Peugeot tente de tourner la page du moteur PureTech. La marque française a présenté le Turbo 100, son successeur. Pour rappel, le PureTech 1,2 litre souffre d’un défaut de conception majeur qui mine Stellantis depuis un bon moment.

Le problème ? La courroie de distribution baigne dans l’huile moteur. Elle se désagrége avec le temps, libère des particules dans le circuit de lubrification et provoque des casses moteur soudaines. On parle de centaines de milliers d’automobilistes touchés et d’une garantie étendue à 6 ans que Stellantis a été contraint de mettre en place.
Peugeot veut faire oublier le PureTech avec le moteur Turbo 100
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le PureTech a été écoulé à plus de 5 millions d’exemplaires en Europe depuis 2014. La campagne de rappel a concerné 1,3 million de clients. Peugeot ne communique pas sur le nombre de moteurs qui ont cassé.
Ce manque de transparence provoque la colère des propriétaires. Certains ont attendu des mois avant d’obtenir une réponse claire du constructeur. Et ce n’est pas tout car BYD a exploité cette situation pour se moquer ouvertement du PureTech. Sa stratégie marketing fut agressive puisque l’entreprise proposait aux conducteurs d’échanger leur véhicule contre un modèle électrique. Stellantis a porté plainte mais le mal est fait, l’ogre chinois se moque de la marque française.
Le Turbo 100 partage un lien filial avec le PureTech. C’est le même bloc de base. Sauf que voilà, 70 % des composants ont été revus. Le changement le plus visible ? La disparition de la courroie de distribution humide. Elle est remplacée par une chaîne, silencieuse et sans entretien. C’est exactement ce que les automobilistes demandaient depuis des années.
Plusieurs véhicules déjà équipés de ce nouveau moteur
Vincent Jaquier, le directeur de projet, a détaillé les changements. On parle d’un redimensionnement complet et d’ajustements pour ramener la consommation d’huile à la normale. Le moteur est produit sur trois sites, Tréméry en France, Tychy en Pologne et Szengotthard en Hongrie. Il équipe déjà le Rifter et la 208 depuis mars 2025. Le 2008 suivra en mai. La Fiat 600 Street et d’autres modèles du groupe Stellantis sont aussi prévus.
L’argument commercial le plus fort, c’est la garantie de 8 ans ou 160 000 km. C’est énorme dans l’industrie automobile pour un moteur thermique qui n’est pas hybride. Il ne faut pas voir un simple geste commercial puisque Peugeot joue sa réputation. Alain Favey, le directeur général de Peugeot, s’est exprimé lors d’une rencontre presse sur le site d’essais de Belchamp. Selon lui, « le PureTech n’a plus de problèmes depuis quatre ans ».
Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Le bloc 1,2 litre turbo hybride 48 volts qui est le successeur direct du PureTech accumule les rappels. Stellantis a rappelé 238 000 véhicules en 2025 pour un risque de fuite d’essence sur ce nouveau bloc.
La confiance des automobilistes est en jeu
Et ce n’est pas fini. En mars 2026, un nouveau rappel a touché 212 700 véhicules en France pour un risque d’incendie dans le compartiment moteur. Le défaut venait d’un espace trop faible entre le conduit du filtre à particules et une borne du bloc 48 volts. Résultat, 36 incidents ont été recensés dans le monde, dont 12 débuts d’incendie.
Peugeot cherche à tourner la page du PureTech avec le Turbo 100. La garantie de 8 ans est la preuve que la marque est consciente du chemin à parcourir pour regagner la confiance des automobilistes. Mais le Turbo 100 aura besoin de temps et de kilomètres sans incidents pour convaincre.
- Peugeot présente le Turbo 100 pour tourner la page du moteur PureTech.
- Le Turbo 100 remplace la courroie de distribution humide par une chaîne.
- Peugeot mise sur une garantie de 8 ans ou 160 000 km pour regagner la confiance des automobilistes.
Source : Stellantis
Réagissez à cet article !