Les États-Unis déploient pour la première fois des drones explosifs LUCAS pour frapper l’Iran

Le 28 février 2026, les États-Unis ont frappé l’Iran avec des drones kamikazes LUCAS. Ces engins sont des copies du Shahed-136 iranien. Les Étasuniens ont capturé un Shahed, l’ont démonté, étudié et reproduit. Washington a retourné contre Téhéran sa propre arme.

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LUCAS drone iran
© CENTCOM

Pour rappel, le Shahed-136 est un drone kamikaze que l’Iran produit depuis plusieurs années. La Russie l’utilise quotidiennement contre l’Ukraine sous le nom de Geran-2. Les rebelles houthis du Yémen s’en servent aussi. Et l’Iran lui-même a frappé des bases étasuniennes au Moyen-Orient avec ces engins. Bref, c’est l’arme bon marché la plus redoutée de la planète.

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L’Iran a été frappé par des drones que les États-Unis lui ont « volé »

Les étasuniens ont récupéré un Shahed-136 lors d’opérations contre des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie. L’entreprise SpektreWorks, basée en Arizona, l’a démonté pièce par pièce et reproduit. Elle a d’abord créé un drone d’entraînement appelé FLM 136 pour simuler la menace Shahed lors d’exercices. Et puis très vite, le Pentagone l’a armé.

Il faut dire que le savoir-faire iranien est là. Le Shahed-136 est simple, efficace et bon marché. Les militaires étasuniens l’ont donc transformé en arme offensive. Le FLM 136 est désormais le LUCAS, pour Low-cost Unmanned Combat Attack System. On parle d’un drone d’environ 3 mètres de long avec une envergure de 2,4 mètres. Il vole à 140 km/h en croisière, jusqu’à 195 km/h en pointe et a une autonomie de 6 heures pour un rayon d’action de plus de 700 km. Sa charge explosive est d’environ 18 kg.

Le prix fait toute la différence. Un LUCAS coûte environ 35 000 dollars. Selon la version, le prix varie de 10 000 à 55 000 dollars. Un missile de croisière Tomahawk coûte entre 1,3 et 1,5 million de dollars. Autant dire que le calcul est vite fait.

Le 28 février 2026, l’opération Epic Fury a débuté contre l’Iran. La Task Force Scorpion Strike a lancé les LUCAS. Il s’agit d’une unité créée en décembre 2025 pour ces drones. Le CENTCOM a confirmé leur première utilisation au combat. Les drones ont frappé des installations des Gardiens de la Révolution, des sites de défense aérienne, des bases de lancement de missiles et des aérodromes militaires.

Mais ce n’est pas tout. Les LUCAS n’ont pas remplacé les armes classiques. Des missiles Tomahawk, des systèmes HIMARS et des frappes aériennes ont été utilisés. Un responsable du CENTCOM a confirmé que bien plus de 21 Tomahawk avaient été tirés. Le but est de noyer les défenses adverses sous le nombre. Mais surtout garder les missiles coûteux pour les cibles stratégiques.

L’Iran a répliqué avec ses propres drones

Et puis n’oublions pas l’ironie. L’Iran a répliqué avec ses propres Shahed-136. Plusieurs drones ont touché le quartier général de la 5e Flotte étasunienne à Manama, au Bahreïn. Des vidéos montrent des Shahed qui percutent des immeubles. Selon le CENTCOM, certains drones ont percé les défenses mais n’ont causé que des dégâts mineurs. Pas de victime. En gros, c’est un duel entre l’original et sa copie.

La généalogie du LUCAS donne le vertige. Le Shahed-136 iranien est dérivé du Harop, un drone israélien. Le Harop s’inspire d’un concept allemand des années 1980 appelé DAR. En gros, les étasuniens ont copié un drone iranien copié sur un drone israélien copié sur un concept allemand.

Pour le moment, le Pentagone ne communique pas le nombre de LUCAS tirés contre l’Iran. Le CENTCOM dit simplement que les drones « restent prêts » pour de futures frappes. Un responsable a précisé que le mot « escadron » ne correspond pas à un chiffre fixe. On parle de 100 à 2 000 engins.

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La guerre des drones ne fait que commencer

LUCAS drone iran
© CENTCOM

SpektreWorks n’est d’ailleurs pas seul sur le coup. Griffon Aerospace propose un concurrent, le MQM-172 Arrowhead. Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, a annoncé un plan d’achat de drones à 1 milliard de dollars sur plusieurs années.

Rappelons que la production du LUCAS a été fulgurante. SpektreWorks a présenté le drone en juillet 2025. Sept mois plus tard, il volait au-dessus de l’Iran. Pour un programme d’armement étasunien, c’est du jamais vu. Les programmes classiques mettent sept ans juste pour atteindre l’étape B d’acquisition. Le Pentagone vise la production de 10 000 LUCAS par an d’ici 2027. Le guerre des drones bon marché ne fait que commencer.

  • Le CENTCOM confirme la première utilisation au combat des drones kamikazes LUCAS contre l’Iran le 28 février 2026, dans l’opération Epic Fury.
  • Le LUCAS est un drone low cost étasunien basé sur le Shahed-136 iranien, développé par SpektreWorks.
  • Le Pentagone mise sur ce format bon marché, autour de 35 000 dollars l’unité, pour frapper en volume.

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