La voiture électrique a évité 262 000 décès, une étude pousse vers la fin du thermique à tout prix

La voiture électrique aurait évité jusqu’à 262 000 décès en Chine, selon une étude publiée dans la revue Nature Health. Des chercheurs ont mesuré la baisse de la pollution de l’air dans 150 villes chinoises par satellite.

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© Envato
  • Une étude estime que l’essor de la voiture électrique a évité jusqu’à 262 000 décès en Chine grâce à une baisse de la pollution de l’air.
  • Les particules fines et le monoxyde de carbone ont fortement reculé, mais les oxydes d’azote restent un problème à cause des camions diesel.
  • Les bénéfices sont surtout visibles dans les grandes villes riches, tandis que le charbon utilisé pour produire l’électricité limite encore le bilan global.

L’adoption massive des véhicules à énergie nouvelle a fait reculer les particules fines et le monoxyde de carbone, soit deux polluants qui tuent. Mais les oxydes d’azote n’ont presque pas bougé de leur côté. Voici ce que nous dit cette étude sur les bienfaits de la voiture électrique en termes de santé.

La voiture électrique sauve-t-elle vraiment des vies ?

Dans cette étude, des chercheurs ont croisé des données satellites à haute résolution et de l’apprentissage automatique. Ensuite, fut comparée la pollution constatée à un scénario théorique où toutes les voitures rouleraient encore à l’essence ou au diesel.

En 2023, les véhicules à énergie nouvelle, qui regroupent l’électrique, l’hybride rechargeable et l’hydrogène, ont fait baisser les particules fines de 23,8 % et le monoxyde de carbone de 30,67 %. Sur cette base, les auteurs estiment que la meilleure qualité de l’air a évité environ 262 000 décès non accidentels et 75 000 décès toutes causes confondues.

Le chiffre prend tout son poids quand on sait que la pollution de l’air extérieur cause plus de 4 millions de morts prématurées chaque année dans le monde. Dont un quart en Chine. L’exposition longue aux particules fines favorise les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, le cancer du poumon et les maladies respiratoires.

Qiangqiang Yuan, chercheur en télédétection à l’université de Wuhan et coauteur de l’étude, résume le constat. « Les résultats sont à la fois encourageants et préoccupants« , déclare-t-il.

La Chine a une large avance sur la mobilité électrique

Ce bilan tombe alors que la Chine a basculé vers l’électrique plus vite que tout autre marché. En 2025, plus d’une voiture neuve sur deux vendue dans le pays était électrique. Les ventes de modèles à essence ont chuté de 37 % sur un an.

Il faut dire que Pékin a injecté des centaines de milliards de dollars en subventions et avantages fiscaux en deux décennies. De quoi faire émerger des géants comme BYD ou Geely. Cette adoption massive doit beaucoup aux prix cassés, à l’image de la citadine électrique à bas coût de BYD écoulée à un million d’exemplaires en deux ans. Cette essor pousse aussi la montée des voitures électriques chinoises en Europe, ce qui inquiète les constructeurs historiques.

Sauf que voilà, tous les polluants n’ont pas baissé de la même manière. Les oxydes d’azote n’ont reculé que de 7,92 % et très peu pour les grosses particules. On parle des camions diesel lourds, encore très peu électrifiés et grande source de ces polluants.

L’électrification atteint pourtant les flottes, jusqu’aux voitures électriques pour taxis et VTC. Mais le poids lourd reste le prochain chantier. Les bénéfices se concentrent dans les villes riches et développées, là où l’électrique progresse le plus vite. Pendant que les régions plus pauvres en profitent beaucoup moins. L’effet dépasse toutefois la Chine.

Mais quid de la pollution provoquée par l’électrique ?

En janvier 2026, une étude parue dans The Lancet Planetary Health a relevé qu’en Californie, pour 200 véhicules zéro émission immatriculés dans une zone, le dioxyde d’azote recule de 1,1 %, et jusqu’à 4 % par endroits. La voiture électrique limite aussi les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes.

Une question revient toujours, celle de l’électricité qui alimente ces voitures. En 2025, la Chine tirait encore près de 55 % de son électricité du charbon, ce qui déplace une partie des émissions vers les centrales.

Pour limiter cet effet, le pays mise sur le solaire, l’hydroélectricité et l’éolien. Mais aussi sur des solutions de recharge plus souples comme les stations d’échange de batterie de Nio. Reste que, même sur un réseau très carboné, l’air des villes chinoises est plus respirable avec l’adoption de l’électrique.

Source : Nature

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