour 2030 que la France s’engage à atteindre.
La Collective du bioéthanol demande à adopter une stratégie globale pour la transition énergétique des transports en se basant sur la neutralité technologique et le soutien aux filières nationales. L’organisation rejette l’idée d’une approche punitive qui pénaliserait les consommateurs et toute la filière agricole française.
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