La voiture électrique aggrave le mal des transports : la science explique pourquoi

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le mal des transports est aggravé par les voitures électriques par rapport au modèle thermique selon une étude scientifique. Les passagers arrière ressentent notamment une nausée accrue.

mal des transports
© Envato

Mais alors pourquoi ce phénomène ? On vous explique tout. Le mal des transports est aussi appelé cinétose et est le résultat d’un conflit entre les signaux transmis au cerveau par l’oreille interne, les yeux et les capteurs corporels de mouvements. Dans une voiture thermique, le bruit du moteur, les vibrations et les à-coups sont des indices sensoriels qui permettent au cerveau d’anticiper les déplacements.

Pourquoi le mal des transports s’aggrave en voiture électrique ?

Sauf que les voitures électriques, alors qu’elles seront de plus en plus nombreuses d’ici 2030, modifient ces habitudes. Le silence, l’accélération immédiate et le confort renforcé éliminent les repères auxquels les passagers sont habitués. D’où le fait que le mal des transports est accentué chez beaucoup de personnes.

William Emond, doctorant spécialisé dans le mal des transports à l’université de technologie de Belfort Montbéliard, explique aux Guardian : “Le fait que le mal des transports soit plus grave dans les voitures électriques s’explique par un manque d’expérience aussi bien chez le conducteur que chez le passager.”

Le cerveau a du mal à estimer les forces en mouvement puisqu’il s’appuie sur son expérience avec d’autres types de véhicules. Le cerveau est habitué depuis des décennies aux signaux des voitures thermiques et a du mal à s’adapter aux nouvelles sensations électriques.

Le silence du moteur est une différence majeure puisque le ronronnement thermique anticipe les changements de vitesse ou d’accélération. Un repère sonore qui disparaît dans l’électrique. L’absence de signal auditif empêche l’anticipation des mouvements du véhicule.

Mais cette constatation n’a rien de nouveau. Une étude de 2022 a déjà fait le lien direct entre le silence du moteur électrique et l’aggravation du mal des transports. Les vibrations dans les sièges électriques ont également un rôle avec une corrélation entre leur intensité et le mal des transports.

L’accélération typique des moteurs électriques accentue le phénomène. Les conducteurs expérimentés provoquent parfois des départs saccadés en maîtrisant mal la pédale d’accélérateur. Le freinage régénératif qui transforme l’énergie cinétique en électricité lors du ralentissement crée une décélération progressive à basse fréquence qui contraste avec les freinages thermiques qui sont plus brusques.

“Lorsque l’on découvre un nouvel environnement de mouvement, le cerveau a besoin de s’adapter pendant un certain moment car il n’a pas la connaissance de ce contexte. C’est pourquoi quasiment tout le monde a le mal de l’espace en apesanteur”, précise William Emond. Les conducteurs souffrent moins que les passagers puisqu’ils sont au volant et anticipent donc les mouvements du véhicule.

Les chercheurs cherchent déjà des solutions pour limiter le mal des transports. Par exemple, intégrer des signaux visuels dans l’habitacle comme des écrans interactifs ou des éclairages d’ambiance dynamique pour aider le cerveau à anticiper les mouvements. Des signaux vibratoires dans les sièges ou l’appui-tête seraient aussi une solution en tant que repère sensoriel.

Il faut donc que les voitures électriques s’adaptent pour réduire le mal des transports en plus d’améliorer les performances et les caractéristiques techniques. Il faudra du temps pour que la perception cérébrale s’adapte aux mouvements. Il s’agit donc d’un nouveau défi auquel doit faire face l’automobile électrique.

Source : The Guardian

Réagissez à cet article !