La France et l’Allemagne ont enterré le SCAF, mais les affaires reprennent quand même entre les deux pays. Le 21 juillet 2026, Thales a annoncé un contrat-cadre majeur pour équiper les soldats allemands en systèmes de visée et de vision nocturne. Dès 2027, les soldats allemands auront plusieurs milliers de ces équipements.

- Thales signe avec Rheinmetall un gros contrat pour équiper les soldats allemands en lunettes de visée et vision nocturne dès 2027.
- La commande porte sur la lunette XTRAIM et un système dérivé de NightRise, avec thermique, intensification de lumière et réalité augmentée.
- Après l’échec du SCAF, ce contrat montre que la coopération franco-allemande survit quand les besoins militaires s’alignent vraiment.
C’est par un communiqué que Thales a officialisé cet accord signé avec Rheinmetall. L’industriel allemand pilote le programme Infanterist der Zukunft, le fantassin du futur de la Bundeswehr. Il s’agit du chantier de modernisation de l’équipement individuel des soldats allemands.
Quels équipements militaires Thales va vendre à l’Allemagne ?
Thales livrera plusieurs milliers de systèmes optroniques, sans montant précisé. En 2027, les premières livraisons débuteront, avec une montée en cadence jusqu’à plusieurs centaines d’unités par mois. Christoph Ruffner, directeur général de Thales Allemagne, se dit honoré de contribuer « à la protection et à l’efficacité opérationnelle des soldats allemands ».
La commande concerne deux équipements. Le premier, c’est la lunette de visée XTRAIM qui a fait ses preuves au combat et disponible tout de suite. Elle ajoute l’imagerie thermique au point rouge classique sur les fusils d’assaut et les mitrailleuses légères. De jour comme de nuit.
La demande explose pour ce produit. Dès 2027, Thales quadruplera sa production pour passer de 4 000 à 16 000 exemplaires par an, avec 14 clients dans 11 pays. Le prix unitaire tourne entre 4 000 et 6 000 euros selon le groupe français.
L’essentiel de la commande porte sur le second équipement. Il s’agit d’un système de vision nocturne de nouvelle génération, dérivé des jumelles NightRise de Thales. L’appareil combine l’intensification de lumière et l’imagerie thermique, avec des informations de réalité augmentée affichées dans le champ de vision du soldat.
Son architecture ouverte facilite la connexion avec les équipements militaires en service. La Bundeswehr sera la première armée au monde à profiter de cet équipement. Thales revendique 35 ans d’expérience dans la vision nocturne, avec 120 000 jumelles vendues dans 55 pays.
Thales, un groupe français historique dans le monde de l’armement
L’accord prévoit des services de soutien assurés en Allemagne. Christoph Ruffner promet des moyens, « Thales investira plusieurs millions d’euros en Allemagne afin de renforcer son empreinte industrielle dans le pays ».
Le groupe français est présent outre-Rhin depuis plus de 140 ans, avec 2 300 salariés sur neuf sites. Mais ce n’est pas tout puisque Thales fabrique ses radars de surveillance GO12 à Ditzingen et produit des composants de satellites à Ulm.
Ce contrat détonne après des mois de crise entre Paris et Berlin. Le 8 juin 2026, le gouvernement allemand a annoncé l’arrêt du SCAF. Une décennie de blocages a tué ce programme militaire à 100 milliards d’euros.
La France a dépensé 1,8 milliard d’euros dans ce projet sans qu’un seul avion ne vole. En avril 2026, tout a basculé avec l’échec de la médiation entre Dassault Aviation et Airbus sur cet avion commun. Depuis, l’industrie militaire allemande accuse la France et le char franco-allemand MGCS vacille. L’Allemagne a même arrêté son programme de frégates F126, une charge de 450 millions d’euros pour Thales.
Pourquoi la France et l’Allemagne se déchirent ?
Mais pourquoi ce contrat sur l’équipement passe sans accroc ? Les besoins des deux pays collent parfaitement sur l’équipement du soldat, à l’inverse de l’avion de combat. La France exige un chasseur nucléaire embarqué sur porte-avions, une doctrine que l’Allemagne ne partage pas.
Cette différence explique pourquoi la coopération aérienne a toujours relevé du mensonge. Une lunette de visée ou des jumelles de vision nocturne ne posent aucune question de doctrine. Berlin réarme massivement sa Bundeswehr et achète le meilleur matériel disponible, peu importe le drapeau du fournisseur.
La coopération franco-allemande survit là où les cahiers des charges s’alignent. Résultat, les industriels des deux pays sauvent les drones et le cloud de combat du SCAF. Le couple se déchire sur les grands programmes politiques, mais signent des contrats dès que les besoins militaires s’accordent. En 2027, les soldats allemands auront leurs premiers équipements Thales.
Source : Opex360
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