Rafale F5 : IA, drones, furtivité… comment Dassault prépare le chasseur français du futur

Le SCAF est enterré alors Dassault Aviation concentre tout sur le Rafale F5. Ce standard ajoutera un nouveau moteur, un nouveau radar, de l’IA et un drone de combat furtif au chasseur français. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a détaillé ce plan devant la presse. L’avion est attendu vers 2035.

La suite après cette publicité
Sommaire
Dassault Aviation Rafale F5
© Dassault Aviation/Montage BuzzArena
  • Dassault enterre le SCAF et mise tout sur le Rafale F5, attendu vers 2035 avec nouveau moteur, nouveau radar, IA et armements futurs.
  • Le Rafale F5 sera accompagné d’un drone de combat furtif hérité du nEUROn, pensé pour désigner des cibles et saturer les défenses adverses.
  • Le financement reste le point faible : l’État décale 20 livraisons de Rafale pour financer le F5, tandis qu’aucun contrat n’est encore signé.

Le 22 juillet 2026, Éric Trappier a d’abord fermé le dossier de l’avion franco-allemand. « C’est fini. C’est derrière nous », a répondu le PDG au sujet du NGF, le chasseur du SCAF prévu avec Airbus. L’arrêt contractuel et juridique du SCAF a été notifié à Dassault Aviation ces derniers jours. Le pilier du cloud de combat est aussi enterré. « Cloud de combat ? Je ne sais pas ce que cela veut dire ! », a lancé Éric Trappier.

Quels sont les futurs équipements du Rafale F5 ?

Le PDG promet une interopérabilité entre les avions français et ceux des pays alliés. Airbus travaillera sur ses propres études d’avion de combat. Cette voie française repose sur le super-Rafale pensé pour battre le chasseur F-35.

Le Rafale F5 arrive en premier dans ce plan, avec un moteur M88 T-Rex signé Safran. On parle de 20 % de poussée en plus pour ce moteur M88 T-Rex, avec un radar au nitrure de gallium signé Thales. Le combat collaboratif, l’IA embarquée et de nouveaux armements complètent ce standard F5.

Dassault Aviation Rafale F5
© Dassault Aviation

Les études de levée de risque sont en cours chez Dassault Aviation. Le 4 juillet 1986, le Rafale a volé pour la première fois. « Nous redonnons quarante ans de vie au Rafale », résume Éric Trappier avec ce standard F5. De quoi parler aux amateurs d’aviation de combat.

La furtivité passe par un drone de combat. Il s’agit d’un appareil hérité du démonstrateur nEUROn, prévu pour voler en première ligne dans les zones défendues avec le Rafale F5. Ce drone furtif repérera des cibles et saturera les défenses adverses avant le passage du chasseur. En octobre 2024, le ministère des Armées a lancé le développement de ce drone. 

Quand seront livrés les premiers Rafale F5 ?

Sauf que voilà, le budget ne suit pas les besoins selon Éric Trappier. Car aucun contrat n’est signé pour le moment, drone et Rafale F5 compris. La Direction générale de l’armement a lancé une demande d’informations sur les drones de combat et Dassault Aviation remettra ses propositions.

Le chasseur gardera une architecture verrouillée autour de la mission nucléaire et du futur missile ASN4G. Ce missile nucléaire ASN4G arrivera avec le standard F5.

Le financement retarde des livraisons de Rafale. Et pour cause, l’État repousse des livraisons de Rafale pour dégager l’argent du standard F5. « C’est pourquoi, l’État a décalé la livraison de 20 Rafale », explique Éric Trappier.

Entre 2033 et 2035, ces 20 Rafale arriveront, contre 2031 et 2032 dans le calendrier de départ. Rappelons que la loi de programmation militaire consacre 11,7 milliards d’euros au programme Rafale, dont plus de 4 milliards d’euros pour le Rafale F5.

La suite du plan existe sur le papier. Dassault Aviation discute avec l’État d’un futur avion de combat, sur une base française ou en coopération. Éric Trappier vise « un démonstrateur, fondé sur les exigences françaises, qui pourrait voler en 2031 ou 2032 ». Le PDG accepte les coopérations avec des règles claires, comme le partage à parts égales avec la société allemande OHB sur l’avion spatial Vortex. Cette règle des parts égales s’appliquerait à tout futur partenaire.

Quel chiffre d’affaires pour Dassault au premier semestre 2026 ?

Les ventes d’avions paient ce programme et le premier semestre le montre. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires atteint 4,15 milliards d’euros, en hausse de 45 %. Le bénéfice net ajusté monte à 496 millions d’euros. Dassault Aviation a remis 2 Rafale à la France et 10 à l’international, avec 23 avions d’affaires Falcon commandés.

Dassault Aviation Rafale F5
© Dassault Aviation

Ces Falcon soutiennent les comptes jusqu’aux prochains contrats de Rafale. Le semestre s’achève sans commande de Rafale. Avant la fin de l’année, Dassault Aviation espère la signature de l’Inde pour 114 Rafale en plus , après le transfert de technologie accordé à New Delhi.

L’Ukraine attend son tour avec ses 16 Rafale promis sans contrat signé. L’État français finalisera le contrat et son financement. Début septembre 2026, quatre Rafale partiront pour la mission PEGASE 26 et son tour du monde en 38 jours.

Les besoins français guident tout ce programme : la dissuasion aéroportée, la furtivité, les armements futurs et les opérations depuis un porte-avions.

Source : Le Figaro

Réagissez à cet article !

Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.