C’est une première dans l’histoire de l’automobile. En Corée du Sud, 35 000 salariés du constructeur automobile Hyundai sont en grève contre les robots humanoïdes Atlas sur les chaînes de montage. Depuis le 13 juillet 2026, la grève ralentit l’usine automobile d’Ulsan, la plus grande au monde.

- Hyundai fait face à une grève historique à Ulsan, où 35 000 salariés s’opposent au déploiement des robots humanoïdes Atlas.
- Le syndicat réclame un accord écrit avant toute arrivée d’Atlas sur les chaînes coréennes, en plus de hausses de salaire et garanties sociales.
- La grève pourrait coûter 400 millions d’euros à Hyundai et bloquer 15 000 véhicules, alors que les robots humanoïdes arrivent dans l’industrie.
Il s’agit du premier arrêt d’usine de l’histoire automobile provoqué par des robots humanoïdes. Entre le 13 juillet et le 15 juillet 2026, les équipes de jour et de nuit ont quitté leur poste deux heures en avance. Mais ça ne s’arrête pas là.
Pourquoi les salariés de Hyundai sont en grève ?
Les négociations ont échoué après quinze séances entre Hyundai et la branche locale du syndicat coréen de la métallurgie. Résultat, chaque équipe stoppe le travail quatre heures par jour, soit huit heures d’arrêt quotidiennes sur l’usine. Ulsan produit environ la moitié des voitures Hyundai dans le monde.
Le coupable a un nom, Atlas. Ce robot humanoïde de Boston Dynamics mesure environ 1,80 mètre et soulève plus de 45 kilos. Hyundai compte déployer plus de 25 000 robots dans ses usines Hyundai et Kia. D’ici 2028, une usine dédiée en produira 30 000 par an.
Un seul robot coûte 130 000 dollars, soit environ 120 000 euros. Selon un expert interrogé par Bloomberg, un Atlas est remboursé en deux ans. Les analystes de Macquarie Securities ajoutent que son coût d’exploitation pourrait passer sous le salaire minimum aux États-Unis.
Depuis 2021, Boston Dynamics appartient à Hyundai. Le rachat total s’est bouclé le 20 juillet 2026, le jour même du durcissement de la grève. Hyundai Mobis développe les articulations du robot, soit environ 60 % de son coût en pièces.
Et puis n’oublions pas le partenariat avec Google DeepMind pour l’IA d’Atlas. En clair, le constructeur automobile fabrique le robot qui inquiète ses salariés.
Quelles sont les revendications des ouvriers de Hyundai ?
La liste des revendications dépasse les salaires. On parle d’un passage du taux horaire à un salaire mensuel fixe et d’une hausse de base de 149 600 wons, soit environ 93 euros. On trouve ensuite un recul de la retraite de 60 à 65 ans, avec des primes de 800 % du salaire.
Le syndicat réclame aussi une part de 30 % du dernier bénéfice net annuel. S’ajoutent 10 millions de wons, environ 6 200 euros, et 15 actions par salarié. La revendication centrale exige un accord écrit du syndicat avant le déploiement du moindre robot Atlas sur une chaîne coréenne .
En 2028, les premiers Atlas travailleront au Metaplant America de Géorgie aux États-Unis, une usine sans syndicat. Cette différence n’a échappé à personne à Ulsan. En juin 2026, la commission publique de médiation a suspendu son arbitrage, ce qui rend la grève d’Ulsan légale. Byun Jun-hwan, secrétaire général du syndicat, réclame des garanties avant l’entrée du moindre robot dans une usine.
Quelles pourraient être les pertes suite à la grève ?
Les chiffres donnent le vertige. Si la grève continue, les pertes atteindraient 650 milliards de wons, soit environ 400 millions d’euros. Et 15 000 véhicules ne seront jamais produits. En 2025, une grève partielle a coûté 300 milliards de wons, environ 185 millions d’euros, avec 7 000 véhicules en moins. Des discussions informelles continuent entre les deux camps et le syndicat se remettra au travail si Hyundai demande une reprise officielle des négociations.
Cette grève arrive au moment où les robots humanoïdes se démocratisent comme Optimus de Tesla. En 2030, il se vendra un million de robots humanoïdes par an selon Bank of America. Les salariés d’Ulsan ont décidé de négocier leur place avant cette échéance.
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