Ces souris appliquent des gestes de survie surprenants pour sauver leurs congénères

Les souris sont capables de porter secours à leurs congénères inconscients, selon de récentes recherches. L’instinct d’aide pourrait être plus répandu dans le règne animal qu’on ne le pensait, preuve que les animaux ressentent de l’empathie et s’entraident. Jusqu’ici, on considérait ces traits comme typiquement humains.

Souris
© Envato

Les études en laboratoire ont montré le comportement surprenant des souris face à des congénères inconscientes. Les “secouristes” reniflent et toilettent la souris en difficulté, comme pour la stimuler. Si la tentative échoue, elles passent à des actions plus radicales : elles tirent la langue de la souris inconsciente pour dégager les voies respiratoires et faciliter le réveil.

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Ces souris réagissent face au danger en portant secours à leurs congénères

Plus étonnant encore, les chercheurs ont constaté que les souris retirent les objets, comme des petites billes en plastique, de la gueule de leurs congénères inconscientes. Les recherches montrent donc que l’animal repère l’état d’inconscience et s’adapte en conséquence. Les souris comprennent qu’un congénère a besoin d’aide et lui portent secours.

Les scientifiques ont aussi découvert que les souris aident davantage les congénères qu’elles connaissent. Il ne s’agit donc pas que d’un réflexe : il y a des mécanismes sous-jacents à ces comportements et un biais de familiarité. L’animal distingue même une souris inconsciente d’une autre qui est endormie.

Le rôle central dans ce secourisme se trouve dans l’ocytocine, une hormone de l’attachement et du comportement social. Elle se libère dans certaines zones actives du cerveau pour pousser les comportements d’aide. Les chercheurs ont aussi identifié une activation de l’amygdale, une région cérébrale des émotions et de la prise de décision, lorsque la souris se retrouve face à un congénère inconscient. Les souris évaluent la situation et agissent en conséquence.

Le secourisme chez les souris tient donc à la reconnaissance de l’état de détresse, l’activation de circuits cérébraux de l’empathie, l’attachement, puis, pour finir, la décision d’intervenir. Des comportements d’aide existent donc chez les animaux considérés comme moins évolués : l’altruisme n’est pas qu’humain. La recherche permettra de mieux saisir les bases biologiques de ce trait.

Mais il est aussi question de mieux comprendre les mécanismes cérébraux de l’empathie et de l’altruisme pour mener des thérapies dans le but d’aider les personnes qui ont du mal à créer des liens sociaux ou à saisir les émotions des autres.

Source : Nature et Nature

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