Anthropic lance Fable 5 (Mythos) sans surcoût, mais c’est seulement pour une courte durée

Anthropic lance Fable 5, le premier modèle basé sur Mythos et grand public. Le 9 juin 2026, l’entreprise étasunienne a rendu ce modèle accessible à tous. Mais avec des garde-fous qui bloquent les sujets les plus sensibles.

Sommaire
Anthropic Fable 5 Claude Mythos
© Image IA d’illustration générée avec ChatGPT / BuzzArena
  • Anthropic lance Fable 5, une version grand public basée sur Mythos, mais avec des garde-fous sur les sujets sensibles.
  • Le modèle vise le code, la recherche complexe et l’analyse d’images, avec de meilleures performances que Claude Opus 4.8.
  • Les requêtes liées à la cybersécurité, à la biologie ou à la chimie basculent vers un modèle moins avancé pour limiter les risques.

Fable 5 et Claude Mythos 5 reposent sur la même architecture. Le second est réservé aux partenaires du programme Project Glasswing puisque considéré comme trop sensible en termes de cybersécurité. On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur Fable 5 d’Anthropic.

Mythos arrive au grand public avec Fable 5

Anthropic Fable 5 Claude Mythos
© Capture d’écran BuzzArena

Fable 5 vise le développement logiciel, le travail de recherche complexe et l’analyse d’images. Sur le test SWE-Bench Pro, il résout 80,3 % des problèmes, contre 69,2 % pour Claude Opus 4.8. Le modèle reste autonome plus longtemps que les précédents Claude, sur des tâches qui durent des jours.

Il est accessible via l’API Claude, Claude Code et les offres entreprise, mais aussi sur AWS, Google Cloud et Microsoft Foundry. Jusqu’au 22 juin 2026, il est inclus sans surcoût pour les abonnés Pro, Max, Team et entreprise. Ensuite, c’est le passage aux crédits d’utilisation.

En avril 2026, Anthropic a présenté Mythos comme son modèle le plus avancé, sans la proposer au grand public par crainte d’un détournement en cybersécurité. Il faut dire que Mythos repère très vite des failles dans des infrastructures critiques, des plateformes bancaires aux réseaux électriques.

On parle d’abord d’un cercle fermé de partenaires comme Microsoft, Amazon, Google, NVIDIA ou Cisco. La semaine dernière, des centaines d’organisations dans quinze pays ont rejoint le programme, et Anthropic a détaillé cette ouverture plus large de Mythos.

Fable 5 reste une version bridée de Mythos

Pour Fable 5, Anthropic a posé des limites strictes. La plupart des requêtes sur la cybersécurité, la biologie ou la chimie basculent vers Claude Opus 4.8, un modèle moins avancé rendu public à la fin du mois de mai. Même chose pour les tentatives d’extraire la technologie pour entraîner des IA concurrentes.

En clair, les sujets jugés dangereux n’arrivent pas jusqu’à Fable 5, et ce repli touche moins de 5 % des sessions. Dianne Na Penn, responsable produit chez Anthropic, explique lancer le modèle maintenant car l’entreprise se sent « plus à l’aise avec ses garde-fous ». Elle reconnaît toutefois que des demandes anodines pourraient être bloquées au début.

Mais ce n’est pas tout puisque Anthropic a fait tester ces protections. Des experts externes ont passé plus de 1 000 heures à chercher des failles, sans réussir à contourner le modèle. Alors sans ces garde-fous, prévient l’entreprise, les capacités de Fable 5 « pourraient être détournées pour causer de graves dommages ». Cette prudence colle au discours d’Anthropic, qui réclame depuis peu un frein mondial sur l’IA de pointe.

Le gouvernement étasunien a lui aussi testé Mythos pour des raisons de sécurité. La Maison-Blanche a mis en place un dispositif pour évaluer les modèles les plus avancés avant leur sortie, et Mythos 5 est déployé en collaboration avec l’État. Ce cadre découle du décret de Donald Trump sur l’IA, un texte peu strict pour les entreprises.

Pour rappel, le Pentagone a rompu ses contrats avec Anthropic après un désaccord sur la surveillance de masse et les armes létales autonomes.

Un nouveau modèle qui reste très coûteux

Fable 5 affiche un tarif élevé, 10 dollars par million de jetons en entrée et 50 dollars en sortie, soit le double de Claude Opus 4.8. L’entreprise reste loin de la rentabilité et paie cher sa puissance de calcul, alors que son chiffre d’affaires annualisé atteint 47 milliards de dollars.

Elle loue même un centre de données à xAI, la société d’Elon Musk, pour 1,25 milliard de dollars par mois. Anthropic et son rival OpenAI ont tous deux déposé un projet d’introduction en bourse, peu après qu’Anthropic a dépassé OpenAI en valorisation.

Résultat, l’entreprise ouvre un modèle très capable au grand public. Mais garde le contrôle de ses capacités les plus sensibles.

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