Direction l’ISS ! Sophie Adenot a décollé ce vendredi 13 février 2026 à 11h15, heure de Paris, depuis Cap Canaveral en Floride. Elle est à bord de la capsule Dragon « Freedom » de SpaceX, avec trois autres membres d’équipage : les astronautes Jessica Meir et Jack Hathaway pour la NASA, et le cosmonaute Andrey Fedyaev côté Roscosmos.

L’amarrage à la Station spatiale internationale (ISS) est prévu samedi 14 février à 21h15, heure de Paris. On parle d’un trajet de plus de 30 heures. Le chiffre peut surprendre. L’ISS se trouve à environ 400 kilomètres d’altitude, soit à peine la distance entre Paris et Lyon. Et quand un équipage rentre sur Terre, le vol dure souvent moins de 8 heures.
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Voici pourquoi rejoindre l’ISS est plus rapide que de s’y rendre
Pour Thomas Pesquet, il ne s’est écoulé que 8 heures entre le décrochage de la capsule Dragon et l’amerrissage. Alors pourquoi le trajet aller est-il si long ? La réponse tient en deux mots : mécanique orbitale ! On vous explique tout.
L’ISS ne flotte pas au-dessus de nos têtes comme un ballon statique. Elle file à 28 000 km/h et fait le tour de la Terre en 90 minutes. En une journée, elle boucle 16 orbites. Rejoindre la station, ce n’est pas juste monter à 400 kilomètres. Il faut aussi se caler sur sa vitesse et sa trajectoire. C’est un exercice de rendez-vous orbital et c’est tout sauf simple.
Si la capsule montait tout droit jusqu’à l’orbite de l’ISS au moment où la station passe au-dessus du site de lancement, il y aurait un problème majeur : l’écart de vitesse. La capsule arriverait presque à l’arrêt sur l’orbite alors que l’ISS déboulerait à 8 km/s. Le choc serait catastrophique. Il faut donc que le vaisseau atteigne la bonne altitude mais aussi la bonne vitesse. Le tout dans la bonne direction.


Pour y arriver, la capsule Dragon suit une trajectoire en boucles. Quand a lieu le décollage, elle se place sur une orbite basse, puis effectue des poussées pour passer d’un palier d’altitude à un autre. Ces boucles s’élargissent petit à petit jusqu’à ce que le vaisseau rejoigne l’orbite de l’ISS.
SpaceX a publié un graphique qui illustre très bien ce principe. On voit les cercles s’agrandir autour de la Terre, l’un après l’autre. Chaque poussée doit être calculée avec précision : le moment exact, la durée et la puissance. La moindre erreur, et la capsule passe à côté de l’ISS ou se retrouve sur une orbite inutilisable.
Il faut aussi se caler sur deux types de vitesse. D’abord la vitesse tangentielle, c’est-à-dire la vitesse le long de l’orbite, celle qui donne sa forme circulaire à la trajectoire de l’ISS. Ensuite, la vitesse radiale qui correspond au déplacement vers ou depuis le centre de la Terre. En clair, il ne suffit pas d’aller vite : il faut aller vite dans la bonne direction, au bon moment.
La sécurité est aussi à prendre en compte pour les astronautes
Mais ce n’est pas la seule raison. Il y a aussi une question de sécurité. Pour un vol habité, la trajectoire est calculée de façon à ce que la capsule puisse redescendre à tout moment dans une zone où les secours sont capable d’intervenir. Si un problème a lieu à mi-parcours, il faut que l’équipage amerrisse près de côtes ou sur des terres accessibles, pas au milieu du Pacifique.
Pour un cargo de ravitaillement, cette contrainte n’existe pas. On peut se permettre de perdre un cargo, même si personne ne le souhaite. Perdre un équipage et donc des humains, c’est autre chose. C’est pour cela que les cargos Progress ou Dragon en version non habitée rejoignent souvent l’ISS en quelques heures seulement. Mais les vols habités prennent bien plus de temps.
Pour rappel, le record actuel du trajet le plus rapide vers l’ISS date d’octobre 2020. Le Soyouz MS-17 a relié le cosmodrome de Baïkonour à l’ISS en 3 heures et 3 minutes. C’était le premier vol habité à utiliser le profil « ultra-rapide » en deux orbites seulement, alors que le trajet standard pour un Soyouz nécessitait quatre orbites et environ six heures. Avant 2013, on parle de 34 orbites et deux jours de vol pour un Soyouz. La mécanique orbitale reste la même mais les systèmes de navigation et de propulsion ont fait des progrès énormes.
Le vol de retour, lui, est bien plus court. Et pour cause : il ne s’agit plus de viser une station qui mesure 109 mètres de long et qui file à 28 000 km/h. Il s’agit de viser une planète entière. La Terre ne va pas s’échapper. La capsule se décroche de l’ISS, effectue une poussée de freinage pour perdre de l’altitude, puis la gravité et l’atmosphère font le reste. Il faut bien sûr calculer le bon moment pour le décrochage, selon la rotation de la Terre et la zone de récupération visée. Mais les contraintes sont bien moindres que pour l’aller.
Robert Frost, ingénieur à la NASA, précise que la vitesse de la capsule lors de l’approche finale avec l’ISS est inférieure à 2,5 centimètres par seconde. On parle d’une précision chirurgicale pour accoster une station qui pèse 420 tonnes et qui tourne autour de la Terre à la vitesse d’une balle de fusil.
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Sophie Adenot est une pionnière du voyage spatial
Sophie Adenot est la deuxième femme française à voyager dans l’espace, 25 ans après Claudie Haigneré. Sa mission Crew-12 remplace l’équipage Crew-11, qui est rentré plus tôt que prévu le mois dernier dans le cadre de la première évacuation médicale de l’histoire de l’ISS. La mission doit durer huit à neuf mois, avec plus de 200 expériences scientifiques au programme.


La cheffe étoilée Anne-Sophie Pic, dix étoiles au Guide Michelin, a préparé un menu spécial pour l’astronaute : bisque de homard et foie gras, entre autres. Il y en a qui vont se régaler… Claudie Haigneré a salué sa successeuse qui portera une tenue spatiale Decathlon et l’a décrite à la fois comme son « héritière » et une « pionnière ». Si tout se passe comme prévu, Sophie Adenot profitera du même retour express que ses prédécesseurs dans quelques mois.
Bref, si le trajet aller prend plus de 30 heures et le retour moins de 8, ce n’est pas un défaut. C’est le prix de la prudence et de la physique orbitale. La Station spatiale internationale est une cible minuscule qui se déplace à une vitesse colossale. La Terre, elle, ne bouge pas.
- Aller vers l’ISS prend du temps car il faut synchroniser altitude, trajectoire et vitesse avec une station qui file à 28 000 km/h, pas juste “monter à 400 km”.
- La capsule rejoint l’ISS par paliers en plusieurs orbites pour “rattraper” la station et arriver au bon endroit au bon moment, avec une approche finale très lente.
- Le retour est rapide car il suffit d’une poussée de freinage, puis la gravité et l’atmosphère ramènent la capsule vers une zone de récupération sur Terre.
Source : NASA
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