Rafale F5 : Thales, MBDA et Safran ont déjà leurs premiers contrats, le missile nucléaire hypersonique se prépare

Ça y est, le Rafale F5 passe à ses premiers contrats. C’est cet été que la Direction générale de l’armement a donné les premiers marchés à Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran pour sécuriser les technologies les plus sensibles du futur standard.

Sommaire
Rafale F5 avion drone
© Unsplash/Montage BuzzArena
  • Le Rafale F5 entre dans ses premiers contrats, avec Dassault, Thales, MBDA et Safran mobilisés pour préparer le futur standard attendu en 2033.
  • Le chasseur aura un radar plus puissant, une liaison de données discrète, SPECTRA F5, un moteur T-REX à +20 % et le missile STRATUS RS.
  • Le Rafale F5 portera aussi l’ASN4G, futur missile nucléaire hypersonique français, et deviendra la pièce maîtresse aérienne de la France après l’échec du SCAF.

C’est en fin d’année 2026 que le lancement de la réalisation suivra. Et en 2033, la France souhaite que le standard F5 du Rafale soit qualifié et qu’il puisse aussi emporter l’ASN4G, le futur missile air-sol nucléaire de quatrième génération.

Les premiers contrats autour du Rafale F5 sont tombés

Ça tombe à un moment stratégique pour Paris. En juin 2026, le volet chasseur du SCAF fut abandonné après l’échec des discussions industrielles entre Dassault Aviation et Airbus. Depuis cet échec européen, Dassault prépare dans son coin le Rafale F5 pour les armées françaises.

Le chasseur n’est pas de sixième génération mais proposera une grande évolution. Suffisamment pour que Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace, le présente devant le Sénat comme “un nouvel avion”.

Rafale F5 avion drone
© Dassault

Dassault Aviation s’occupe du marché pour intégrer une centrale inertielle à très faible dérive fournie par Safran. Il s’agit d’un équipement qui calcule la position et le mouvement du chasseur sans dépendre tout le temps des satellites. Alors quand le GPS est brouillé ou indisponible, cette technologie a tout son intérêt. Surtout en pleine guerre moderne, où la navigation par satellite est une cible des adversaires.

Thales a aussi droit à deux marchés majeurs. Le premier, c’est la nouvelle liaison de données IVDL entre avions. Le but est de garder des échanges rapides et discrets dans les zones où l’adversaire brouille les communications.

Pour le second, c’est le radar RBE2-XG. La Direction générale de l’armement parle d’une “forte augmentation de puissance” et donc de sa portée de détection. Un radar qui cherchera aussi les cibles dont la signature radar est très faible, mais aura aussi droit à plus de puissance de calcul pour les fonctionnalités IA.

Un chasseur français pensé pour les défis d’une guerre moderne

Dans cette logique, le nouveau radar, le drone de combat et le moteur T-REX sont déjà au centre du Rafale F5. Thales et MBDA bossent aussi sur SPECTRA F5, la suite d’auto-protection du Rafale. Pour le chasseur, son cœur électronique passera au tout numérique pour mieux détecter les émissions adverses et brouiller les menaces. La Direction générale de l’armement promet que “la détection et le brouillage seront sensiblement améliorés”.

Le Rafale F5 pourra donc entrer dans des espaces aériens critiques. C’est ce que les militaires appellent le “haut du spectre”, c’est-à-dire les missions les plus exigeantes face à des radars, des missiles sol-air et des brouilleurs modernes.

Safran s’occupe de la conception préliminaire du M88 T-REX. Chaque moteur du Rafale F5 passera de 7,5 à 9 tonnes de poussée maximale, soit environ 20% de plus. Les pilotes auront donc plus de marge pour les nouveaux capteurs, les armes plus lourdes et les missions à longue distance. Le T-REX gardera l’architecture modulaire du M88-2 pour que la maintenance soit facilitée.

Et une puissance de feu en plus qui compte aussi, puisque le Rafale F5 aura droit au missile STRATUS RS pour attaquer les défenses aériennes adverses. Mais ce n’est pas tout. Le Rafale F5 travaillera de concert avec un drone de combat furtif dérivé du démonstrateur nEUROn.

C’est en 2024 qu’a été lancé le développement de ce drone, qui ne fait donc pas partie des cinq marchés annoncés cet été. Ce drone épaulera le chasseur français pour pénétrer dans les zones les mieux protégées, repérer les cibles et frapper sans exposer le chasseur.

Le Rafale F5 est au centre de la stratégie aérienne de la France

Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, parle d’une montée en gamme. “On travaille aujourd’hui sur ce super Rafale qu’on appelle le Rafale F5. C’est une demande des armées françaises”, explique-t-il. Éric Trappier estime aussi que ce super Rafale offrira une réponse française au F-35 états-unien pour un coût inférieur.

La dissuasion nucléaire motive grandement ce chantier qui accélère. Le Rafale F5 portera l’ASN4G, qui remplacera l’ASMPA-R. Le futur missile sera hypersonique et donnera une nouvelle dimension à la force nucléaire aéroportée française.

Rafale F5 avion drone
© Dassault Aviation

D’ici 2035, la loi de programmation militaire vise l’objectif d’au moins 47 Rafale Air au standard F5. Et bien évidemment, ce sont nos forces aériennes stratégiques qui seront prioritaires. La France prépare déjà les infrastructures puisque la base de Luxeuil accueillera deux escadrons de Rafale F5 et le missile ASN4G.

Le calendrier est serré et le financement est loin d’être simple. À partir de 2035, Dassault Aviation pourra proposer cette version à l’exportation selon Éric Trappier, mais il n’y aura pas de co-développement étranger.

Et comme nous en parlions précédemment, il y a la question financière, puisque la France et les Émirats arabes unis auraient repris leurs échanges autour d’une possible participation au financement du Rafale F5. Car pour la France, ce chasseur sera la pièce maîtresse de sa puissance aérienne pour la prochaine décennie.

Réagissez à cet article !

Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.