La première diffusion de Touche pas à mon poste sur YouTube n’a pas respecté les règles de la plateforme. Résultat : la filiale de la firme de Mountain View a retiré le replay de l’épisode diffusé le 4 mars 2025.

Plusieurs raisons expliquent ce retrait, comme nous l’apprennent Emmanuel Paquette et Marc Rees de l’Informé. Contacté par les journalistes, Cyril Hanouna aurait livré une réponse pour le moins lunaire : « Je m’en bats les couilles de vos histoires en fait ! Amitiés ».
« Je m’en bats les couilles » : Cyril Hanouna n’a pas respecté les règles de YouTube
Touche pas à mon poste a fait son retour sur YouTube, mais aussi sur Dailymotion, permettant à la plateforme française de sortir la tête de l’eau. L’émission est aussi disponible via les box des différents opérateurs.
Selon un porte-parole de YouTube contacté par l’Informé, Touche pas à mon poste a diffusé les mêmes spots publicitaires que sur les box, une pratique interdite par les règles de la plateforme de streaming. « Cette pratique est contraire à nos conditions générales d’utilisation, et nous l’avons signalée à TPMP », a déclaré le représentant de la filiale de Google.
L’infraction est justifiée par la production de Touche pas à mon poste qui parle d’une mise en place précipitée de la diffusion. L’émission promet que tout sera corrigé aujourd’hui. Conséquence directe toutefois : YouTube a retiré le replay de la première de la version numérique du programme.
Ce n’est pas le seul point de friction avec YouTube. Cyril Hanouna a délibérément mentionné plusieurs marques à l’antenne en prétextant profiter de sa nouvelle liberté, loin de l’Arcom. « Y a une embellie. On peut dire toutes les marques qu’on veut (…) C’est moi qui paye [les amendes], c’est ma chaîne, mon émission », a-t-il déclaré pendant le programme.
L’animateur a cité plusieurs marques en insistant sur Larousse, édité par Hachette, filiale de Vivendi, propriétaire de feu C8. Plus problématique : Cyril Hanouna a cité des entreprises dans lesquelles il détient des participations personnelles, Blackbox et Casa Padel, sans l’indiquer à l’antenne. « Lorsqu’un partenariat existe entre une marque et un YouTubeur, cela doit être mentionné aux internautes », rappelle YouTube. Toutefois, sans certitude sur l’existence d’une rémunération pour ces citations, l’entreprise ne peut pas affirmer qu’il y a une violation des règles.
Ces règles sont mises en place pour protéger le modèle économique de YouTube, comme l’interdiction des bloqueurs de publicités, empêchant l’utilisation gratuite de ses infrastructures pour diffuser des publicités. Les placements de produits rémunérés, sponsorings et promotions sont censés être indiqués par l’affichage d’un bandeau d’avertissement informant les viewers.
En plus des conditions d’utilisation de YouTube, ces obligations sont encadrées par la loi. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) veille au respect de ces règles. Depuis la législation de 2023 sur les influenceurs, l’absence d’indication de « publicité » ou « collaboration commerciale » constitue une « pratique commerciale trompeuse », passible de deux ans d’emprisonnement et d’une amende jusqu’à 300 000 euros. Mais on ne s’en fait pas pour la capacité de Touche pas à mon poste de s’acquitter d’une telle verbalisation : la première émission a beaucoup rapporté.
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