Usurpation de numéro : déjà des milliers de victimes, comment se protéger contre cette arnaque ?

Les signalements d’usurpation de numéro sont passés de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025 selon l’Arcep. Et rassurez-vous, des méthodes toutes simples existent pour éviter de tomber dans le piège des escrocs.

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Usurpation de numéro
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Tout le monde a eu droit au moins une fois à ce fameux appel. Le téléphone sonne, un numéro normal s’affiche. Parfois même celui de votre banque, d’un service officiel ou d’un voisin. Pas de raison de se méfier. Sauf que dès que vous décrochez, un individu qui se présente comme un conseiller bancaire ou un agent Enedis vous informe d’un problème à régler de toute urgence.

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L’usurpation de numéro est un véritable fléau en France

Le discours est volontairement alarmiste pour vous empêcher de réfléchir et vous pousser à donner des informations confidentielles comme vos coordonnées bancaires. Il s’agit d’une arnaque par usurpation de numéro, une technique aussi appelée spoofing.

Les chiffres donnent le vertige. Selon le dernier rapport de l’Arcep publié le 16 février 2026 qui nous a aussi dévoilé le meilleur opérateur mobile, les signalements d’usurpation de numéro sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » sont passés de 531 en 2023 à 8 500 en 2024, puis à plus de 19 000 en 2025.

En deux ans, le nombre de cas a été multiplié par plus de 30. Il s’agit désormais de la première cause de signalement adressée au régulateur des télécoms en France. Et ces chiffres ne représentent que la partie visible de l’iceberg. L’immense majorité des victimes ne signale jamais rien.

Il faut dire que la technique est redoutable. Les escrocs utilisent des services de téléphonie en ligne qui permettent de choisir n’importe quel numéro comme numéro d’appel affiché. En gros, ils affichent le numéro de votre banque sur votre écran alors qu’ils vous appellent depuis une plateforme située n’importe où dans le monde.

Usurpation de numéro
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La victime décroche en confiance puisque le numéro semble crédible. Les escrocs se font passer pour une banque, un opérateur télécom ou une administration, puis ils réclament des informations sensibles ou un paiement en jouant sur la peur et l’urgence.

Quand il ne s’agit pas de purs escrocs, ce sont des démarcheurs sans scrupule qui exploitent cette technique pour vendre des panneaux solaires ou d’autres produits en se faisant passer pour des « partenaires Enedis ». Rappelons qu’Enedis a publié un communiqué de presse le 30 janvier 2026 pour alerter sur cette nouvelle vague d’arnaques. L’entreprise insiste sur un point essentiel : elle ne pratique aucune démarche commerciale, ne propose rien à la vente et ne réclame jamais de coordonnées bancaires par téléphone. Quiconque prétend le contraire ment.

L’Arcep souligne aussi que cette arnaque touche toutes les générations. Les plus jeunes, habitués aux échanges rapides, se font piéger par des appels. Les seniors restent des cibles privilégiées quand un faux conseiller bancaire évoque une anomalie sur un compte.

Comment se protéger contre l’usurpation de numéro ?

Face à cette menace, un conseil s’impose. Ne jamais faire confiance au numéro affiché. Le moyen le plus efficace pour vérifier l’identité du correspondant consiste à raccrocher puis à rappeler le numéro par ses propres moyens. Si l’appel provient bien de votre banque, l’interlocuteur sera en mesure de confirmer l’échange. Dans la plupart des cas, le rappel aboutit au véritable propriétaire du numéro, qui n’a rien à voir avec l’appel de base. La supercherie est alors démasquée.

Cette méthode a un autre avantage : elle coupe court à la pression exercée par l’escroc. Beaucoup de fraudes reposent sur l’urgence, avec des phrases alarmistes pour empêcher toute réflexion. Raccrocher permet de reprendre le contrôle et de vérifier calmement l’information. Il faut aussi retenir qu’aucune administration et aucune banque ne demandera de codes confidentiels ou de paiements immédiats par téléphone. Jamais.

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Pour lutter contre ce fléau, les autorités ont mis en place plusieurs dispositifs. Le Mécanisme d’Authentification des Numéros (MAN) oblige les opérateurs à vérifier l’identité de la personne qui appelle avant de transmettre l’appel. Ce mécanisme est en place depuis 2024 pour les numéros mobiles et depuis début 2025 pour les numéros fixes.

L’Arcep a aussi adopté une modification du plan national de numérotation, le 27 novembre dernier. Les opérateurs ont désormais l’obligation de masquer les appels depuis l’étranger qui affichent un numéro mobile français non authentifié. Il s’agit de combler cette faille, les appels en itinérance depuis l’international, une faille que les escrocs exploitaient massivement.

Le 29 janvier 2026, l’Arcep est allée encore plus loin avec une enquête administrative qui vise tous les opérateurs majeurs. L’objectif est de comprendre l’origine et les modalités d’acheminement des appels frauduleux et de vérifier que les opérateurs respectent bien les obligations de la loi Naegelen de juillet 2020. Cette enquête n’est pas anodine. Elle concerne Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom, mais aussi tous les opérateurs virtuels et attributaires de numéros. L’Arcep cherche à savoir pourquoi, malgré la sécurité en place, les escrocs contournent encore les protections.

Que faire si j’ai reçu un appel suspect ?

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Il faut aussi savoir que les victimes ne sont pas seulement celles qui décrochent. Les propriétaires des numéros usurpés se retrouvent dans des situations absurdes. Ils reçoivent des dizaines d’appels et de SMS de personnes furieuses qui leur reprochent des appels frauduleux qu’ils n’ont jamais passés. Certains voient même leur numéro signalé comme « Suspicion de Spam » par des applications de blocage. L’Arcep décrit des « situations de détresse ou d’incompréhension » chez ces victimes collatérales. Et il n’existe aucun recours simple pour faire cesser l’usurpation de son propre numéro.

Au-delà de ces mesures, il est possible de signaler les appels suspects par deux moyens :

  • Le premier est la plateforme « J’alerte l’Arcep » qui permet de déclarer une arnaque directement au régulateur.
  • Le second est le numéro 33700, un dispositif gratuit de signalement des SMS et appels frauduleux.

Ces signalements ne sont pas inutiles. Ils permettent aux opérateurs d’identifier les numéros problématiques et de bloquer les récidivistes. Ils alimentent aussi les enquêtes de l’Arcep. Bref, c’est un geste simple pour freiner une escroquerie qui continue de faire des ravages en France.

  • Les signalements d’usurpation de numéro ont explosé, de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025 selon l’Arcep.
  • Le spoofing permet aux escrocs d’afficher un numéro légitime à l’écran (banque, administration, voisin) pour vous faire décrocher en confiance.
  • Le réflexe clé est de raccrocher puis de rappeler vous-même via le numéro officiel trouvé de votre côté, sans jamais communiquer d’informations confidentielles pendant l’appel entrant.

Source : Arcep

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