La France teste une peinture capable de remplacer les lignes blanches sur les routes. Cette technologie absorbe la lumière du jour et la fait apparaître dans l’obscurité, sans aucune source d’électricité. Plus de 350 chantiers sont déjà réalisés dans le monde et les résultats sont bluffants.

C’est le média espagnol Marca qui a repéré cette technologie. Sur certaines routes d’Espagne, les lignes blanches sont remplacées par des marquages fluorescents. Ces bandes brillent dans le noir sans aucun éclairage extérieur. C’est bluffant puisqu’il n’y a pas besoin de phares ou de lampadaires. La peinture émet sa propre lumière. Les premiers retours sont très prometteurs.
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Cette peinture pour lignes blanches peut améliorer la sécurité routière
Le principe est simple. Les peintures classiques que l’on trouve sur nos routes fonctionnent par rétroréflexion. Des microbilles de verre sont ajoutées dans la peinture pour renvoyer la lumière des phares vers les yeux du conducteur. Le problème, c’est que ce système ne fonctionne que si les phares éclairent correctement et que la chaussée est sèche. De nuit, sur une route mal éclairée ou sous la pluie, ces lignes sont presque invisibles. Ce qui provoque de nombreux accidents.
Les marquages fluorescents testés en Espagne utilisent une technologie totalement différente. Les pigments photoluminescents absorbent l’énergie lumineuse du soleil en journée et la restituent pendant la nuit. En gros, la route stocke la lumière et la relâche dans le noir. Les essais mesurent la visibilité à longue distance, la tenue sous la pluie et la résistance à l’usure des pneus, au sel de déneigement et aux fortes chaleurs.
Et la différence en termes de distance est énorme. Selon Hervé Dumont, directeur technique d’Eiffage Route, une peinture classique qui réfléchit les phares a une portée de 30 à 40 mètres. La signalétique photoluminescente atteint 80 à 100 mètres. En clair, un conducteur voit les marquages au sol deux à trois fois plus loin qu’avec des lignes blanches classiques. Dans un virage serré sur une route de campagne sans éclairage, ça peut faire la différence et éviter un accident.
En France, un produit a déjà fait ses preuves sur les routes
La France n’est d’ailleurs pas en reste. L’entreprise OliKrom, à Pessac en Gironde, a conçu la peinture LuminoKrom. Cette peinture photoluminescente est certifiée selon la norme ISO 17398 et a déjà été appliquée sur plus de 350 chantiers dans le monde depuis 2018. La première a eu lieu sur la route nationale 2 entre Paris et Soissons.
Plus de cinq ans de recul permettent de confirmer la robustesse du produit. La luminescence reste stable nuit après nuit, même en sous-bois et sous toutes les conditions météo. La peinture reste visible pendant plus de 10 heures dans l’obscurité.
Pour rappel, une tentative similaire aux Pays-Bas a échoué, il y a quelques années. La peinture avait développé des moisissures en quelques semaines. La technologie LuminoKrom a corrigé ce problème de résistance aux intempéries. La peinture se recharge constamment à la lumière du jour ou même à la lumière artificielle, sans aucune maintenance ou source d’alimentation.
Deux obstacles freinent l’adoption de cette technologie
Sauf que voilà, le déploiement à grande échelle fait face à deux obstacles majeurs. Le premier est réglementaire. En Europe, la signalisation horizontale répond à des normes strictes sur les couleurs et les propriétés photométriques. Le blanc et le jaune dominent pour des raisons d’harmonisation internationale. Ajouter des teintes fluorescentes sur les routes implique des ajustements législatifs et des validations techniques qui prennent du temps. On ne repeint pas un réseau routier national sur un simple essai.
Le second obstacle est financier. Les peintures photoluminescentes coûtent plus cher que les lignes blanches que l’on connaît. La peinture LuminoKrom se dose à 1,2 kg par mètre carré sur une sous-couche blanche, avec une durée de vie d’environ plus de trois ans. Pour un pays comme la France qui compte plus d’un million de km de routes, la facture serait colossale. Il faudrait prouver les bénéfices en termes de sécurité routière pour justifier l’investissement par rapport aux lignes blanches habituelles.
Bref, l’Espagne sert de laboratoire pour ces innovations de sécurité routière. Les marquages fluorescents ne remplaceront probablement pas les lignes blanches du jour au lendemain, mais la technologie est là et elle fonctionne. Il ne manque plus que la volonté politique et les budgets pour passer à l’échelle nationale.
- La France teste déjà des marquages routiers photoluminescents qui brillent dans le noir sans électricité.
- La peinture LuminoKrom d’OliKrom a déjà été utilisée sur plus de 350 chantiers depuis 2018 et resterait visible plus de 10 heures dans l’obscurité.
- Un déploiement massif reste freiné par les normes européennes de signalisation et par un coût plus élevé que les lignes blanches classiques.
Source : Marca
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