Le 1er mai 2026, deux Su-24 russes ont pénétré dans l’espace aérien des pays baltes sans plan de vol. En alerte, deux Rafale B de l’armée de l’Air et de l’Espace ont décollé et les ont escortés hors de la zone. En 2025, la Russie a commis 18 infractions de l’espace aérien de l’OTAN. La question est simple. Pourquoi ?

- Le 1er mai 2026, deux Su-24 russes ont pénétré sans plan de vol dans l’espace aérien des pays baltes avant d’être escortés par des Rafale français.
- Ces vols sans transpondeur ni contact radio forcent l’OTAN à intervenir et servent à tester ses réactions.
- Cette stratégie s’inscrit dans une campagne de pression plus large, avec 18 infractions de l’espace aérien de l’OTAN en 2025.
La réponse commence à Kaliningrad. Cette enclave russe est coincée entre la Pologne et la Lituanie, séparée de la Russie continentale par des centaines de kilomètres de territoire étranger. Pour relier Kaliningrad à la Russie, les appareils russes traversent des espaces aériens étrangers ou des zones de la mer Baltique.
Pourquoi les avions russes survolent illégalement l’Europe ?
📍Lituanie | Accompagnement de 2 SU-24 🇷🇺 ayant pénétré sans plan de vol dans l’espace aérien des pays baltes 🇪🇪🇱🇻🇱🇹
— Armée française – Opérations militaires (@EtatMajorFR) May 1, 2026
⚡️Intervention immédiate des Rafale 🇫🇷 de l’@armee_de_lair déployés en 🇱🇹 pour Baltic Policing
🎯Ensemble, protéger l’espace aérien des pays baltes et assurer la… pic.twitter.com/nXPvVXO696
L’OTAN surveille ces couloirs en permanence. L’un des deux Su-24 interceptés le 1er mai, immatriculé RF-34002, appartient au 4e régiment d’aviation navale de la Garde basé à Kaliningrad. Ces appareils font régulièrement le trajet entre l’enclave et la Russie continentale. La nouveauté, c’est qu’ils le font de plus en plus sans transpondeur, plan de vol et contact radio avec les contrôleurs civils.
Il faut dire que ce n’est pas un hasard. Les appareils russes qui coupent leur transpondeur et ne déposent pas de plan de vol obligent l’OTAN à déclencher une alerte. Les chasseurs alliés décollent, identifient l’appareil et le filment. Des incidents qui jettent un brouillard diplomatique.
La Russie a techniquement enfreint des règles, mais pas forcément des frontières. L’OTAN répond face à ce qu’elle sent comme une menace. Et chaque incident légèrement plus grave que le précédent repousse un peu la ligne de ce qui est tolérable. Frédéric Lemieux, professeur à l’Université de Georgetown, parle d’une « campagne délibérée plutôt qu’un débordement accidentel ».
La Russie teste les limites des pays de l’OTAN

La portée géographique a aussi changé. En 2022, ces infractions touchaient trois pays membres. En 2025, ils sont 6 avec la France, la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, la Roumanie et la Turquie. Ce n’est plus une tendance sur le flanc est. Ces infractions touchent maintenant six pays membres de l’OTAN au lieu de trois en 2022.
Le 1er mai n’est pas le premier incident en 2026. Le 8 avril, les Rafale français ont effectué leur toute première interception en mer Baltique, sur un Iliouchine Il-22M, un avion de commandement et de renseignement électronique. Le 20 avril, l’armée française a publié les images d’un Tu-22M3 et d’un Su-35 russes escortés en mer Baltique par les Rafale et des appareils suédois, finlandais, polonais et roumains.
Le Tu-22M3 est un bombardier supersonique conçu pour des frappes à longue portée. Sa présence en mer Baltique n’a pas de justification opérationnelle. C’est un signal. Pour rappel, le Rafale F5 prévu pour 2033 intègre justement un système de guerre électronique et un radar de nouvelle génération pour faire face aux générations à venir d’appareils russes.
La Lituanie est sous pression depuis des mois. En 2025, plusieurs drones non identifiés ont été repérés au-dessus de son territoire. Vitalija Zumerienė, vice-première ministre lituanienne de la Défense nationale, a réclamé « un renforcement absolu de la défense aérienne dans la région ».
Le Rafale, la réponse de l’OTAN à la menace aérienne russe
L’OTAN préfère la retenue. Mark Rutte, secrétaire général de l’Alliance, maintient une ligne constante depuis son entrée en fonction en octobre 2024. Chaque incident termine par une identification et une escorte. Mais pas de tirs.
C’est dans ce contexte que quatre Rafale B de la 4ème escadre de chasse sont déployés à Šiauliai depuis le 1er avril 2026. Ils emportent des missiles air-air MICA en version de guerre, comme lors des interceptions de drones iraniens dans le Golfe. Entre le 28 février et le 8 avril 2026, l’armée française a tiré environ 80 MICA là-bas.
La visibilité opérationnelle en Baltique est aussi un argument commercial. L’Inde négocie 114 Rafale en plus dans le cadre du programme MRFA. Un Rafale qui intercepte des bombardiers russes en Europe dit quelque chose aux acheteurs potentiels.
Le Su-24 est un bombardier tactique soviétique de 1974. Sa présence dans ces couloirs baltes en 2026 n’est pas une démonstration de puissance technologique. La Russie fait le choix de mettre volontairement la pression sur l’OTAN pour voir jusqu’où l’Europe est prête à aller.
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